L’UPAC a évoqué six chefs d’accusation possibles contre Guy Ouellette

Aucune accusation n’a été portée contre Guy Ouellette plus de trois mois après son arrestation.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Aucune accusation n’a été portée contre Guy Ouellette plus de trois mois après son arrestation.

Le député Guy Ouellette a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) le 25 octobre dernier parce qu’il est soupçonné d’être à l’origine des fuites médiatiques sur certaines enquêtes menées par le corps policier, dont Mâchurer, qui porte sur le financement du Parti libéral du Québec et vise notamment l’ex-premier ministre Jean Charest.

 

C’est ce que révèlent les documents déposés en cour par l’UPAC pour obtenir ses mandats de perquisition visant le député de Chomedey.

 

Ces dossiers, totalisant plusieurs centaines de pages, dont la moitié seraient caviardées, ont été transmis par la cour à un regroupement de médias dont Le Devoir ne fait pas partie.

 

Ils confirment que le corps policier suspecte Guy Ouellette d’avoir transmis des informations confidentielles à des journalistes, selon les informations rapportées par Radio-Canada. Pour ce faire, le député aurait eu l’aide de deux complices : Richard Despaties, un retraité de la Sûreté du Québec, et Stéphane Bonhomme, qui y est toujours à l’emploi.

 

Pour étayer leur thèse, les policiers citent dans ces documents plusieurs reportages publiés au cours des derniers mois au sujet des fuites médiatiques sur des enquêtes de l’UPAC.

 

On apprend également que six chefs d’accusation étaient envisagés contre le député. Il s’agit de vol, d’entrave à la justice, de possession de biens criminellement obtenus, de complot, d’abus de confiance et « d’avoir influencé ou négocié une nomination ou d’en avoir fait le commerce », toujours selon la société d’État.

 

Aucune accusation n’a été portée contre Guy Ouellette plus de trois mois après son arrestation.

 

Les documents révèlent également que le député libéral a fait l’objet de filature pendant plusieurs mois. Il aurait aussi été aperçu avec une personne qui pourrait être un quatrième complice dans cette affaire. L’identité de cette dernière est caviardée.

 

Tactique d’appât

 

Le stratagème employé par les policiers de l’UPAC afin d’appâter Guy Ouellette est par ailleurs détaillé dans les documents, relate Radio-Canada.

 

Avec le téléphone cellulaire saisi de M. Despaties, les policiers ont envoyé un message texte à M. Ouellette lui promettant un scoop. Ils lui ont alors donné rendez-vous dans le stationnement d’un établissement de restauration rapide, où un sac de plastique contenant un sac en papier rempli de feuilles blanches l’attendait derrière une borne de recharge de véhicule électrique.

 

Le député libéral a mordu à l’hameçon et s’est rendu en voiture récupérer le sac et son contenu. L’arrestation a eu lieu au moment où il retournait à son véhicule.

 

Guy Ouellette n’a pas donné suite aux appels du Devoir jeudi.

 

Quelques jours après son arrestation, le député de Chomedey avait clamé son innocence, soutenant avoir été victime d’un « coup monté » et d’une « tentative d’intimidation sans précédent » de la part de l’UPAC. « Les faits qui me sont reprochés n’ont aucun fondement », avait-il déclaré en Chambre.

 

Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, avait pour sa part demandé au corps policier d’« accuser » M. Ouellette ou de « s’excuser » auprès de lui, ce que l’UPAC a refusé de faire.

 

Le Parti québécois n’a pas souhaité commenter l’affaire jeudi.

 

« Nous laissons l’UPAC poursuivre son enquête », a pour sa part déclaré l’attaché de presse du caucus de la Coalition avenir Québec, Samuel Poulin.

