Option citoyenne opte pour la souveraineté
Le projet social demeure toutefois l'objectif premier du mouvement
Françoise David
Québec — Après avoir pesé le pour et le contre pendant des mois, Françoise David souhaite que son mouvement Option citoyenne, qui deviendra un parti politique en 2005, se prononce en faveur de la souveraineté du Québec. Cette prise de position ne fait pas l'unanimité parmi la base militante et risque de provoquer de sérieux débats au tout premier congrès d'orientation d'Option citoyenne, ce week-end à Québec.
«Je pense que l'horizon est pas mal bouché en ce qui a trait à un fédéralisme radicalement renouvelé. Dans ce sens-là, la seule façon de réaliser pleinement le projet social d'Option citoyenne, c'est la souveraineté du Québec», a lancé Françoise David en entrevue au Devoir hier.
Le comité de coordination d'Option citoyenne, dont Mme David fait partie, recommandera aux membres d'épouser la cause souverainiste à l'occasion du congrès d'orientation, qui a commencé hier soir et se poursuit jusqu'à demain. Selon le document d'orientation d'Option citoyenne portant sur la question nationale, «le projet social, économique, politique et culturel d'Option citoyenne nécessite des changements profonds difficiles à réaliser si la population québécoise et son gouvernement ne maîtrisent pas les pouvoirs nécessaires».
Option citoyenne dissipera donc en fin de semaine l'ambiguïté entourant sa position sur la question nationale depuis sa fondation, en mai dernier. Dans son livre Bien commun recherché - Une option citoyenne, qui a donné le coup d'envoi à son mouvement politique, Françoise David ne tranchait pas au sujet de la question nationale, préférant lancer un débat parmi la base militante. Elle se demandait plutôt si un projet politique basé sur la recherche du bien commun peut se passer de la souveraineté et se réaliser grâce à une «redéfinition radicale» du fédéralisme. À la suite de consultations menées tout l'été à travers le Québec, son choix est maintenant arrêté. L'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec précise toutefois que la souveraineté «ne sera pas à l'avant-plan», pas plus qu'elle ne constituera l'article 1 du programme du futur parti. «Ce qui est au coeur de notre action, c'est notre projet social», a-t-elle dit.
Dans son document d'orientation, le comité de coordination, où siège également François Saillant, du FRAPRU, dit opter pour la souveraineté parce que la population québécoise vit dans une «situation de blocage politique». Ottawa refuse de reconnaître au Québec le statut de nation et, comme les autres provinces canadiennes, rejette toute négociation d'égal à égal avec Québec pour lui accorder un nouveau statut politique au sein de la Confédération canadienne, plaide-t-il. Option citoyenne rappelle les empiétements répétés d'Ottawa sur les champs de compétence des provinces et l'existence du déséquilibre fiscal. «Notre position tient compte aussi de certaines déceptions», a ajouté Françoise David, rappelant que le chef du NPD, Jack Layton, après s'être montré ouvert à un fédéralisme renouvelé, a reculé lors de la dernière campagne électorale fédérale.
Or la proposition du comité de coordination sur la souveraineté, qui sera soumise au vote demain, ne fait pas l'unanimité. Des membres doutent de la pertinence de cette prise de position. «Tout le débat se fait entre ceux qui voudraient qu'on prenne position dès maintenant et ceux qui trouvent que ça va beaucoup trop vite, qu'on vient d'ouvrir un débat et qu'on le referme trop rapidement. Ceux-ci proposent de reporter la décision à plus tard, au printemps ou à l'automne 2005, et nous disent qu'il n'y a rien qui presse parce qu'on n'est pas à la veille d'un référendum», a expliqué Françoise David, qui juge «intéressant» ce débat même si le comité de coordination n'a pas l'intention de retirer sa proposition.
Il reste cependant que des militants d'Option citoyenne se disent fédéralistes — «une minorité» parmi plus de un millier de membres, a dit Mme David — et risquent de claquer la porte du mouvement quelques semaines ou moins après y être entrés. Une prise de position souverainiste a également de bonnes chances de rebuter d'autres militants de gauche qui pensaient se joindre à Option citoyenne mais qui ne partagent pas les mêmes convictions indépendantistes. «Ce qui nous unit, c'est la recherche du bien commun, de la justice sociale et du partage de la richesse. À ceux qui ne sont pas convaincus que la souveraineté est indispensable, je dis: travaillons ensemble. [Sur la question nationale], on ne sera peut-être pas d'accord, mais sur tout le reste, on sera d'accord. Est-ce réaliste, ce que je dis? Est-ce que, dans la vraie vie, ce sera possible? On verra. Mais c'est le pari que j'ai envie de remporter», a affirmé Françoise David.
