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Landry change son fusil d'épaule

Plus question de s'engager à tenir un référendum avant la mi-mandat

Robert Dutrisac   20 octobre 2004  Québec
Québec — Moins de 48 heures après la dernière salve d'applaudissements au Conseil national du Parti québécois, Bernard Landry a fait volte-face et n'est plus d'accord pour s'engager formellement à tenir un référendum sur la souveraineté avant la mi-mandat d'un prochain gouvernement péquiste.

La nouvelle version du programme du PQ comporte l'obligation pour un gouvernement péquiste de tenir un référendum dans la première moitié du prochain mandat. «Je n'ai pas dit que j'étais favorable» à cette formulation, a-t-il dit hier, au cours d'un point de presse. Samedi au Conseil national, le chef péquiste avait pourtant affirmé qu'il était «d'accord» avec l'échéancier contraignant que contient le nouveau programme péquiste. Jamais dans l'histoire du PQ un chef péquiste, même Jacques Parizeau, n'avait accepté de s'enferrer dans un échéancier aussi précisément défini.

Bernard Landry préfère revenir à la formule qu'il a utilisée dans son discours devant les militants. «Moi, j'ai dit que je voulais que nous tenions un référendum le plus vite possible. Vous avez vu mon discours, vous connaissez la citation», a-t-il dit.

Le nouveau programme, issu des chantiers de la «saison des idées», doit être adopté par les délégués au congrès de juin 2005.

D'ici là, le chef péquiste a l'intention de travailler avec Pauline Marois, qui ne veut rien entendre d'un échéancier fixe, pour faire en sorte que le programme soit modifié en conséquence. «Elle travaille pour que ce que j'ai dit dans mon discours se réalise. Je suis très content de ça», a dit M. Landry. Il juge que les tenants d'un échéancier ouvert devraient réussir à imposer leur vue. «Si des femmes aussi bien implantées dans le parti que Mme Marois ont la même thèse que moi, il y a de bonnes chances qu'on y arrive», a-t-il dit.

En cas d'échec, M. Landry a laissé entendre qu'il se ralliera. «Je suis un démocrate et les militants décideront», a-t-il dit.

Hier, Pauline Marois réitérait son désaccord profond «avec le fait qu'on fixe une date pour la tenue d'un référendum au début de mandat». Elle s'emploiera à faire modifier la proposition du parti d'ici juin 2005. «Actuellement, on doit tous être placés dans une perspective qui est celle d'expliquer aux Québécois ce que cela changera dans leur vie que de se donner un pays. Et ça, c'est une grande responsabilité», a-t-elle fait observer.

En dépit de sa réticence à s'astreindre à un échéancier fixe, Bernard Landry reconnaît que cette proposition a soulevé l'enthousiasme des militants présents au Conseil national. «Nos militants sont enchantés. C'est une nouvelle dynamique», comme le signalait dans son éditorial d'hier le directeur du Devoir, a souligné le chef péquiste.

Mais M. Landry a tout de même pris acte des commentaires négatifs qui ont fusé à l'extérieur du parti. Il a admis que les libéraux de Jean Charest bénéficiaient de cette polémique. «La petite aide qu'il [M. Charest] a de la population vient de nous parce que nous avons le devoir de moderniser notre parti et de discuter. Mais regardez-nous quand ce sera terminé.»

Pour le député de Masson, Luc Thériault, il est clair que Bernard Landry s'est engagé, devant les militants péquistes la fin de semaine dernière, à tenir un référendum dans la première moitié d'un prochain mandat. Il sera d'ailleurs difficile d'éliminer l'obligation faite en ce sens dans le nouveau programme péquiste sans soulever la grogne des militants, prédit-il.

À ses yeux, tenir un référendum le plus vite possible, comme l'affirme M. Landry, signifie de le tenir à peu près à mi-mandat, le temps de préparer le terrain. Attendre à la fin du mandat inciterait la population à porter un jugement sur la gestion du gouvernement tout en se prononçant sur l'avenir politique du Québec.

Sans échéancier coulé dans le béton, il est aussi beaucoup plus difficile de mobiliser les militants, juge M. Thériault. Les péquistes ne sont pas pour autant des «caribous» impatients de se jeter à la rivière coûte que coûte. «On n'est pas des caribous. La journée où j'arrive à la rivière et il n'y a pas de pont, je ne me jette pas dedans. Mais j'aurai tout fait pour y arriver», a dit le député.
 
