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Télé-Québec n'est pas à vendre

Le mandat de la télévision nationale sera toutefois réexaminé

3 avril 2004  Québec
Québec — Le gouvernement libéral de Jean Charest entend conserver le permis d'exploitation de Télé-Québec, a laissé entendre la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, hier.

«Il y a de grandes vertus à avoir une licence et, comme on veut mettre en place un gouvernement en ligne, on s'est rendu compte de la chance de détenir cette licence et de pouvoir utiliser Télé-Québec pour un gouvernement en ligne», a déclaré la ministre Jérôme-Forget.

En conservant le permis d'exploitation, le gouvernement ne privatiserait donc pas Télé-Québec, comme plusieurs le craignent.

«La privatisation, j'en entends parler comme vous, mais ça n'a jamais été évoqué au niveau de la "réingénierie"», a dit la ministre.

Mais toute la mission de Télé-Québec sera revue, a expliqué Mme Jérôme-Forget à l'issue d'un débat à l'Assemblée nationale sur le plan de «réingénierie» de l'État que mène le gouvernement Charest.

La ministre a rappelé que Télé-Québec est propriétaire de sa licence, un permis obtenu du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), et que cette licence est accordée de fait au gouvernement du Québec.

«On ne laisse pas tomber une licence comme ça. Vous savez combien ça vaut, une licence? Cela vaut très cher!», a-t-elle dit.

Quant à la révision de la mission de Télé-Québec, la présidente du Conseil du trésor a apporté les précisions suivantes.

La ministre de la Culture, Line Beauchamp, a demandé à la présidente de Télé-Québec, la journaliste Paule Beaugrand-Champagne, de réexaminer les activités de l'organisme, notamment ses émissions éducatives et informatives.

«Quand on est une société d'État, on doit périodiquement se poser la question [de savoir] si on remplit bien son rôle. On me dit que Télé-Québec gère un stationnement. Est-ce là sa mission? On peut s'interroger», a poursuivi la ministre.

Elle a également assuré que l'avenir de Télé-Québec fera l'objet d'un débat. «C'est un dossier qui va se prolonger sur beaucoup plus qu'une année. On va avoir un débat sur Télé-Québec», a-t-elle conclu.

Quant à l'opposition péquiste, sa position au sujet de Télé-Québec n'est pas encore fixée.

«Mon collègue, le leader parlementaire de l'opposition [André Boisclair], fera connaître la position de notre parti. Je veux lui laisser la primeur de cette réaction», a déclaré le député péquiste de Richelieu, Sylvain Simard, alors qu'il était interrogé à ce sujet.

Notons que cette année, Télé-Québec a vu son budget reconduit pour un an dans les crédits du gouvernement déposés à l'Assemblée nationale mardi. Télé-Québec reçoit 57,6 millions, soit cinq millions de moins que l'an dernier.
 
 
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