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    La montée en puissance de la CAQ inquiète les centrales syndicales

    14 décembre 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot

    Les chefs syndicaux s’inquiètent de voir la Coalition avenir Québec donnée favorite à moins de 10 mois des élections générales. Après trois ans et demi d'« austérité libérale », ils mettent en garde les électeurs contre le risque de voir l’État du Québec rapetisser encore plus entre 2018 et 2022.

     

    « Entre l’austérité libérale et les intentions à peine voilées de démantèlement caquiste de l’État, la population, comme les travailleuses et travailleurs, risque de trouver le temps long », a fait valoir la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, en conseil général mercredi.

     

    « Disons-le franchement, le vent qui souffle actuellement sur le Québec n’est pas très encourageant », a-t-elle laissé tomber devant des centaines de délégués rassemblés au Fairmont Le Château Frontenac.

     

    De son côté, le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a reproché au gouvernement libéral d’avoir abandonné, en douce, des missions clés de l’État — en éducation et en santé, notamment — sous le couvert d’un assainissement nécessaire des finances publiques.

    Le vent qui souffle actuellement sur le Québec n'est pas très encourageant
    Louise Chabot, présidente de la CSQ
     

    Québec a effectué des coupes budgétaires — totalisant plus de 4 milliards de dollars depuis le printemps 2014, selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) — au terme desquelles il a allégé le fardeau fiscal des Québécois.

     

    « C’est une arnaque incroyable ! C’est une spirale sans fin dans laquelle on est entraînés : tu coupes, tu as moins de services, tu as un remboursement d’impôts. Alors, tu développes le réflexe : je n’ai plus de services, mais je vais avoir plus d’argent dans mes poches pour… aller me les payer. Et, si je suis prêt à me les payer, je suis prêt à vivre avec la privatisation et la sous-traitance », a-t-il déclaré devant les participants du conseil confédéral de la CSN réunis à l’Hôtel Le Concorde mercredi.

     

    La table à une « nouvelle ère de compressions » ?

     

    Mme Chabot accuse également le gouvernement Couillard d’avoir « sem[é] les graines pour une nouvelle ère de compressions » en abaissant les impôts de près de 3 milliards de dollars — du « gaspillage », selon elle.

     

    « Dès le prochain ralentissement économique, le gouvernement fera à nouveau face à un manque d’argent et nous imposera à nouveau l’austérité pour répondre à ses obligations. Comme quoi la vision d’avenir des libéraux se résume à nous faire tourner en rond », a-t-elle lancé.

     

    À l’approche du rendez-vous électoral, Mme Chabot dit « croi[re] beaucoup aux contre-pouvoirs ». « La pression populaire, la pression syndicale, il faut continuer à la maintenir [face] au gouvernement qui dirige pour les mieux nantis et non pour le bien commun de la société. »

     

    Geste inusité : la CSQ entrevoit la possibilité de donner une consigne de vote à ses membres ou, à tout le moins, d’afficher son préjugé pour une formation politique ou une autre.

     

    « On a un débat cette semaine sur cette question-là », a précisé Mme Chabot au Devoir, après avoir rappelé que la CSQ « n’a pas la tradition d’appuyer des partis ».

     

    La CSN, elle, n’affichera pas ses couleurs. « On ne fait pas de politique partisane », a répété M. Létourneau mercredi. « Mais on va critiquer la réforme Barrette. On va critiquer la stratégie des finances publiques. On va souhaiter des réinvestissements. On va critiquer l’absence de politique industrielle et manufacturière pour le Québec. »

     

    Menace pour le mouvement syndical

     

    Par ailleurs, la « logique » de « gouvernance de l’État » préconisée par le PLQ et la CAQ est perçue comme une menace au mouvement syndical.

     

    « Si on n’est pas capable de casser ce modèle-là, on va tous se faire prendre un par un : les CPE, les psychologues, les professeurs de cégep, les travailleurs des secteurs privés, le monde des régions… On va tous se faire prendre un par un et on va tous se faire planter », a mis en garde M. Létourneau devant des délégués provenant des quatre coins du Québec.

     

    Enfin, le président de la CSN a insisté mercredi sur la nécessité de revoir ses façons de faire à un moment où la « pertinence du syndicalisme » est remise en cause par l'« individualisme » et le « chacun pour soi ».













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