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    Éditorial

    Une liaison tout électrique entre Montréal et Québec s’impose

    Robert Dutrisac
    2 décembre 2017 |Robert Dutrisac | Québec | Éditoriaux

    Dimanche dernier, lors de son discours de clôture du congrès du Parti libéral, Philippe Couillard a sorti de son chapeau l’idée d’une liaison rapide Montréal-Québec, « moderne, durable, futuriste ».

     

    La veille, Jean Charest avait fait un tabac devant les militants libéraux, et on soupçonne que l’entourage du premier ministre a voulu, avec cet appel de projets impromptu, faire diversion pour que les médias parlent d’autre chose que du succès d’estime de l’ancien chef libéral et de sa proximité avec son successeur, qui avait pourtant tout fait pour prendre ses distances.

     

    Cette sortie de Philippe Couillard a toutefois provoqué des dommages collatéraux pour les libéraux en Mauricie, où on compte sur le projet de train à grande fréquence (TGF) Québec-Windsor de VIA Rail, un train conventionnel qui passerait par la rive nord du Saint-Laurent et desservirait Trois-Rivières, un projet évalué à 3 milliards pour le tronçon québécois. Le premier ministre a dû rassurer le maire Yves Lévesque en accordant son soutien au TGF si, et seulement si, Ottawa décide d’aller de l’avant.

     

    Car Philippe Couillard ne croit guère au TGF, un projet « de l’ancien siècle », a-t-il dit à l’Assemblée nationale. La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, qui se présentera devant les électeurs en 2018, n’en veut pas et réclame plutôt d’Ottawa du financement pour un TGV reliant Toronto et Windsor. « Est-ce qu’on accepterait […] que la technologie déployée au Québec soit de niveau inférieur à celle déployée en Ontario ? » a lancé le premier ministre à François Legault en Chambre.

     

    Ainsi, il propose que les Québécois deviennent des leaders dans la mobilité durable avec une technologie phare, exportable. On parle donc d’un monorail à haute vitesse, doté de moteurs-roues de conception québécoise, trois fois moins cher — sur papier — que le TGV. Le gouvernement Marois avait montré de l’intérêt pour ce projet, mais la stratégie d’électrification des transports du gouvernement libéral n’en fait nullement mention. Le hic, c’est qu’il faut dépenser 250 millions pour un banc d’essai avant de savoir si ça fonctionne ; le risque technologique est important.

     

    L’illumination de Philippe Couillard apparaît inspirée par des visées bassement électoralistes. Et contradictoires : il promet d’élargir des autoroutes à Québec et de continuer de favoriser la voiture individuelle. Un tel opportunisme est regrettable, car il est grand temps que le Québec travaille sérieusement à se doter d’une liaison rapide tout électrique Montréal-Québec, que ce soit un TGV ou un monorail.













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