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Québec retarde le dépôt de sa politique de conciliation travail-famille

Tommy Chouinard   2 février 2005  Québec
Québec — Non seulement l'impasse dans les négociations avec Ottawa compromet la mise en place du régime québécois de congés parentaux le 1er janvier 2006, elle force également le gouvernement Charest à reporter le dépôt de sa politique de conciliation travail-famille.

Québec se refuse en effet à rendre publique cette politique tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas conclu une entente finale avec Ottawa dans le dossier litigieux des congés parentaux. C'est que la création des congés québécois constitue la mesure centrale — sinon la mesure la plus importante — de la future politique de conciliation travail-famille.

Un règlement avec Ottawa sur les congés parentaux doit précéder le dépôt de cette politique, a confirmé au Devoir Pierre Choquette, l'attaché de presse du ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard. «C'est ce qui est souhaitable», a-t-il dit.

Or Claude Béchard promet depuis des semaines de présenter une politique de conciliation travail-famille dans les plus brefs délais. S'il souhaite toujours procéder au dépôt de sa politique le plus rapidement possible, les négociations plus difficiles que prévu avec Ottawa remettent en question cet échéancier. Si aucun accord n'est conclu prochainement et que l'impasse perdure, le gouvernement Charest aura deux choix: reporter encore le dépôt de la politique ou en présenter une incomplète.

Selon les éléments déjà connus de sa politique, mis à part les congés parentaux, Québec souhaite créer des crédits d'impôts destinés aux entreprises qui mettent en place des mesures de conciliation travail-famille. Il entend également modifier la Loi sur les normes du travail afin de créer des congés payés pour les parents qui doivent s'occuper de leur enfant ou d'un proche malade. Enfin, il veut créer des bureaux du temps dans plusieurs communautés, afin d'harmoniser les horaires des écoles, des commerces et des services municipaux.

Les ministres Claude Béchard et Lucienne Robillard ont amorcé des pourparlers, hier, afin de dénouer l'impasse dans lequel se trouvent les négociations. Mais tous deux campent sur leurs positions.

Au cours de deux entretiens avec son homologue fédérale Lucienne Robillard, Claude Béchard a réitéré que son gouvernement exige qu'Ottawa verse 275 millions de dollars de plus pour la première année de mise en oeuvre du régime québécois. Selon la dernière proposition fédérale, si Ottawa est prêt à accorder 750 millions de dollars pour les années subséquentes, il offre 475 millions pour la première année.

Interrogé en chambre par le Bloc québécois, la ministre fédérale des Ressources humaines, Lucienne Robillard, a affirmé que son gouvernement souhaite conclure une entente avec Québec «en toute équité». «Les discussions se poursuivent. Les parents du Québec savent très bien que nous sommes déterminés à signer une entente», a-t-elle dit.

Lors d'une conférence de presse, à Montréal, le premier ministre Jean Charest a rappelé que le gouvernement fédéral avait proposé, en 1997, de verser pour la première année de mise en oeuvre du régime québécois (1998 dans ce cas) l'équivalent de la somme qu'il allait donner au cours des années subséquentes, tout en versant les prestations des parents commencées en 1997. «Nous voulons que le gouvernement fédéral respecte l'engagement qui a été pris envers le Québec il y a quelques années. Et nous voulons que cet engagement soit honoré afin de pouvoir implanter le programme pour le début 2006. Et cela exige des efforts au cours des prochaines semaines, car il faut du temps pour mettre le programme sur pied», a-t-il expliqué.






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