Vers un nouveau boycott des activités parascolaires
Les enseignants adoptent de plus une première phase de moyens de pression qui commenceront le 21 février
Photo : Jacques Nadeau
Le syndicat «nous dit qu’il privilégie les services aux élèves et il choisit justement d’attaquer ce qui leur est destiné», répond la partie patronale.
Les enseignants du primaire et du secondaire menacent d'utiliser à nouveau le boycottage d'activités parascolaires et éducatives pour faire progresser la négociation avec Québec.
Après avoir gardé ces activités en otages en 2000 et en 2002, lors des dernières négociations avec Québec, les profs ont franchi hier un pas vers ce boycottage, ajoutant in extremis à leur plan d'action une consigne visant à ne pas inscrire ces activités au calendrier de la prochaine rentrée scolaire.
Dans un plan d'action adopté à 85 %, les syndicats membres de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) ont acquiescé, hier à Québec, à cette consigne ajoutée par l'exécutif au conseil fédéral des deux derniers jours. Ce point du plan d'action, effectif dès maintenant, recommande que les enseignants ne fassent «aucune réservation pour des activités parascolaires, des sorties éducatives, récréatives et de toute autre nature», et ce, en prévision de la rentrée prochaine.
La présidente de la FSE, Johanne Fortier, présente cette consigne «comme une menace claire de boycottage». «Mais ce n'est pas un mandat de boycottage immédiat», se défend-elle. Cet ajout, prévu «dans le but de garder toutes les portes ouvertes quant aux moyens d'action possibles» s'il n'y a pas d'entente avant la fin de l'année scolaire, est une forme «d'investissement et de munitions pour septembre».
La partie patronale a mal accueilli cette nouveauté, y voyant une «menace de représailles complètement incompatible avec la négociation actuelle», comme l'a souligné Jean-Pierre Saint-Gelais, directeur des communications pour le CPNCF (Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones). «La FSE nous dit qu'elle privilégie les services aux élèves et elle choisit justement d'attaquer ce qui leur est destiné», ajoute-t-il.
Encore ébranlé par les boycottages des dernières années, le milieu culturel ressentira-t-il l'onde de choc? «Les enseignants choisissent ce moyen-là parce qu'ils savent fort bien que l'action est visible parce que les artistes prennent la parole et dénoncent», a expliqué hier la directrice générale des Théâtres unis enfance jeunesse (TUEJ), Andrée Garon, aussi membre de la CREA (Coalition pour une réelle éducation artistique).
Johanne Fortier reconnaît que ce mode d'action projette plus que certains moyens menés dans le secret de l'école. «Mais quand on met ça dans la balance avec les moyens ultimes que sont la grève et la perturbation des activités pédagogiques, il me semble qu'on a le droit d'en faire l'évaluation.»
Outre la consigne liée aux activités parascolaires, les enseignants ont adopté une première phase de moyens de pression qui commenceront le 21 février et s'échelonneront jusqu'au 8 avril. Avec l'opération Mes 5 jours de la semaine sont... , les 80 000 membres de la FSE comptent perturber le déroulement des journées de classe.
Ils souhaitent raccourcir de dix minutes certaines périodes d'enseignement et allonger, au primaire, les récréations de dix minutes. Vignettes de pare-brises, vêtements noirs, tatouages FSE, tracts à distribuer aux parents font aussi partie des moyens visibles choisis par les profs pour effectuer leurs revendications. Les lundis, le «facteur est malade», et aucune communication ne sera expédiée aux parents. Les mardis, les enseignants n'adresseront pas la parole aux directeurs ou, au contraire, les inonderont d'un certain «tapage».
Quant à la retenue des notes des élèves «pour empêcher les directions d'école d'émettre les bulletins au moment de la rencontre des parents prévue au calendrier scolaire», les enseignants se reverront en mars pour voter sur ce moyen d'action, qui s'inscrit dans une deuxième phase d'action.
Les syndicats sont d'ailleurs appelés à tenir de nouvelles assemblées générales locales pour voter sur la grève modulée de trois jours en avril, la journée de débrayage le 6 mai, de même que sur une dernière période de débrayage en juin qui «empêcherait la tenue des examens de fin d'année dans l'ensemble de la province».
Si la partie patronale reconnaît la légalité de la grève, elle conteste les autres moyens de pression et n'écarte pas les recours légaux. «Nous n'écartons pas les recours, soit par la voie du Conseil des services essentiels ou par la Cour supérieure», reconnaît M. Saint-Gelais, du CPNCF. «Nous planchons sur des avis juridiques.»
L'ajout de dix minutes aux récréations du primaire et la fin des cours du secondaire dix minutes plus tôt indisposent la partie patronale, qui y voit une «incohérence totale avec la réussite des jeunes». «On ne nous fera jamais croire que ça n'aura pas d'impact sur la réussite des élèves, ça, jamais!», affirme M. Saint-Gelais.
