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Jonquière - Les employés de Wal-Mart auraient été influencés par la « psychose régionale »

5 avril 2004  Québec
Saguenay — Si les travailleurs du Wal-Mart de Jonquière, à Saguenay, ont rejeté l'accréditation syndicale vendredi, ce n'est pas en raison de la peur de s'associer au syndicalisme, mais plutôt à cause de la «psychose régionale» et à cause de la menace de fermeture du commerce, selon un représentant régional de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

Directeur général de la FTQ de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-Marc Crevier ne s'est pas montré très surpris du refus des 145 employés de la succursale jonquiéroise de se joindre aux Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC). Selon lui, les pertes d'emplois massives dans la région au cours des derniers mois font planer l'incertitude.

Les 145 employés du commerce ont rejeté vendredi l'adhésion au syndicat. S'ils avaient voté en faveur de l'accréditation, ce Wal-Mart serait devenu le premier magasin syndiqué de ce géant en Amérique du Nord.

Vote serré

Le vote a été serré, selon la centrale, qui n'a toutefois pas divulgué les chiffres, mais la partie patronale a révélé samedi que 74 employés se sont opposés et 65 ont été en faveur.

Cela a surpris Jean-Marc Crevier. «Dans un premier temps, je n'arrive pas à comprendre comment la partie patronale peut dévoiler de tels chiffres, car elle n'était même pas sur place lors du dévoilement du vote.»

Il a précisé qu'il n'y avait alors que la partie syndicale et les représentants de la Commission des relations de travail.

«Si le syndicat ne veut pas dévoiler le résultat, c'est que nous ne voulons pas donner de nouvelles armes à la partie patronale et faire en sorte que des employés soient montrés du doigt», a justifié Jean-Marc Crevier.

Selon lui, les employés ne sont pas loin de se syndicaliser. «C'est le premier magasin à passer aussi près. Ça signifie que les gens ont cette volonté de se syndiquer.»

Il dit toutefois comprendre les travailleurs craintifs. «Il y a eu tellement de rumeurs qui ont circulé sur la fermeture du magasin.»

En outre, il a cité «la psychose régionale», avec la fermeture dans les derniers mois de la Coopérative forestière à Laterrière, de l'usine de Port-Alfred et des salles de cuves Soderberg d'Alcan. Quelque 1500 travailleurs ont été touchés directement.

«On va se dire "À la prochaine", car avec un vote aussi serré, il est possible de parvenir à la syndicalisation», a-t-il conclu.






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