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Julie Boulet a fauté, tranche l'Ordre des pharmaciens

Aucune plainte ne sera toutefois déposée contre la ministre déléguée aux Transports

23 décembre 2004  Québec
Québec — La ministre Julie Boulet a enfreint le code de déontologie de sa profession, mais l'Ordre des pharmaciens ne juge pas l'offense commise suffisamment grave pour porter plainte contre elle.

La conduite passée de la ministre déléguée aux Transports n'est «pas conforme» au libellé de l'article 3.05.08 du Code de déontologie des pharmaciens, a conclu hier l'Ordre des pharmaciens du Québec, après avoir examiné le dossier à la demande de la ministre.

Cependant, le directeur des enquêtes et syndic de l'Ordre, Jocelyn Binet, estime «qu'il n'est ni utile, ni souhaitable» de déposer une plainte contre Mme Boulet, compte tenu de sa «bonne foi évidente».

Au printemps 2003, alors qu'elle était propriétaire d'une pharmacie à Saint-Tite, Mme Boulet avait offert à des médecins d'occuper gratuitement des locaux attenant à son établissement.

Or, son ordre professionnel interdit aux pharmaciens d'accorder des cadeaux, bonis ou avantages aux médecins.

«Le loyer gratuit a été consenti à Mme Boulet dans un contexte très particulier, celui du renouvellement d'un bail à un moment où Mme Boulet prend, de façon contemporaine, la décision de vendre sa pharmacie et la clinique qui l'abrite», écrit M. Binet dans sa décision.

Il ajoute que la protection du public n'a pas été mise en péril par le geste de la pharmacienne. «Dans les circonstances, cette conduite ne m'apparaît aucunement être d'une gravité justifiant d'en saisir le comité de discipline», écrit-il.

La ministre a à nouveau défendu son geste hier.

«Ç'a été fait dans un contexte où il y avait une transition, où les propriétaires étaient pour changer. C'était à eux de négocier le nouveau bail», a dit la ministre Boulet en interview.

«Dans ce contexte-là, la décision a été prise dans l'intérêt de la collectivité et du village qui, soit dit en passant, avait perdu beaucoup de médecins dans les deux années précédentes», a-t-elle affirmé.

La demande d'enquête avait été effectuée le 2 novembre, quand des médias avaient rapporté que Mme Boulet avait contrevenu à son code de déontologie en 2003.

Ce n'est pas la première fois que la ministre est dans l'eau chaude car elle avait dû démissionner de son poste de ministre déléguée à la Santé, l'an dernier, après avoir admis qu'elle avait reçu des cadeaux — essentiellement des dosettes de pilules — de compagnies pharmaceutiques à sa pharmacie de Saint-Tite, en Mauricie.

Parallèlement à la démarche faite auprès de l'Ordre des pharmaciens, le gouvernement a demandé récemment à l'Office des professions d'examiner les relations commerciales entre les pharmaciens et les médecins et de lui soumettre un avis sur la question.

Quant à lui, l'Ordre des pharmaciens propose de modifier l'article de son code de déontologie qui stipule qu'un «pharmacien doit s'abstenir de recevoir tout avantage, ristourne ou commission relatif à l'exercice de sa profession», pour le remplacer par la formulation suivante: «Le pharmacien doit s'abstenir d'accepter [...] tout avantage, ristourne ou commission mettant en péril son indépendance professionnelle.»
 
 
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