Cogénération: Québec nie enfreindre ses propres règles
10 juillet 2004
Québec
Le gouvernement du Québec se défend d'avoir enfreint ses propres règles en matière d'efficacité énergétique en donnant lundi le feu vert à la construction d'une centrale thermique à Bécancour, en Mauricie.
Les installations, qui seront aménagées et exploitées par la compagnie albertaine TransCanada Energy (TCE), auront une puissance de 507 MW et pourront fournir jusqu'à 4,1 TWh d'énergie par année.
La centrale produira en outre de la vapeur qui sera revendue aux entreprises Norsk Hydro et PCI Chimie, toutes deux installées dans le parc industriel de Bécancour.
Pour cette raison, la centrale a souvent été considérée comme un projet de cogénération. Or son taux d'efficacité énergétique est évalué à 60 ou 62 %, c'est-à-dire qu'elle rejettera près de 40 % de l'énergie contenue dans les quelque 1000 millions de mètres cubes de gaz qu'elle brûlera chaque année.
Même s'il est supérieur à celui d'une centrale à cycle combiné — comme le Suroît —, ce taux n'est pas suffisamment élevé pour faire de Bécancour une centrale de cogénération au sens où l'entend Québec.
Le gouvernement provincial s'est en effet doté en décembre dernier d'un règlement stipulant que, pour avoir droit à ce titre, une centrale devait avoir un taux d'efficacité d'au moins 70 %.
Des écologistes ont reproché à Québec d'avoir octroyé «un passe-droit» à TCE en ne l'obligeant pas à bonifier son projet pour qu'il respecte les exigences.
«Le fait que l'appel d'offres pour le projet de Bécancour ait été fait avant l'entrée en vigueur du règlement ne change rien au fait que le ministre de l'Environnement aurait pu et dû demander au promoteur de se conformer aux nouvelles normes», soulignait mardi le porte-parole de Greenpeace en matière d'énergie, Steven Guilbault.
Dans un communiqué transmis hier, le ministère des Ressources naturelles a rétorqué que le dossier de Bécancour n'était «en aucune façon lié au règlement sur l'énergie produite par cogénération».
«En effet, ce règlement a été expressément et uniquement adopté pour les fins de l'appel d'offres d'Hydro-Québec Distribution visant l'achat de blocs d'électricité produite par cogénération pour une capacité de production de 800 MW», a rappelé l'organisme.
Retardé à la demande du ministre Sam Hamad, cet appel d'offres a été relancé lundi après le dépôt de l'avis de la Régie de l'énergie sur la sécurité des approvisionnements énergétiques du Québec et le projet du Suroît.
Selon le ministère, le règlement «ne constitue pas une nouvelle norme qui s'appliquerait à tous les projets de cogénération» et «n'est pas ni ne peut être considéré comme une règle d'application générale».
Joint par la Presse canadienne hier, Steven Guilbault s'est dit déçu de l'attitude de Québec. À son avis, en n'imposant pas des critères plus sévères à ce projet, le gouvernement envoie le mauvais signal aux promoteurs.
Les installations, qui seront aménagées et exploitées par la compagnie albertaine TransCanada Energy (TCE), auront une puissance de 507 MW et pourront fournir jusqu'à 4,1 TWh d'énergie par année.
La centrale produira en outre de la vapeur qui sera revendue aux entreprises Norsk Hydro et PCI Chimie, toutes deux installées dans le parc industriel de Bécancour.
Pour cette raison, la centrale a souvent été considérée comme un projet de cogénération. Or son taux d'efficacité énergétique est évalué à 60 ou 62 %, c'est-à-dire qu'elle rejettera près de 40 % de l'énergie contenue dans les quelque 1000 millions de mètres cubes de gaz qu'elle brûlera chaque année.
Même s'il est supérieur à celui d'une centrale à cycle combiné — comme le Suroît —, ce taux n'est pas suffisamment élevé pour faire de Bécancour une centrale de cogénération au sens où l'entend Québec.
Le gouvernement provincial s'est en effet doté en décembre dernier d'un règlement stipulant que, pour avoir droit à ce titre, une centrale devait avoir un taux d'efficacité d'au moins 70 %.
Des écologistes ont reproché à Québec d'avoir octroyé «un passe-droit» à TCE en ne l'obligeant pas à bonifier son projet pour qu'il respecte les exigences.
«Le fait que l'appel d'offres pour le projet de Bécancour ait été fait avant l'entrée en vigueur du règlement ne change rien au fait que le ministre de l'Environnement aurait pu et dû demander au promoteur de se conformer aux nouvelles normes», soulignait mardi le porte-parole de Greenpeace en matière d'énergie, Steven Guilbault.
Dans un communiqué transmis hier, le ministère des Ressources naturelles a rétorqué que le dossier de Bécancour n'était «en aucune façon lié au règlement sur l'énergie produite par cogénération».
«En effet, ce règlement a été expressément et uniquement adopté pour les fins de l'appel d'offres d'Hydro-Québec Distribution visant l'achat de blocs d'électricité produite par cogénération pour une capacité de production de 800 MW», a rappelé l'organisme.
Retardé à la demande du ministre Sam Hamad, cet appel d'offres a été relancé lundi après le dépôt de l'avis de la Régie de l'énergie sur la sécurité des approvisionnements énergétiques du Québec et le projet du Suroît.
Selon le ministère, le règlement «ne constitue pas une nouvelle norme qui s'appliquerait à tous les projets de cogénération» et «n'est pas ni ne peut être considéré comme une règle d'application générale».
Joint par la Presse canadienne hier, Steven Guilbault s'est dit déçu de l'attitude de Québec. À son avis, en n'imposant pas des critères plus sévères à ce projet, le gouvernement envoie le mauvais signal aux promoteurs.
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