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    Québec rouvre des bureaux d'immigration dans les régions

    6 décembre 2017 |Lisa-Marie Gervais | Québec
    Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et son ministre de l’Immigration, David Heurtel, ont annoncé la réouverture de bureaux régionaux du ministère de M. Heurtel.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et son ministre de l’Immigration, David Heurtel, ont annoncé la réouverture de bureaux régionaux du ministère de M. Heurtel.

    Le gouvernement libéral refait ses devoirs et prend le virage de la régionalisation de l’immigration. Après avoir fermé et rapatrié ses bureaux, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a annoncé le redéploiement de sa « présence physique » dans les régions, avec un nouveau rôle d’« agent économique ». « Ça n’a plus rien à voir avec l’ancien modèle qui était en région. On est là pour développer une économie », a indiqué le premier ministre Couillard lors d’un point de presse suivant la tenue du forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination.

     

    Le gouvernement promet également de bonifier l’aide financière aux entreprises, « souvent laissées à elles-mêmes » et qui font beaucoup pour former et franciser les immigrants. Les organismes locaux d’intégration seront également mieux soutenus, a-t-il insisté.

     

    Au coût de 15 millions, la totalité des mesures annoncées par le gouvernement vise une meilleure intégration économique des immigrants pour pallier la grave pénurie de main-d’oeuvre en région. « L’immigration, oui, c’est une expérience humaine très forte et très difficile, mais c’est avant tout un enjeu économique », a réitéré M. Couillard. Ces mesures seront détaillées au cours des prochains mois et mieux encadrées dans le prochain budget.

     

    Blâmé pour l’échec de son programme de francisation, le gouvernement améliore l’offre de cours avec l’ajout d’un 4e cours à temps complet. Il répond aux critiques de la vérificatrice générale en annonçant le suivi systématique des personnes immigrantes qui ne parlent pas le français mais ne suivent pas de cours et l’instauration d’un mécanisme de contrôle de qualité. « Une des réalités décrites aujourd’hui, c’est que, dans les éléments de l’intégration qui est faite par les entreprises, il y a la francisation. Donc on ajoute des mesures [de soutien] », a déclaré pour sa part le ministre de l’Immigration, David Heurtel.

     

    La grille de sélection des immigrants sera également revue pour y ajouter des points supplémentaires à ceux qui manifesteront un intérêt pour les régions. D’autres mesures, dont un programme pour entrepreneurs immigrants, complètent le tableau.

     

    Du « saupoudrage »

     

    C’est du « saupoudrage », croit la Confédération des syndicats nationaux (CSN). « On prend encore aujourd’hui l’axe économique et on fait fi de toutes les autres problématiques, comme le logement, le transport », a déclaré Véronique De Sève, 3e vice-présidente à la CSN. « Tout ce qu’on fait, c’est donner de l’argent aux entreprises. » Selon elle, il est ironique que le MIDI dise être enfin présent en région alors que les bureaux d’immigration avaient été fermés. Selon elle, ce que propose le MIDI était déjà fait par les CLD et les CEDEC.

     

    Le forum a réuni quelque 200 intervenants des milieux syndical, municipal, patronal et communautaire autour de trois thèmes : l’emploi, la lutte contre la discrimination, ainsi que la formation et la francisation. Une dizaine de conférenciers officiels, dont une infime partie étaient des représentants de la diversité, avaient été invités à parler des meilleures pratiques d’intégration.

    « Débat toxique » Le premier ministre Philippe Couillard ne s’oppose pas à la tenue d’une consultation publique lancée mardi par des organisations de la société civile pour aborder les enjeux du racisme et de la discrimination, mais, selon lui, « travailler » est ce que veulent d’abord les immigrants. Il a qualifié de « débat toxique » celui engendré par la consultation sur le racisme et la discrimination systémique, laquelle a été recadrée autour de l’intégration économique des immigrants. Le racisme a pourtant été « l’éléphant dans la pièce » du forum, selon plusieurs intervenants du milieu de l’immigration qui auraient souhaité qu’on aborde le sujet.












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