 
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  • julien arsenault - Inscrit
    20 octobre 2004 05 h 40
    Il est trop tard Mr Landry
    Dans les jours qui ont précédés la dernière élection, Mr Landry sentant bien le pouvoir lui glisser des mains et dans un but évident récupérer le vote glissant, déclara dans une entrevue à RDI( avec Monsieur Maisonneuve je crois) que si le PQ perdait cette élection, alors s'en était fait du PQ. Je suis
    étonné que personne des médias rappele cet était de fait qui permet de mieux comprendre aujourd'hui toutes les tergiversations de Monsieur Landry et compagnie
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  • Fleurette Riverin - Abonnée
    20 octobre 2004 13 h 38
    "Le temps des girouettes"
    Le virage à 180 degrés que vient de faire Bernard Landry sur sa position de s'engager à tenir un référendum dans la première moitié d'un prochain mandat lors du conseil national de la fin de semaine, ses prises de bec avec ses députés dissidents qui sont scandalisés et se sentent trahis par un tel virage, et qu'il se permet de traiter de menteurs en leur disant de "sacrer le camp s'ils ne sont pas contents", le mutisme de François Legault et de Daniel Turp, tout cela démontre à quel point le parti québécois est en plein désarroi, pour ne pas dire en pleine déroute.

    Peut-on, comme chef de parti, se permettre un virage aussi radical et dire exactement le contraire de ce qu'on vient tout juste de dire devant les militants, et garder sa crédibilité en jouant autant sur les mots et en se contredisant ainsi, aussitôt que les purs et durs dont il voulait l'appui ont le dos tourné?

    Bernard Landry me fait penser à un funambule vacillant sur son fil avec la souveraineté dans ses mains, et faisant un pas en avant-un pas en arrière pour ne pas tomber dans le vide.
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    20 octobre 2004 19 h 37
    Question de confiance, monsieur Landry
    Les militants veulent enfermer le PQ dans un échéancier strict menant à un référendum dans la première moitié du mandat parcequ'ils n'ont plus confiance en ceux qui les représentent, et monsieur Landry est le premier de ceux-là. Trop souvent il n'a pas su défendre l'idée de l'indépendance du Québec et il manque trop d'occasions de poser des jalons. Que l'on se rappelle l'inpardonnable glissade sur la pelure de banane de Jean Charest lors du dernier débat des chefs: il n'a pas su défendre notre plus sûr porte-étendard, Jacques Parizeau! Je trouve cet échéancier suicidaire. Les militants devraient se contenter d'exiger un parcourt résolu et sans faille de Bernard Landry, d'ici au prochain référendum.
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    21 octobre 2004 19 h 49
    Le P.Q. veut se suicider....
    Depuis 36 ans (1968-2004) que le P.Q. nous harcèle avec son option de Sécession. Mais il l'a fait en tournant autour du pot, en diluant, en gommant la Sécession. Mais voilà que le P.Q.nous donne l'heure juste, remet les vieilles pendules à l'heure.

    Maintenant c'est clair, c'est l'Indépendance que le P.Q. veut...est-ce que le PEUPLE la veut, c'est une autre histoire???

    Et surprise! dans son PLAN Bernard Landry préconise une "question courte, simple,
    claire" art 9.

    C'est exactement ce que la LOI C-20 préconise depuis 1995. Mais tous les péquistes ont déchiré leur chemise, crié à la démagogie, à la malhonnêteté du Fédéral etc...

    Voilà qu'ils reviennent à la case départ...
    PLUS ce sera CLAIR, MOINS les québécois embarqueront dans cette aventure risquée.

    Les deux questions référendaires 1980-1995 (qui n'en n'étaient pas mais plutôt des introductions à un roman-fleuve)n'étaient pas claires, courtes et simples.Tout le monde n'a pas compris la même chose. Cela ne veut pas dire que les québécois ne sont pas intelligents, mais que la question trop longue, ambiguë, compliquée a créé des malentendus dans le public.

    En étant flou, embrouillé, ambiguë, les péquistes ont berné la population. Le pourcentage obtenu se trouve faussé et non représentatif.

    Maintenant posons une question claire, courte et simple, et je ne suis pas prête à gager sur la victoire du OUI. Peut-être obtiendront-ils 20%...De plus les souverainistes évolués de se reconnaissent pas dans le P.Q.

    Ils sont souverainistes (séparatistes) mais ne sont pas péquistes. La méthode, la stratégie ne leur plaisent pas de même que les motifs invoqués...
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