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Charest forcera Beauharnois à accueillir le Suroît

Robert Dutrisac   6 avril 2004 19h15  Québec
Le premier ministre Jean Charest n’hésitera pas à faire fi de l’opinion des citoyens de Beauharnois en imposant la construction, si nécessaire, de la centrale thermique du Suroît sur le territoire de cette municipalité.

«Il y a au Québec une question de sécurité énergétique qui interpelle la responsabilité de l’État. Le choix du Suroît s’est fait dans ce contexte-là. Il y a un problème de sécurité dans les années 2006-2007-2008: il faut répondre à cela», a indiqué le premier ministre Jean Charest dans une entrevue accordée au Devoir.

Hydro-Québec s’est imposé l’obligation d’obtenir l’approbation des communautés locales pour tous ses nouveaux projets de centrales hydro-électriques. «Je place le Suroît dans un autre contexte», a dit M. Charest. La décision de construire ou non le Suroît — la Régie de l’énergie doit rendre sa décision à cet égard le 30 juin prochain —, «ça concerne tous les Québécois», a dit M. Charest, pas seulement la population de Beauharnois. «La sécurité, c’est fondamental. Comme premier ministre du Québec, en plus, j’ai la responsabilité de m’assurer qu’on puisse avoir un approvisionnement en énergie pour suffire à la demande.»

Devant l’opposition des citoyens au projet du Suroît, le conseil municipal de Beauharnois a repoussé aux calendes grecques l’adoption de la modification du zonage qui devait permettre la construction de la centrale au gaz. En février dernier, le maire de Beauharnois, Daniel Charlebois, estimait que près de 80 % des citoyens étaient contre la construction de la centrale sur le territoire de leur municipalité. S’il le fallait, le maire irait jusqu’à tenir un référendum sur ce changement de zonage, avait-t-il affirmé, comme le lui permet la Loi sur les villes.

Loi spéciale
Pour contrer la volonté des citoyens de Beauharnois, le gouvernement Charest, dans l’éventualité où la Régie de l’énergie donnerait son aval au projet de centrale, n’aurait d’autre choix que de soumettre à l’Assemblée nationale une loi spéciale pour forcer la municipalité à modifier son règlement de zonage.

Rappelons qu’au printemps de 1999, les libéraux, alors dans l’opposition, s’étaient fermement opposés au projet de loi qui autorisait la construction de la ligne Hertel-des Cantons par Hydro-Québec. Pour justifier ce projet de loi et l’érection de la ligne, le gouvernement Bouchard avait invoqué l’importance d’assurer la sécurité du réseau d’Hydro-Québec à la suite de la crise du verglas. Les libéraux avaient accusé le gouvernement péquiste d’avoir manqué à son devoir de consulter la population locale qui était contre la construction de cette ligne.
 
 
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