D'ici à son assemblée générale du printemps 2005, Option citoyenne souhaite adopter une «attitude de réserve» dans la promotion de la souveraineté puisqu'elle sent le besoin d'approfondir ses positions. Le comité de coordination veut prendre le temps de déterminer «quelle énergie le mouvement veut accorder à la question nationale» et «quel processus sera proposé à la population québécoise pour décider de son avenir constitutionnel».
Lors du congrès d'orientation d'Option citoyenne, les militants discuteront d'économie responsable et solidaire, de bien commun, de la place de l'État mais aussi de féminisme. C'est que l'étiquette féministe accolée au mouvement depuis sa fondation déplaît à certains membres. Pour certains, cette épithète est «péjorative» et suscite la «division», a dit Mme David.
«On est un mouvement féministe tout autant qu'un mouvement altermondialiste, écologiste, de gauche, etc. Mais si les gens comprennent dans ça qu'on est un mouvement pour femmes seulement ou pour féministes convaincues seulement, non. C'est ça, le problème. Ça ne me dérange pas de dire qu'on est un mouvement politique féministe comme on est bien d'autres choses, mais je sais que la minute où je dis ça, certains s'imaginent que c'est l'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec qui parle et qu'Option citoyenne est une sorte de FFQ numéro deux. Mais je me tue à leur dire que non», a-t-elle expliqué.
Entretenant une certaine confusion, le comité de coordination dit vouloir laisser toutes les étiquettes de côté et mettre l'accent sur les «valeurs» défendues par le féminisme, notamment l'égalité, qui, a dit Mme David, rejoignent tout le monde. «Je suis à l'aise de dire que ce ne sera pas nécessaire de répéter du matin au soir que nous sommes féministes. On ne le fera pas pour les autres étiquettes non plus. Mais en même temps, je ne me cacherai pas des positions que j'ai et qu'Option citoyenne a envie de prendre car, oui, il reste des inégalités et, oui, j'ai envie qu'on en parle», a-t-elle précisé. Par exemple, le comité de coordination recommande que le futur parti de gauche favorise l'équité entre les hommes et les femmes à l'intérieur de ses structures.
Le congrès d'orientation de cette fin de semaine jettera les bases du parti qu'entend créer Option citoyenne d'ici l'automne 2005 en réunissant l'ensemble de la gauche québécoise sous une même bannière politique. Or le mouvement a subi son premier revers le mois dernier alors que le Parti vert du Québec a décliné l'invitation. Les discussions vont cependant bon train avec l'Union des forces progressistes.
«Je pense que l'horizon est pas mal bouché en ce qui a trait à un fédéralisme radicalement renouvelé. Dans ce sens-là, la seule façon de réaliser pleinement le projet social d'Option citoyenne, c'est la souveraineté du Québec», a lancé Françoise David en entrevue au Devoir hier.
Le comité de coordination d'Option citoyenne, dont Mme David fait partie, recommandera aux membres d'épouser la cause souverainiste à l'occasion du congrès d'orientation, qui a commencé hier soir et se poursuit jusqu'à demain. Selon le document d'orientation d'Option citoyenne portant sur la question nationale, «le projet social, économique, politique et culturel d'Option citoyenne nécessite des changements profonds difficiles à réaliser si la population québécoise et son gouvernement ne maîtrisent pas les pouvoirs nécessaires».
Option citoyenne dissipera donc en fin de semaine l'ambiguïté entourant sa position sur la question nationale depuis sa fondation, en mai dernier. Dans son livre Bien commun recherché - Une option citoyenne, qui a donné le coup d'envoi à son mouvement politique, Françoise David ne tranchait pas au sujet de la question nationale, préférant lancer un débat parmi la base militante. Elle se demandait plutôt si un projet politique basé sur la recherche du bien commun peut se passer de la souveraineté et se réaliser grâce à une «redéfinition radicale» du fédéralisme. À la suite de consultations menées tout l'été à travers le Québec, son choix est maintenant arrêté. L'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec précise toutefois que la souveraineté «ne sera pas à l'avant-plan», pas plus qu'elle ne constituera l'article 1 du programme du futur parti. «Ce qui est au coeur de notre action, c'est notre projet social», a-t-elle dit.
