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Le goût de l'avenir - 10: L'Institut du Nouveau Monde

19 avril 2004  Québec
Depuis le début de l'année, je vous ai conviés à une réflexion sur les enjeux du Québec en devenir. J'arrive au terme de cette série de dix chroniques avec une proposition: créer un institut indépendant, non partisan, voué au renouvellement des idées et à l'animation des débats publics au Québec.

Il s'agit d'une «boîte à idées» originale, axée sur le Québec, fondée sur la participation des citoyens, qui agit dans une perspective de justice sociale, dans le respect des valeurs démocratiques et dans un esprit d'ouverture et d'innovation.

L'Institut du Nouveau Monde sera officiellement lancé jeudi, 22 avril, à Montréal. Vous pourrez, dès lors, en savoir plus sur l'INM par l'entremise des médias et du site Internet de l'Institut, mis en ligne le jour même (www.inm.qc.ca). Quiconque se sent à l'aise avec l'énoncé de mission et avec la vision de l'organisme peut en devenir membre.

L'INM n'est pas une création spontanée. Il n'est en rien une réaction aux événements politiques récents. Il ne s'inscrit pas dans l'axe de la contestation et de l'opposition, mais dans celui de la réflexion, de l'évaluation et de la construction de la société en marche.

***

C'est un projet mûri, qui répond à des besoins profonds si j'en crois le succès de l'appel lancé dans cette chronique depuis le 12 janvier.

Je vous avais demandé de me laisser votre adresse si l'idée de former un lieu consacré aux débats d'idées et à la participation civique suscitait chez vous quelque intérêt. J'ai reçu plus de 800 messages de lecteurs et de lectrices enthousiastes.

Des étudiants de 17 ou de 25 ans, qui se découvrent un goût pour la chose publique; des grands mères et des pères de familles, de 76 ou de 42 ans, ou de jeunes professionnels, qui ressentent le besoin de contribuer mais aussi d'échanger des idées avec leurs concitoyens d'autres générations.

J'ai en mémoire une courte lettre d'un homme qui me dit, en substance: «j'étais avec ma femme, hier soir, à la maison, et nous discutions justement du sujet que vous abordez ce matin dans votre chronique; nous nous disions à quel point il serait intéressant de pouvoir élargir le cercle de nos échanges avec d'autres personnes, de confronter nos points de vue, d'obtenir des avis éclairés et de raffiner notre propre réflexion à ce sujet».

Dans vos lettres, j'ai lu parfois un certain agacement au sujet d'une société qui exaspère certains d'entre vous. Vous proposez alors des changements radicaux dans divers domaines. J'ai lu aussi des espoirs fous, une confiance en l'avenir. Du moins, le goût de retrouver la confiance, de former des projets. Un refus du fatalisme.

Je perçois le même intérêt partout où j'ai l'occasion de présenter ce projet, autant chez des gens d'affaires que chez des militants communautaires, aussi bien auprès de chefs syndicaux que de dirigeants patronaux, des intellectuels ou des ouvriers, chez les fédéralistes comme chez les souverainistes.

Nos concitoyens expriment sans équivoque un désir de renouveler les idées, les façons de faire et de penser mais aussi nos solidarités. Ils cherchent de nouvelles voies qui mèneraient à un mieux-être pour l'ensemble des Québécois et répondraient aux problèmes contemporains sans pour autant renier l'identité, la spécificité, les préférences ou les réussites du Québec des cinquante dernières années.

Mais ils ne veulent pas se faire imposer de nouveaux projets de société. Ils veulent en être partie prenante. Le renouvellement des idées et des projets passe par les citoyens. Leur participation est essentielle. L'INM veut offrir une agora et contribuer à créer des conditions favorables à cette participation.

***

Le groupe fondateur a vu le jour au printemps 2002 autour d'une idée du professeur Gérard Bouchard, que j'ai proposé de mettre en oeuvre et à laquelle se sont ralliés, au fil des mois, quelques dizaines de personnes: intellectuels, acteurs de la société civile, gens d'affaires, jeunes et moins jeunes, de tous horizons.

Le conseil d'administration de l'Institut à but non lucratif, présidé par M. Conrad Sauvé, est composé de Mme Dominique Anglade, M. Gérard Bouchard, Mme Geneviève Baril, M. Claude Béland, M. Michel Cossette, Mme Karine Blondin, Mme Sophie Dufour, M. Patrick Ferland, Mme Manon Forget,

M. Jacques Fortin, M. Guy Lachapelle, M. Frédéric Lesemann, Mme Susan Rona, Mme Céline St-Pierre, M. Roger Simard et M. Marcel Villeneuve.

L'INM organise en août prochain, avec le soutien financier du Fonds Jeunesse Québec, une université d'été pour les jeunes de 15 à 30 ans. L'annuaire du Québec, publié chez Fides, devient une publication de l'Institut. Nous voulons explorer toutes les possibilités qu'offre Internet à des fins de délibération et d'information du public sur les enjeux de société. Nous organiserons des cercles de réflexion pour les membres. Nous prévoyons la tenue, à compter de l'automne, d'une série de cinq grands rendez-vous stratégiques pour le Québec.

Nous comptons, dans notre entreprise, sur le soutien de l'UQAM et de la firme Conceptis Technologies.

Quant à moi, je prends la direction générale de l'INM tout en poursuivant cette chronique dans Le Devoir qui me fait l'honneur de m'accueillir dans ses colonnes.

Cet institut deviendra ce que ses membres voudront en faire. C'est une invitation.






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  • Economat Centre Vimont
    Abonné
    lundi 19 avril 2004 19h12
    Anticiper l'avenir des jeunes
    Il serait intéressant de voir comment le Québec va changer de plus en plus sur le plan culturel avec l'arrivée de nouveaux immigrants

  • Pierre Denault
    Inscrit
    mercredi 21 avril 2004 07h15
    Une seule idée
    Les meilleures idées du monde ne serviront pas à changer les choses si nous ne possédons pas les moyens de les appliquer.
    Ce qui importe, en ce moment: Convaicre les Québécois du besoin vital de se prendre en main.

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