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Charest et Raffarin partagent un même combat

5 mai 2004  Québec
Paris — Les deux premiers ministres les plus mal aimés de la Francophonie, Jean Charest, du Québec, et Jean-Pierre Raffarin, de la France, se sont entendus hier à Paris pour mener à terme, et contre vents et marées, le processus de modernisation de l'État entamé des deux côtés de l'Atlantique.

«Quand on fait le constat des impôts, de l'endettement, on tire la conclusion que, chez nous, le statu quo n'est plus possible. Intenable. Il faut donc envisager de nouvelles façons de faire», a déclaré le premier ministre Charest, flanqué de son homologue français, lors d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Matignon à l'issue d'une rencontre en tête-à-tête d'une soixantaine de minutes.

«Vous avez compris que l'on a un adversaire commun, c'est l'immobilisme», a renchéri M. Raffarin, qui, à l'instar de son vis-à-vis québécois, est malmené dans l'opinion publique.

En effet, à peine 26 % de l'électorat français accorde un vote de confiance à M. Raffarin, un taux d'insatisfaction qui se compare à celui de M. Charest.

«Il faut convaincre les opinions publiques. Il faut convaincre les uns et les autres que l'on peut réformer pour le progrès. C'est tout l'enjeu qui nous anime», a expliqué M. Raffarin.

Ayant ainsi trouvé un certain réconfort quant à la validité de ses thèses, le chef du gouvernement québécois s'est par la suite permis d'évacuer les questions sur les déboires de son parti, pour plaisanter aux dépens de l'opposition.

«Chez nous, l'opposition est aussi impopulaire que le gouvernement, selon le dernier sondage. Elle n'a pris aucune décision. Moi, je peux vous (identifier) les décisions que l'on a prises et qui ont été mal reçues, mais si j'étais dans l'opposition, je serais encore inquiet», a-t-il dit, suscitant des éclats de rire dans son entourage.

«Vous savez, quand on s'analyse, on a toujours des raisons de se préoccuper, et quand on se compare, on peut toujours se rassurer», a ajouté aussitôt M. Raffarin, affichant sa complicité.

Déterminés à garder le cap sur les réformes, les deux hommes ont signé une déclaration commune de coopération franco-québécoise en matière de modernisation de l'État.

L'accord proclame la volonté des deux gouvernements de recentrer l'État sur ses missions essentielles, soit d'offrir des services publics à moindre coût, d'augmenter la productivité de l'État et d'ouvrir toute grande la porte aux partenariats avec le secteur privé.

«Nous pensons que la modernisation de l'État est compatible avec une amélioration du service», a commenté le premier ministre Raffarin.
 
 
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