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Les garderies privées accusent Québec de vouloir les museler

7 juillet 2004  Québec
Québec — Le président de l'Association des garderies privées du Québec, Sylvain Lévesque, soutient avoir subi des pressions de la part du cabinet de la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, et de son sous-ministre adjoint, Pierre Lamarche, en vue de tenter de le dissuader de dénoncer le gouvernement sur la place publique.

«Ils sont frustrés. M. Lamarche a téléphoné à mon vice-président pour lui dire que ce serait très difficile pour lui désormais de défendre notre réseau auprès du cabinet. C'est grave. On n'a plus le droit d'exprimer nos opinions au Québec?», s'est interrogé M. Lévesque, hier, lors d'un entretien téléphonique.

La semaine dernière, dans une entrevue à un quotidien, furieux de constater les nouvelles compressions budgétaires imposées aux garderies, M. Lévesque avait déclaré qu'il préférait faire affaire avec un «ennemi honnête» (l'ancien gouvernement péquiste) plutôt qu'avec un «ami malhonnête» (le gouvernement libéral actuel).

Il dit avoir reçu par la suite un autre coup de fil, cette fois d'une attachée politique de la ministre Théberge, Claudia Morin, qui lui aurait déclaré que «le cabinet n'est pas content» de sa sortie publique.

«Moi, j'ai un travail à faire. Je ne suis pas là pour être complaisant. Je défends un réseau», a-t-il ajouté hier, irrité de se sentir bâillonné par le gouvernement.

Les règles budgétaires pour l'année en cours font en sorte que les garderies verront cette année leur subvention gouvernementale annuelle fondre de 2,6 %. Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres dans le milieu des services de garde et accroître les tensions avec le gouvernement.

«Ça brasse dans le réseau», selon M. Lévesque, qui prépare sa riposte.

Les responsables des garderies privées vont tenir une assemblée générale spéciale en août, en vue de déterminer «si on sort dans la rue». L'assemblée servira à adopter un plan d'action visant à amener le gouvernement à revoir à la hausse ses règles de financement du réseau. Aucun moyen de pression n'est exclu pour l'instant.

Les nouvelles règles font que, par exemple, pour une garderie de 60 places, «on nous coupe cette année 14 000 $. Et c'était le même montant l'an dernier. Donc, ça fait 28 000 $ qu'on nous coupe dans les budgets depuis que les libéraux sont au pouvoir», déplore M. Lévesque.

En conséquence, il ne serait pas surpris de voir les garderies devoir diminuer les salaires des éducatrices pour boucler leur budget.

Il estime que le gouvernement tient un double discours quand il traite des garderies, en disant vouloir accroître la qualité des services tout en sabrant leur budget.

«Ils parlent de qualité à tour de bras. Mais dans la réalité, ils font complètement l'inverse. Ils s'en foutent. Qu'ils choisissent: ou c'est la qualité des services éducatifs pour les enfants ou c'est la piastre qui mène au Québec. C'est contradictoire, leur discours, au maximum.»

L'association prévoit, notamment, se retirer des «comités-qualité» mis sur pied par la ministre Théberge, quand elle avait annoncé au printemps diverses mesures en vue de rehausser les normes de qualité dans les services de garde.

La ministre s'était alors fait un point d'honneur de clamer que le réseau l'appuyait dans sa démarche.

Selon M. Lévesque, le Québec n'incarne plus un modèle en matière de services de garde. «On est en train de reculer», dit-il.






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