9 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 19 janvier 2018 03 h 49

    encore quelque mois et nous en aurons le dénouement

    un enquêteur, enquêté,quelle situation loufoque ce n'est plus un drame, mais de la grande tragédie dont le Québec a toujours eu la passion , voila ce que les clers nous ont laissés sans trop le savoir, n'avons- nous pas produits quelques séries tv dont ces situations abondent

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 19 janvier 2018 05 h 37

    Comment se fait-il qu'on n'ait rien mis d'important dans le sac?

    Le fait de se rendre recueillir un sac prouve seulement une chose, à savoir qu'on le voulait. Il ne prouve ni son contenu ni surtout ce qu'il voulait en faire. Plus fondamentalement, un député a le droit de recueillir de l'information, écrite ou orale, sur l'appareil gouvernement québécois et d'intervenir publiquement, et ceci sans avoir besoin de l'autorisation de l'UPAC. C'est même son devoir parlementaire de représentant du peuple québécois! Les choses se compliqueront lorsqu'il publiera le contenu d'une information. Peut-être voudra-t-il alors consulter ses collègues, notamment le Président de l'Assemblée nationale? Sur ce point, l'UPAC aurait peut-être une meilleure cause si les journaux avaient par la suite publié de fausses informations susceptibles d'être retrouvées seulement dans le sac transmis à M. Ouellet. Malheureusement, il n'y avait rien dans le sac....sinon du papier vierge...

  • Jean-Marc Simard - Abonné 19 janvier 2018 07 h 10

    L'U.P.A.C. ne serait-il pas le problème ?

    Des chefs d'accusation gros comme le bras musclé d'une justice en mal de justice et toujours pas d'accusations...Allez donc comprendre pourquoi...À la place de Guy Ouellette je poursuivrais l'U.P.A.C pour malversations et libel diffamatoire, si son intention est vraiment de faire avancer les choses et de rendre à la justice ses lettres de noblesse...Par contre, si Ouellette ne veut pas le faire, je demanderais aux partis de l'Opposition d'entamer, au nom de la population du Québec, des poursuites judiciaires devant les tribunaux internationnaux pour corruption et collusion avec le PLQ...Il est de plus en plus évident que cette police, créature du PLQ et de Charest, n'agit plus comme une police normale devrait le faire, mais fait tout en son pouvoir pour que justice ne soit pas rendue, et pour cacher la vérité suer les malversations PLQuistes...Vivement un changement de gouvernement pour qu'enfin la vérité éclate et que justice soit rendue...Je crois de plus en plus que l'U.P.A.C. est une fausse police, plus exactement une police politique, une police mandatée par le PLQ pour cacher la vérité...

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 19 janvier 2018 08 h 25

    Bravo à l’UPAC pour son efficacité

    À peine quelques mois pour accuser Guy Ouellette et des années pour accuser les responsables de la corruption sous Jean Charest.

    Les fuites sont nées de l’immobilisme apparent de l’UPAC. Si les responsables de la corruption libérale étaient déjà en prison depuis longtemps, aucun quotidien n’aurait publié ces fuites que M. Lafreniére lui-même jugeait sans importance.

  • Vincent Pouliot - Abonné 19 janvier 2018 08 h 41

    Un vol d'identité - par l'UPAC

    L'appât de l'UPAC était fondé dur le vol d'identité de M. Despatie. C'est un acte crimminel. Personne ne peut autoriser la commission d'un acte crimminel, surtout pas un juge. Un juge qui autorise celà est complice.

    La primauté du droit est fondé sur le précepte que nous sommes tous égale devant la loi. Le gouvernement y est assujetti comme tout autre citoyen.

    D'ailleure la "permanance" de l'UPAC est contraire aux principes constitutionnelles. Sous la constitution Britannique, le gouvernement ne peut qu'exercer le pouvoir qui est autorisé par le citoyen par l'entremise de ses représentants à la législature. Cette autorisation est nécessairement temporaire. Pour l'exercer, le gouvernement doit posséder la confiance de la Chambre. La constitutionalité, la légitimité du gouvernement, requiert nécessairement que notre législature puisse révoquer l'autorité d'exercer le pouvoir accordert lar la loi.