Dans son document d'orientation, le comité de coordination, où siège également François Saillant, du FRAPRU, dit opter pour la souveraineté parce que la population québécoise vit dans une «situation de blocage politique». Ottawa refuse de reconnaître au Québec le statut de nation et, comme les autres provinces canadiennes, rejette toute négociation d'égal à égal avec Québec pour lui accorder un nouveau statut politique au sein de la Confédération canadienne, plaide-t-il. Option citoyenne rappelle les empiétements répétés d'Ottawa sur les champs de compétence des provinces et l'existence du déséquilibre fiscal. «Notre position tient compte aussi de certaines déceptions», a ajouté Françoise David, rappelant que le chef du NPD, Jack Layton, après s'être montré ouvert à un fédéralisme renouvelé, a reculé lors de la dernière campagne électorale fédérale.
Or la proposition du comité de coordination sur la souveraineté, qui sera soumise au vote demain, ne fait pas l'unanimité. Des membres doutent de la pertinence de cette prise de position. «Tout le débat se fait entre ceux qui voudraient qu'on prenne position dès maintenant et ceux qui trouvent que ça va beaucoup trop vite, qu'on vient d'ouvrir un débat et qu'on le referme trop rapidement. Ceux-ci proposent de reporter la décision à plus tard, au printemps ou à l'automne 2005, et nous disent qu'il n'y a rien qui presse parce qu'on n'est pas à la veille d'un référendum», a expliqué Françoise David, qui juge «intéressant» ce débat même si le comité de coordination n'a pas l'intention de retirer sa proposition.
Il reste cependant que des militants d'Option citoyenne se disent fédéralistes — «une minorité» parmi plus de un millier de membres, a dit Mme David — et risquent de claquer la porte du mouvement quelques semaines ou moins après y être entrés. Une prise de position souverainiste a également de bonnes chances de rebuter d'autres militants de gauche qui pensaient se joindre à Option citoyenne mais qui ne partagent pas les mêmes convictions indépendantistes. «Ce qui nous unit, c'est la recherche du bien commun, de la justice sociale et du partage de la richesse. À ceux qui ne sont pas convaincus que la souveraineté est indispensable, je dis: travaillons ensemble. [Sur la question nationale], on ne sera peut-être pas d'accord, mais sur tout le reste, on sera d'accord. Est-ce réaliste, ce que je dis? Est-ce que, dans la vraie vie, ce sera possible? On verra. Mais c'est le pari que j'ai envie de remporter», a affirmé Françoise David.
D'ici à son assemblée générale du printemps 2005, Option citoyenne souhaite adopter une «attitude de réserve» dans la promotion de la souveraineté puisqu'elle sent le besoin d'approfondir ses positions. Le comité de coordination veut prendre le temps de déterminer «quelle énergie le mouvement veut accorder à la question nationale» et «quel processus sera proposé à la population québécoise pour décider de son avenir constitutionnel».
Lors du congrès d'orientation d'Option citoyenne, les militants discuteront d'économie responsable et solidaire, de bien commun, de la place de l'État mais aussi de féminisme. C'est que l'étiquette féministe accolée au mouvement depuis sa fondation déplaît à certains membres. Pour certains, cette épithète est «péjorative» et suscite la «division», a dit Mme David.
«On est un mouvement féministe tout autant qu'un mouvement altermondialiste, écologiste, de gauche, etc. Mais si les gens comprennent dans ça qu'on est un mouvement pour femmes seulement ou pour féministes convaincues seulement, non. C'est ça, le problème. Ça ne me dérange pas de dire qu'on est un mouvement politique féministe comme on est bien d'autres choses, mais je sais que la minute où je dis ça, certains s'imaginent que c'est l'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec qui parle et qu'Option citoyenne est une sorte de FFQ numéro deux. Mais je me tue à leur dire que non», a-t-elle expliqué.
Entretenant une certaine confusion, le comité de coordination dit vouloir laisser toutes les étiquettes de côté et mettre l'accent sur les «valeurs» défendues par le féminisme, notamment l'égalité, qui, a dit Mme David, rejoignent tout le monde. «Je suis à l'aise de dire que ce ne sera pas nécessaire de répéter du matin au soir que nous sommes féministes. On ne le fera pas pour les autres étiquettes non plus. Mais en même temps, je ne me cacherai pas des positions que j'ai et qu'Option citoyenne a envie de prendre car, oui, il reste des inégalités et, oui, j'ai envie qu'on en parle», a-t-elle précisé. Par exemple, le comité de coordination recommande que le futur parti de gauche favorise l'équité entre les hommes et les femmes à l'intérieur de ses structures.
Le congrès d'orientation de cette fin de semaine jettera les bases du parti qu'entend créer Option citoyenne d'ici l'automne 2005 en réunissant l'ensemble de la gauche québécoise sous une même bannière politique. Or le mouvement a subi son premier revers le mois dernier alors que le Parti vert du Québec a décliné l'invitation. Les discussions vont cependant bon train avec l'Union des forces progressistes.
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