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    Rien ne va pour Lisée et le PQ, selon un sondage

    La perspective d’un gouvernement caquiste majoritaire est réelle

    2 décembre 2017 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
    Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

    Un nouveau sondage Léger-Le Devoir montre que la Coalition avenir Québec trône en tête des intentions de vote, qui récolterait 36% d'appuis. Les libéraux suivent avec 32% et les péquistes reculent à 19%. Explications.


    Le « chemin des victoires » évoqué par Jean-François Lisée à son arrivée à la tête du Parti québécois (PQ) serait-il un cul-de-sac ? Chose certaine, un nouveau sondage Léger-Le Devoir confirme la montée en puissance de la Coalition avenir Québec (CAQ)… et révèle que rien ne va pour M. Lisée.

     

    Pour un deuxième sondage de suite, la CAQ trône en tête des intentions de vote, cette fois avec 36 % d’appuis — en hausse de deux points. « Avec 43 % d’appuis chez les francophones, ça voudrait dire un gouvernement clairement majoritaire », estime Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage.

     

    Les libéraux suivent avec 32 %, une augmentation de trois points qui ramène la formation de Philippe Couillard à son plancher habituel.

     

    La perspective d’une victoire caquiste devient plus concrète. Le tiers des répondants ont dit croire que c’est la CAQ qui va remporter les élections d’octobre 2018, alors que 30 % pensent que les libéraux garderont le pouvoir. Le PQ ? À peine 6 % des gens y croient, et seulement un sympathisant péquiste sur quatre.

     

    C’est qu’avec 19 % d’appuis dans les intentions de vote, le PQ perd un point par rapport à novembre et se retrouve dans le même creux historique qu’en mai 2014.

     

    À l’époque, la situation pouvait s’expliquer par l’absence d’un chef à la tête du parti (Pauline Marois venait de démissionner) et par le ressac de la défaite électorale toute fraîche. À dix mois des prochaines élections, le portrait est autrement préoccupant pour le PQ.

     

    Lisée ne lève pas

     

    Plébiscité par 92,8 % des militants péquistes lors du congrès de septembre, Jean-François Lisée n’arrive pas à fédérer au-delà : à peine 9 % des répondants estiment qu’il ferait le meilleur premier ministre. Il est ainsi à égalité statistique avec… Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, les co-porte-parole de Québec solidaire. Cette formation obtient 11 % dans les intentions de vote.

     

    M. Lisée a perdu trois points en un mois au marqueur de confiance que représente la question sur le meilleur premier ministre. Seulement 49 % des sympathisants péquistes l’ont choisi dans cette catégorie. C’est encore François Legault qui domine, avec 29 % d’appuis (en hausse de deux points), alors que Philippe Couillard se maintient à 17 %.

     

    « On voit que l’électorat de Jean-François Lisée diminue, et ensuite que son impact est moindre même dans son électorat », note Jean-Marc Léger.

     

    Pour le PQ, les mauvaises nouvelles s’empilent : sa clientèle cible, les francophones, est largement tournée vers la CAQ (23 % des francophones voteraient PQ). Le parti est troisième dans la région de Montréal, dix-sept points derrière les libéraux et six points derrière les caquistes. Il est à 28 points de la CAQ dans la région de Québec (les libéraux sont au même niveau), et 30 points derrière les troupes de François Legault dans le reste du Québec.

     

    Lorsqu’on demande aux répondants quelle formation représente le plus le changement, le PQ arrive quatrième (9 %), un point derrière les libéraux, dont on ne cesse de rappeler qu’ils sont au pouvoir depuis 14 ans (sauf pour les 18 mois du règne de Pauline Marois). À ce jeu du changement, la CAQ s’impose nettement (30 %), devant les solidaires (18 %).

     

    Vases communicants

     

    En reculant d’un an pour mieux comparer l’évolution des appuis des uns et des autres, on remarque aussi que le PQ a perdu 11 points dans les intentions de vote, alors que la CAQ en a gagné 10 (sondage du 17 décembre 2016). Les libéraux sont sensiblement au même niveau.

     

    C’est le premier révélateur que les appuis du PQ se sont effrités au profit de la CAQ. Dans le vote francophone, le PQ a perdu 13 points par rapport à décembre 2016, alors que la CAQ en a justement gagné 13. Au test du meilleur premier ministre, Jean-François Lisée a perdu 11 points, alors que François Legault en a gagné 9. Partout, les vases communiquent.

     

    « Le PQ perd des points depuis l’arrivée de M. Lisée [élu en octobre 2016], rappelle Jean-Marc Léger. Avec sa promesse de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat, il a fait que les souverainistes ne se sentent plus obligés de voter PQ. Et il n’a pas réussi à développer un autre projet. »

     

    Pour la CAQ, ce sondage est à l’inverse tout bon. La formation arrive donc en tête dans les intentions de vote et dans le vote francophone — première partout sauf à Montréal. Elle enregistre son meilleur score dans un sondage Léger depuis décembre 2011 (à la naissance du parti). Elle s’impose comme parti qui représente le plus le changement. Et quatre répondants sur dix croient que « l’équipe de la CAQ est prête à gouverner le Québec ».

     

    « Le danger pour la CAQ, c’est l’effet de plateau — monter trop haut trop vite, estime M. Léger. Mais l’avantage, c’est que ça facilite le recrutement de candidats et de bénévoles. »

     

    Le sondage a été mené en ligne auprès de 1010 Québécois entre le 27 et le 30 novembre. Un échantillon probabiliste (sondage mené par téléphone) de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 points dans 19 cas sur 20.

    Les intentions de vote Pour quel parti voteriez-vous ?
     
    Parti décembre 2017 octobre 2017
    CAQ 36% 34%
    PLQ 32% 29%
    PQ 19% 20%
    QS 11% 12%

    Qui ferait le meilleur premier ministre ?
     
      décembre 2017 octobre 2017
    F.Legault 29% 27%
    P. Couillard 17% 17%
    J.-F. Lisée 9% 12%
    Massé-Dubois 8% 7%

    Bons et mauvais coups du PLQ Où le gouvernement Couillard a-t-il le mieux performé depuis trois ans et demi ? Un deuxième volet du même sondage montre que c’est la gestion des finances publiques et l’atteinte d’un surplus budgétaire qui sont considérées comme le meilleur coup des libéraux par 22 % des répondants. Un répondant sur dix estime que c’est plutôt d’avoir favorisé la création d’emplois (9 %), ou d’avoir travaillé à l’amélioration du système de santé (9 %).

    Et où le gouvernement Couillard a-t-il le moins brillé durant la même période ? La lutte contre la corruption arrive en tête (20 %), devant l’amélioration (ou le manque d’amélioration) du système de santé (17 %), la réduction des impôts et des taxes (11 %) et l’amélioration du système d’éducation (11 %).












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