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Landry passe l'éponge

Tommy Chouinard   23 février 2005  Québec
Bernard Landry
Bernard Landry
Québec — Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, épargne Jean-Pierre Charbonneau, même si le député rebelle exige son départ et la tenue d'une course au leadership. Au terme d'un face-à-face d'une heure dans ses bureaux de Montréal hier, M. Landry a décidé de ne pas sévir contre le député de Borduas et de lui laisser les fonctions de critique en matière de sécurité publique et de vice-président de la commission parlementaire de l'agriculture.

En dépit de son acte de clémence, Bernard Landry n'est pas parvenu à convaincre Jean-Pierre Charbonneau de changer d'avis concernant son leadership.

Alors qu'il a multiplié les entrevues au cours des derniers jours, M. Charbonneau a refusé de faire des commentaires à la suite de la rencontre, laissant une porte-parole s'en charger. «Jean-Pierre sort de la rencontre très satisfait. Ils ont pris le temps tous les deux, en tête-à-tête, de se parler, d'exprimer leur vision des choses. Ça s'est fait dans un climat très serein», a affirmé France Rouillard, adjointe de Jean-Pierre Charbonneau à ses bureaux de la circonscription de Borduas.

Les convictions de M. Charbonneau sur la pertinence d'une course au leadership n'ont toutefois pas changé. Le député sera présent au caucus présessionnel du Parti québécois, qui commence aujourd'hui à Joliette.

Lors de la rencontre, Bernard Landry a demandé des explications à M. Charbonneau sur les raisons de son absence au conseil national de Trois-Rivières, qui a eu lieu il y a un peu plus d'une semaine. Malgré son absence, Jean-Pierre Charbonneau s'était permis de déclarer à La Presse qu'il n'entendait pas appuyer Bernard Landry lors du vote de confiance du congrès des membres, en juin. Le député avait ajouté quelques jours plus tard qu'il doute de la capacité de Landry à gagner un prochain référendum sur la souveraineté.

Les explications données par M. Charbonneau hier ont satisfait le chef péquiste. «En ce qui nous concerne, la page est tournée. Il n'y a pas de sanctions contre M. Charbonneau», a affirmé l'attaché de presse de M. Landry, Louis-Pascal Cyr.

En septembre, Bernard Landry a fait preuve de moins de tolérance pour un acte de déloyauté semblable. Le chef péquiste a en effet sévi contre la députée Nicole Léger, qui avait ouvertement contesté son leadership en réclamant la tenue d'une élection à la présidence. La députée de Pointe-aux-Trembles, une partisane de Pauline Marois, a perdu son poste de whip adjointe de l'opposition officielle et la prime annuelle de 15 777 $ qui lui est assortie.

Maltais veut resserrer les rangs

Confrontée à des dissensions à l'interne, la présidente du caucus et députée de Taschereau, Agnès Maltais, sent le besoin de «resserrer les rangs» à l'occasion du caucus présessionnel.

«Il y a une minorité [de députés] qui se sert des médias pour brouiller les ondes. Je trouve cela déplorable parce que ça nuit au parti, ça nuit à notre travail et ça nuit même à notre cause», a-t-elle confié hier au Devoir dans un entretien téléphonique.

Ces sorties fracassantes remettant en question le leadership de Bernard Landry empêchent le Parti québécois de se concentrer sur son travail d'opposition, estime Mme Maltais.

«Il y a un moment où il faut mettre les priorités à la bonne place. Il faut faire le travail auquel la population est en droit de s'attendre de notre part. Et quand on est divisé, on ne peut plus faire d'attaques envers le gouvernement et on ne peut plus être concentré», a-t-elle ajouté.

Le caucus sera également l'occasion pour l'aile parlementaire péquiste d'établir la stratégie en vue de la reprise des travaux parlementaires, le 8 mars.
Bernard Landry Jean-Pierre Charbonneau
 






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