L'entretien des routes réalisé par le secteur privé ne serait pas moins coûteux
21 janvier 2005
Québec
Québec — Il en coûte moins cher de 19 % pour déneiger les routes en sous-traitance, par rapport au coût engendré si l'opération est faite par le ministère des Transports.
Mais plusieurs facteurs expliquent cette différence, estime le chercheur Denis Gendron, de l'Université du Québec à Montréal, qui a mené une étude sur ce sujet à la demande du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ). L'étude vient d'être rendue publique.
M. Gendron a analysé le coût du déneigement de quelque 500 km de routes gérées par le Centre de service du ministère des Transports établi à Papineauville, dans l'Outaouais. Une tranche de 134 kilomètres est déneigée par le ministère tandis que 347 autres kilomètres le sont par des entreprises privées, en sous-traitance.
Le coût du déneigement revient à 5493 $ le kilomètre lorsqu'il est fait par un entrepreneur privé, au lieu de 6747 $ si l'opération est effectuée par le ministère des Transports.
Mais les entrepreneurs privés économisent en utilisant de l'abrasif plutôt que du sel sur les routes glacées. Ils peuvent se permettre de le faire parce qu'ils oeuvrent sur des routes secondaires moins fréquentées, tandis que le ministère des Transports est responsable des routes principales où l'affluence est plus grande, rapporte M. Gendron. Le sel est beaucoup plus dispendieux que l'abrasif, qui est un mélange de sel, de sable et de petits cailloux.
«Une analyse des achats de sel par les entrepreneurs montre qu'ils utilisent 38 % moins de sel que le ministère en régie interne», a calculé l'auteur.
«De plus, les automobilistes ont une plus grande tolérance envers l'état de la chaussée lorsqu'ils circulent sur des routes secondaires», note M. Gendron.
La sous-traitance pour l'entretien des routes l'hiver ne permet pas d'économies appréciables, conclut le chercheur Gendron.
«Faute d'évidence de la supériorité du secteur privé sur le secteur public, il ne semble pas souhaitable d'augmenter la sous-traitance dans les services de l'État québécois», soutient le document de M. Gendron.
Pour Paul Vigneault, président régional du SCFP pour le secteur Québec-Chaudière-Appalaches, «l'intrusion massive du secteur privé dans l'entretien et le déneigement des routes l'hiver n'a eu aucun impact positif sur la qualité du service rendu».
«Bien au contraire, l'entretien de nos routes n'a jamais fait l'objet d'autant de critiques», a dit M. Vigneault.
Il a expliqué que les opérateurs privés de charrue grattaient les routes en maintenant plus élevées les lames du véhicule, de façon à ne pas briser ou user prématurément l'équipement. Mais cette pratique a une incidence sur la qualité du déneigement, croit-il.
Le SCFP invite les automobilistes à ne pas hésiter à porter plainte auprès du ministère des Transport s'ils jugent que le déneigement des routes qu'ils utilisent laisse à désirer.
Mais plusieurs facteurs expliquent cette différence, estime le chercheur Denis Gendron, de l'Université du Québec à Montréal, qui a mené une étude sur ce sujet à la demande du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ). L'étude vient d'être rendue publique.
M. Gendron a analysé le coût du déneigement de quelque 500 km de routes gérées par le Centre de service du ministère des Transports établi à Papineauville, dans l'Outaouais. Une tranche de 134 kilomètres est déneigée par le ministère tandis que 347 autres kilomètres le sont par des entreprises privées, en sous-traitance.
Le coût du déneigement revient à 5493 $ le kilomètre lorsqu'il est fait par un entrepreneur privé, au lieu de 6747 $ si l'opération est effectuée par le ministère des Transports.
Mais les entrepreneurs privés économisent en utilisant de l'abrasif plutôt que du sel sur les routes glacées. Ils peuvent se permettre de le faire parce qu'ils oeuvrent sur des routes secondaires moins fréquentées, tandis que le ministère des Transports est responsable des routes principales où l'affluence est plus grande, rapporte M. Gendron. Le sel est beaucoup plus dispendieux que l'abrasif, qui est un mélange de sel, de sable et de petits cailloux.
«Une analyse des achats de sel par les entrepreneurs montre qu'ils utilisent 38 % moins de sel que le ministère en régie interne», a calculé l'auteur.
«De plus, les automobilistes ont une plus grande tolérance envers l'état de la chaussée lorsqu'ils circulent sur des routes secondaires», note M. Gendron.
La sous-traitance pour l'entretien des routes l'hiver ne permet pas d'économies appréciables, conclut le chercheur Gendron.
«Faute d'évidence de la supériorité du secteur privé sur le secteur public, il ne semble pas souhaitable d'augmenter la sous-traitance dans les services de l'État québécois», soutient le document de M. Gendron.
Pour Paul Vigneault, président régional du SCFP pour le secteur Québec-Chaudière-Appalaches, «l'intrusion massive du secteur privé dans l'entretien et le déneigement des routes l'hiver n'a eu aucun impact positif sur la qualité du service rendu».
«Bien au contraire, l'entretien de nos routes n'a jamais fait l'objet d'autant de critiques», a dit M. Vigneault.
Il a expliqué que les opérateurs privés de charrue grattaient les routes en maintenant plus élevées les lames du véhicule, de façon à ne pas briser ou user prématurément l'équipement. Mais cette pratique a une incidence sur la qualité du déneigement, croit-il.
Le SCFP invite les automobilistes à ne pas hésiter à porter plainte auprès du ministère des Transport s'ils jugent que le déneigement des routes qu'ils utilisent laisse à désirer.
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