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    Inondations: la moitié des sinistrés se disent insatisfaits du programme d’aide

    La gestion n’était pas «parfaite», convient le ministre Martin Coiteux

    20 décembre 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    Répondant à un sondage du ministère de la Sécurité publique, le quart des sinistrés ont dit n’avoir bénéficié d’aucun soutien de la part de leur municipalité.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Répondant à un sondage du ministère de la Sécurité publique, le quart des sinistrés ont dit n’avoir bénéficié d’aucun soutien de la part de leur municipalité.

    Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a reconnu mardi que l’intervention gouvernementale n’a pas été « parfaite » pendant les crues exceptionnelles qui ont touché 291 municipalités au cours du printemps.

     

    Les citoyens affectés par les inondations ont cependant fait une lecture plus sévère des événements : 53 % d’entre eux se sont dits insatisfaits, dans l’ensemble, du programme d’aide aux sinistrés du gouvernement du Québec, selon un sondage SOM dévoilé mardi.

     

    Ils ont été moins durs envers leurs municipalités, se disant satisfaits du soutien obtenu auprès de celles-ci, pendant les inondations, dans une proportion de 52 %.

     

    « C’est vrai que ce n’est pas parfait », a reconnu le ministre Coiteux en marge d’une journée de discussions visant à faire le bilan sur les inondations.

     

    « Par contre […], dans une saison normale d’inondations et d’autres catastrophes naturelles, on reçoit peut-être 1000 demandes d’indemnisation […] Cette année, on a dépassé les 6000 », a-t-il précisé.

     

    À ce jour, ces demandes d’indemnisation ont coûté 100 millions au gouvernement. Plus de 5300 résidences principales ont été inondées et 4000 personnes ont été évacuées dans 15 régions administratives. Au plus fort de la crise, 1100 familles ont dû être hébergées d’urgence. Huit mois après les événements, 125 d’entre elles n’ont toujours pas pu réintégrer leur maison. « On a le devoir d’améliorer nos façons de faire pour l’avenir », a convenu le ministre Coiteux.

    5300
    Nombre de résidences principales inondées au printemps dernier. Plus de 4000 personnes ont été évacuées dans 15 régions administratives.
     

    Pas de consignes

     

    Son ministère a dévoilé un sondage SOM mené auprès de 452 sinistrés, du 15 au 27 novembre. Le coup de sonde révèle notamment que 59 % des municipalités ont omis de donner des consignes de sécurité à leurs citoyens afin qu’ils se préparent aux inondations.

     

    En tout, 27 % des répondants ont dit n’avoir bénéficié d’aucun soutien de la part de leur municipalité une fois leur résidence inondée. En revanche, 43 % d’entre eux ont reçu des sacs de sable ou de terre.

     

    Questionnés sur les informations transmises par le gouvernement du Québec afin d’obtenir de l’aide financière, 46 % des répondants en ont déploré le manque de clarté, tandis que 51 % se sont dits insatisfaits des montants pouvant être octroyés.

     

    Le programme est pourtant « généreux », a avancé Martin Coiteux, avant d’ajouter qu’il est néanmoins « complexe ».

     

    De cela, le résidant de Pointe-Gatineau Michel Papineau peut témoigner. « J’ai travaillé au fédéral comme haut fonctionnaire. Je me disais : si on avait mis un programme comme ça en oeuvre, ma tête y aurait passé. C’est incroyable, inacceptable : on ne peut pas donner un service comme ça », a-t-il pesté.

     

    Comme d’autres intervenants, il a déploré le manque de ressources locales pour aider les personnes touchées par les inondations. « Il y a 2200 sinistrés à Gatineau. Pourquoi est-ce qu’on n’a pas une équipe, ou deux équipes, ou trois équipes d’analystes à Gatineau ? Pas à Québec ; [des équipes] qui s’occupent des gens de Gatineau, qui travaillent avec les gens de Gatineau », a-t-il plaidé.

     

    En réponse à ses inquiétudes — et à celles des maires et préfets présents pour participer au bilan —, le ministre Coiteux s’est engagé à présenter un « plan d’action » qui sera déposé en janvier ou en février afin d’avoir une meilleure « coordination des mesures d’urgence » avant, pendant et après les inondations.













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