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James Gabriel menace de poursuivre le ministre Chagnon et la SQ

3 juillet 2004  Québec
Québec — Exaspéré par l'inaction du gouvernement Charest, le grand chef du conseil de bande de Kanesatake, James Gabriel, menace d'intenter une poursuite en dommages et intérêts contre le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon.

«Je n'aurai aucune difficulté à prouver que j'ai subi des torts à cause de Chagnon», a dit hier M. Gabriel, lors d'un entretien téléphonique avec la Presse canadienne, de la chambre d'hôtel qu'il occupe à Laval depuis son «exil forcé» au mois de janvier.

M. Gabriel en a gros sur le coeur contre le gouvernement Charest, qu'il accuse, entre autres, de «se traîner les pieds» délibérément dans ce dossier dans l'espoir de le voir disparaître de la carte politique lors des prochaines élections du conseil de bande. «C'est clair qu'ils veulent gagner du temps. Ils espèrent que je me fasse battre.»

Incurie

S'il ne peut revenir auprès des siens et reste confiné en dehors de la communauté depuis six mois, c'est en raison de l'incurie et de l'indifférence du ministre Chagnon et de la Sûreté du Québec (SQ) face à la crise qui perdure depuis le début de l'année à Kanesatake, estime-t-il.

Ainsi, en refusant de prendre les moyens nécessaires pour remettre de l'ordre dans la communauté, les pouvoirs publics «ont facilité la tâche des dissidents et des groupes criminels qui m'empêchent de rentrer chez nous», a-t-il accusé.

Le ministère de la Sécurité publique et la SQ ont l'obligation de s'assurer que la paix est maintenue sur le territoire, a fait valoir M. Gabriel, leur reprochant «de ne pas faire leur job».

Le grand chef affirme en outre que M. Chagnon «se cache» depuis deux mois, soit depuis qu'il a annoncé la création d'une patrouille tripartite formée de la SQ, de la police mohawk et de la GRC, escouade qui n'a pas encore vu le jour.

«Le ministre reste silencieux. C'est complètement inacceptable. Cela n'a pas d'allure», a-t-il observé, avant d'ajouter qu'il projette de déposer des poursuites contre M. Chagnon et la SQ devant la Cour supérieure «avant le mois d'octobre».

Dans sa cour

Selon lui, le ministre Chagnon devrait d'abord s'occuper de ce qui se passe «dans sa cour» au lieu de se rendre à Athènes au début d'août, avec son épouse, pour observer les imposantes mesures de sécurité mises en place pour les Jeux olympiques.

«Je me demande s'il prendra des notes, si les dissidents se rendent à Athènes pour faire du grabuge», a mentionné le grand chef, sur le ton de l'ironie.

M. Gabriel en a aussi contre le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, qui a refusé mercredi dernier d'intervenir en sa faveur dans la bisbille qui oppose les deux clans qui dirigent le conseil de bande quant à la date des prochaines élections.

Les quatre chefs majoritaires, sous la direction de James Gabriel, ont fixé la date du scrutin au 9 octobre, mais les trois autres dissidents, menés par Steven Bonspille, comptent plutôt organiser des élections le 4 septembre.

En refusant de se prononcer publiquement en faveur du conseil de bande majoritaire, le ministre Pelletier a manqué une belle occasion de se ranger auprès «du pouvoir légitime», a déploré le grand chef.

Pour l'heure, M. Gabriel se prépare à saisir la Cour fédérale du dossier des élections, soutenant que la décision des chefs dissidents d'organiser un scrutin le 4 septembre est «illégale».

Aussi, il veut faire confirmer par la cour la légitimité de l'actuel conseil de bande, dont le mandat se termine le 13 juillet à minuit, jusqu'à la tenue des élections de l'automne.






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