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    L'opposition exige la démission de la ministre Boulet

    Le syndic des pharmaciens se penche sur le cas

    3 novembre 2004 |Robert Dutrisac | Québec
    Québec — L'opposition officielle a exigé hier la démission de la ministre déléguée aux Transports, Julie Boulet, qu'elle accuse d'avoir enfreint le Code de déontologie de sa profession avant d'entrer en politique.

    «Elle ne peut appartenir au conseil des ministres», a jugé hier la porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé et députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel. Mme Boulet a «violé systématiquement le Code de déontologie des pharmaciens», a soutenu Mme Harel, quand, à titre de pharmacienne-propriétaire, Mme Boulet a offert le loyer gratuit à des médecins, comme le révélait lundi Le Journal de Montréal.

    Hier, Mme Boulet a fait parvenir une lettre au président de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Jean-Yves Julien, pour solliciter «une opinion» de son ordre professionnel. Que des pharmaciens offrent des loyers gratuits aux médecins, c'est «une pratique courante dans ce domaine», écrit la ministre dans sa lettre. «C'est donc avec étonnement que j'ai dû défendre la légitimité de notre décision.»

    «Nul n'est présumé ignorer la loi», a rappelé Mme Harel. Le Code de déontologie des pharmaciens est formel: «Un pharmacien ou une société de pharmaciens doit s'abstenir de fournir à une personne autorisée à prescrire [c'est-à-dire un médecin] des cadeaux, ristournes, bonis ou autres gratifications quelle qu'en soit la forme.»

    Le secrétaire général de l'Ordre des pharmaciens, Pierre Ducharme, est aussi de cet avis. «Cet article-là, tel qu'il est phrasé actuellement, ne permet rien en fait», a-t-il fait observer. Même un pharmacien qui inviterait un médecin à une partie de baseball contreviendrait à cet article du Code, a-t-il illustré.

    Mme Boulet n'obtiendra pas l'opinion qu'elle sollicite: ce sera plutôt au syndic de l'Ordre des pharmaciens de juger s'il y a lieu de porter plainte au Conseil de discipline de la profession. «Le syndic fait son travail de syndic par rapport à ça», a indiqué M. Ducharme, précisant qu'il agit en toute indépendance des autres instances de l'ordre professionnel.

    En mai 2003, Julie Boulet avait dû démissionner de son poste de ministre déléguée à la Santé quand il fut révélé que sa pharmacie avait accepté des cadeaux — des dosettes — offerts par des compagnies pharmaceutiques, un autre accroc déontologique. Hier, le premier ministre Jean Charest a refusé de dire s'il avait été informé de cette affaire de loyer gratuit avant de réintégrer Mme Boulet au conseil des ministres.












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