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    Allégations non fondées: l’étau se resserre autour d’Yves Francoeur

    22 décembre 2017 00h48 |Marie-Michèle Sioui | Québec
    Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur

    L’étau se resserre autour du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, encore muet mercredi sur la conclusion d’une enquête qui a établi qu’« aucune preuve » ne permet d’étayer ses prétentions sur la fermeture prématurée d’une enquête en raison de pressions politiques.

     

    Les ministres Robert Poëti, Pierre Moreau, Christine St-Pierre et Stéphanie Vallée ont tour à tour réitéré la demande d’excuses formulée mardi par leur collègue Jean-Marc Fournier, tandis que le maire de Québec, Régis Labeaume, a réclamé la démission d’Yves Francoeur.

     

    « Le minimum qui pourrait arriver, ce serait certainement de s’excuser, je pense », a déclaré Pierre Moreau à son arrivée au Conseil des ministres. « Les policiers savent très bien que l’on vit dans un État de droit et ils ne peuvent pas avoir un comportement aussi répréhensible que celui-là. Moi, je pense que sa responsabilité civile est engagée », a ajouté l’avocat de carrière.

     

    Au terme d’une enquête qu’elle a menée auprès de 60 personnes, une équipe mixte pilotée par la Sûreté du Québec (SQ) et supervisée par le Bureau des enquêtes indépendantes a conclu que les allégations d’Yves Francoeur étaient non fondées. « Aucune preuve ne démontre quelque fraude ou quelque trafic d’influence [que ce soit] », a-t-elle statué.

     

    Le 27 avril, Yves Francoeur a déclaré au micro du 98,5 FM qu’une enquête de fraude ou de trafic d’influence qui concernait deux élus libéraux, dont un siégeait toujours à l’Assemblée nationale, avait été bloquée en plus haut lieu — et peut-être au sein même du DPCP. Des médias ont plus tard révélé que l’enquête aurait porté sur l’ex-ministre libéral Raymond Bachand et le leader actuel du gouvernement, Jean-Marc Fournier. L’affaire avait aussi éclaboussé le directeur du Service de police de la Ville de Québec et ex-directeur des enquêtes de la commission Charbonneau, Robert Pigeon, mis en cause pour avoir prétendument fait avorter l’affaire.

     

    « On a visiblement affaire à un menteur qui a remis en question la réputation du chef de police de la Ville de Québec », a pesté le maire Labeaume mercredi, selon ce qu’ont rapporté les médias de Québec. « C’est épouvantable, et la preuve a été faite qu’il a menti. J’espère vraiment qu’on ne le reverra pas dans l’espace public. Ce gars-là ne mérite pas beaucoup d’estime de la population du Québec. »

     

    La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’a pas souhaité s’ingérer dans le dossier. « M. Labeaume peut gérer son propre service de police et pour moi, c’est important de laisser le SPVM gérer son propre service. Cette histoire est sortie aujourd’hui. Je suis sûre que le SPVM prendra la bonne décision basée sur la situation et les faits », a-t-elle déclaré.

     

    À l’Assemblée nationale, le ministre Robert Poëti — lui-même ex-policier — a sommé Yves Francoeur de s’exprimer sur le fond de l’affaire. « Compte tenu de l’enquête à ce stade-ci, il devrait une fois pour toutes dire ce qu’il en est », a-t-il suggéré.

     

    Aucun des ministres n’est allé jusqu’à demander la démission d’Yves Francoeur. « Je pense qu’au minimum, ça prend des excuses. Minimum. Et après ça, eh bien, c’est à lui de décider ce qu’il va faire de son avenir », a déclaré Christine St-Pierre.

     

    « Jean-Marc Fournier, qui est le principal intéressé, a eu les mots justes hier », a aussi affirmé Stéphanie Vallée.

     

    — Avec Jeanne Corriveau













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