Deux syndicats n'ont pas souscrit au plan d'action de la FSE. Le syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska, qui souhaitait des mesures plus corsées, et celui des Basses-Laurentides, qui a vécu d'intenses moyens de pression localement au cours de l'année dernière, ont voté contre le plan, a indiqué Mme Fortier.
Après avoir gardé ces activités en otages en 2000 et en 2002, lors des dernières négociations avec Québec, les profs ont franchi hier un pas vers ce boycottage, ajoutant in extremis à leur plan d'action une consigne visant à ne pas inscrire ces activités au calendrier de la prochaine rentrée scolaire.
Dans un plan d'action adopté à 85 %, les syndicats membres de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) ont acquiescé, hier à Québec, à cette consigne ajoutée par l'exécutif au conseil fédéral des deux derniers jours. Ce point du plan d'action, effectif dès maintenant, recommande que les enseignants ne fassent «aucune réservation pour des activités parascolaires, des sorties éducatives, récréatives et de toute autre nature», et ce, en prévision de la rentrée prochaine.
La présidente de la FSE, Johanne Fortier, présente cette consigne «comme une menace claire de boycottage». «Mais ce n'est pas un mandat de boycottage immédiat», se défend-elle. Cet ajout, prévu «dans le but de garder toutes les portes ouvertes quant aux moyens d'action possibles» s'il n'y a pas d'entente avant la fin de l'année scolaire, est une forme «d'investissement et de munitions pour septembre».
La partie patronale a mal accueilli cette nouveauté, y voyant une «menace de représailles complètement incompatible avec la négociation actuelle», comme l'a souligné Jean-Pierre Saint-Gelais, directeur des communications pour le CPNCF (Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones). «La FSE nous dit qu'elle privilégie les services aux élèves et elle choisit justement d'attaquer ce qui leur est destiné», ajoute-t-il.
Encore ébranlé par les boycottages des dernières années, le milieu culturel ressentira-t-il l'onde de choc? «Les enseignants choisissent ce moyen-là parce qu'ils savent fort bien que l'action est visible parce que les artistes prennent la parole et dénoncent», a expliqué hier la directrice générale des Théâtres unis enfance jeunesse (TUEJ), Andrée Garon, aussi membre de la CREA (Coalition pour une réelle éducation artistique).
Johanne Fortier reconnaît que ce mode d'action projette plus que certains moyens menés dans le secret de l'école. «Mais quand on met ça dans la balance avec les moyens ultimes que sont la grève et la perturbation des activités pédagogiques, il me semble qu'on a le droit d'en faire l'évaluation.»
Outre la consigne liée aux activités parascolaires, les enseignants ont adopté une première phase de moyens de pression qui commenceront le 21 février et s'échelonneront jusqu'au 8 avril. Avec l'opération Mes 5 jours de la semaine sont... , les 80 000 membres de la FSE comptent perturber le déroulement des journées de classe.
Ils souhaitent raccourcir de dix minutes certaines périodes d'enseignement et allonger, au primaire, les récréations de dix minutes. Vignettes de pare-brises, vêtements noirs, tatouages FSE, tracts à distribuer aux parents font aussi partie des moyens visibles choisis par les profs pour effectuer leurs revendications. Les lundis, le «facteur est malade», et aucune communication ne sera expédiée aux parents. Les mardis, les enseignants n'adresseront pas la parole aux directeurs ou, au contraire, les inonderont d'un certain «tapage».
Quant à la retenue des notes des élèves «pour empêcher les directions d'école d'émettre les bulletins au moment de la rencontre des parents prévue au calendrier scolaire», les enseignants se reverront en mars pour voter sur ce moyen d'action, qui s'inscrit dans une deuxième phase d'action.
Les syndicats sont d'ailleurs appelés à tenir de nouvelles assemblées générales locales pour voter sur la grève modulée de trois jours en avril, la journée de débrayage le 6 mai, de même que sur une dernière période de débrayage en juin qui «empêcherait la tenue des examens de fin d'année dans l'ensemble de la province».
Si la partie patronale reconnaît la légalité de la grève, elle conteste les autres moyens de pression et n'écarte pas les recours légaux. «Nous n'écartons pas les recours, soit par la voie du Conseil des services essentiels ou par la Cour supérieure», reconnaît M. Saint-Gelais, du CPNCF. «Nous planchons sur des avis juridiques.»
L'ajout de dix minutes aux récréations du primaire et la fin des cours du secondaire dix minutes plus tôt indisposent la partie patronale, qui y voit une «incohérence totale avec la réussite des jeunes». «On ne nous fera jamais croire que ça n'aura pas d'impact sur la réussite des élèves, ça, jamais!», affirme M. Saint-Gelais.
Deux syndicats n'ont pas souscrit au plan d'action de la FSE. Le syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska, qui souhaitait des mesures plus corsées, et celui des Basses-Laurentides, qui a vécu d'intenses moyens de pression localement au cours de l'année dernière, ont voté contre le plan, a indiqué Mme Fortier.
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