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Leadership contesté - Le député de Borduas devra s'expliquer

16 février 2005  Québec
Québec — Contesté par l'entremise des médias en plein conseil national, le chef péquiste Bernard Landry ne décolère pas contre Jean-Pierre Charbonneau et promet d'avoir, «d'ici quelques jours», une rencontre «les yeux dans les yeux» avec son député rebelle.

«Je pense qu'on est mûrs pour une conversation les yeux dans les yeux plutôt qu'au téléphone», a dit M. Landry hier, lors d'une conférence de presse à Québec, n'écartant pas la possibilité de sévir contre le député de Borduas.

M. Landry n'a pas digéré que Jean-Pierre Charbonneau n'ait pas mis les pieds au conseil national de la fin de semaine dernière, préférant, apparemment, exprimer ses états d'âme à la une d'un quotidien.

«Il y avait des centaines et des centaines de bénévoles qui avaient abandonné leurs familles la veille de la Saint-Valentin pour venir à Trois-Rivières, puis un de nos députés ne l'a pas fait. Je voudrais savoir pourquoi. Et je voudrais savoir pourquoi, le même jour, il était à la une», a-t-il dit.

En outre, M. Charbonneau a dit ne pas être en mesure «dans l'état actuel des choses» d'appuyer M. Landry au vote de confiance du congrès du mois de juin.

Pis encore, le vétéran député a ouvertement mis en doute la capacité du chef péquiste de mener les Québécois à la souveraineté.

Loin de se retirer dans ses terres, M. Charbonneau en a remis hier, accusant son chef d'avoir «un problème d'attitude».

«Il est dans une optique où il ne voit pas de problème, a-t-il dénoncé. Une attitude qui fait en sorte que l'on n'arrive pas à faire montre d'ouverture envers ceux qui ont des opinions différentes.»

Jean-Pierre Charbonneau a aussi tenu à river le clou à l'ancien ministre Guy Chevrette, qui s'est porté à la défense de M. Landry en fin de semaine dernière en reprochant au député de Borduas de «grenouiller».

«Lui, il devrait se taire. S'il en est un qui est mal placé pour faire des commentaires, c'est Guy Chevrette. C'est le premier à avoir créé un problème de leadership pour Bernard Landry», a-t-il avancé.

Guy Chevrette, a expliqué le député, a préféré «sacrer son camp» lorsque Bernard Landry l'a écarté de son cabinet.

«Où était la cause [souverainiste] pour Guy Chevrette à ce moment-là? Il donne des leçons de vertus en oubliant ses propres comportements», a-t-il soutenu.

Du reste, Jean-Pierre Charbonneau ne se laisse pas intimider par la possibilité d'être l'objet de représailles de la part de son chef.
 
 
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