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    Les anglophones, des électeurs convoités

    27 novembre 2017 | Marco Bélair-Cirino Respectivement à Sherbrooke et à Québec | Québec
    Le congrès du Parti libéral du Québec a été marqué par la présence, samedi, de l’ancien premier ministre Jean Charest. Celui-ci a rendu hommage à son successeur, Philippe Couillard, lors des célébrations soulignant les 150 ans d’existence du parti.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le congrès du Parti libéral du Québec a été marqué par la présence, samedi, de l’ancien premier ministre Jean Charest. Celui-ci a rendu hommage à son successeur, Philippe Couillard, lors des célébrations soulignant les 150 ans d’existence du parti.

    Les libéraux et les caquistes se disputent les électeurs anglophones, qui semblent prêts à déroger à leurs habitudes électorales après l’abandon par les péquistes de la menace de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec entre 2018 et 2022.

     

    Cela dit, le chef de la CAQ, François Legault, n’est pas prêt à tout pour faire le plein d’appuis au sein de la communauté anglophone. D’ailleurs, la « clause d’impact » obligeant le gouvernement québécois à mesurer les répercussions « de tout nouveau projet de loi ou règlement » sur les citoyens d’expression anglaise — qui a été adoptée par les membres du Parti libéral du Québec samedi — ne survivra pas à l’élection d’un gouvernement caquiste. « Pour l’instant, je ne vois pas l’utilité », a déclaré M. Legault à l’occasion d’une conférence de presse dimanche. « On a déjà trop de bureaucratie au Québec », a-t-il ajouté.

     

    En revanche, l’aspirant premier ministre promet de garder intact le Secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise, mais seulement si celui-ci s’avère « vraiment utile ». « Je veux voir ce que ça va donner. Si ça donne de bons résultats, si c’est vraiment utile, puis que ce n’est pas seulement de la bureaucratie additionnelle, je n’ai pas de problème à le garder », a dit M. Legault au cours du week-end.

     

    À Québec, la nouvelle ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil, a mis en avant la nécessité d’accroître le sentiment d’appartenance des Québécois anglophones et allophones à l’égard du Québec. « On veut que tout le monde se sente québécois à part entière. Que ce soient des gens qui viennent d’ailleurs ou des anglophones ; il faut travailler ce sentiment d’appartenance », a-t-elle déclaré.

     

    D’ailleurs, l’ex-premier ministre Jean Charest a félicité son successeur, Philippe Couillard, d’avoir donné son feu vert à la création du Secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise, et ce, trois ans et demi après s’être vu confier les commandes de l’État. « J’ai un seul regret, Philippe : j’aurais dû y penser. J’aurais dû le faire », a-t-il déclaré devant les militants libéraux réunis au Centre des congrès de Québec samedi soir pour célébrer le 150e anniversaire de leur formation politique.

     

    L'« épouvantail » référendaire au placard

     

    M. Legault a appelé les électeurs d’expression anglaise à « enfin » appuyer le 1er octobre 2018 un parti politique qui partage leur « vision » du Québec. « Si vous êtes fatigués d’être tenus pour acquis, la CAQ est maintenant une solution de rechange claire pour vous », a-t-il déclaré en anglais durant le discours de clôture du conseil général de la CAQ dimanche. L'« épouvantail » du référendum sur la séparation du Québec est « enfin disparu », a-t-il martelé tout sourire.

     

    En 2014, le saut en politique de Pierre Karl Péladeau — le poing levé pour « faire du Québec un pays » — avait bousillé le plan de campagne de M. Legault. Pris de panique, plus d’un fédéraliste était accouru dans les bras du PLQ après avoir sérieusement envisagé de voter pour la CAQ.

     

    Le chef libéral Philippe Couillard a convenu qu’il ne multipliera pas les sorties médiatiques sur les périls associés au projet indépendantiste afin de se faire réélire. « C’est raisonnable de penser ça [qu’on ne fera pas une campagne sur un éventuel référendum]. D’ailleurs, je ne vois pas un appétit dans la population pour cet enjeu-là. […] On aura une campagne, je dirais, nouvelle », a-t-il expliqué en conférence de presse.

     

    Le PLQ recueille 60 % des intentions de vote des non-francophones, contrairement à 17 % pour la Coalition avenir Québec, 7 % pour Québec solidaire et 4 % pour le Parti québécois, selon un sondage effectué par Léger il y a moins d’un mois.

     

    Chiffres en main, l’état-major de la CAQ ne fonde pas d’espoir, à ce moment-ci, sur une percée dans le « West Island », à Montréal. Cependant, il mise gros sur un affaissement du vote libéral anglophone dans des circonscriptions en région abritant une proportion importante de locuteurs anglophones – Brome-Missisquoi, en Estrie, par exemple.

     

    Effritement du vote francophone

     

    Par ailleurs, les militants du PLQ ne font pas grand cas de l’effritement du vote francophone à l’égard de leur parti : ils ont adopté samedi une série de propositions visant à « prendre davantage en compte » la réalité des anglophones, mais n’ont pas abordé, en revanche, les enjeux linguistiques propres aux francophones.

     

    Les plus récents sondages sur les intentions de vote des Québécois font état d’une diminution du vote libéral chez les francophones. Des coups de sonde effectués aux mois de mai, d’août et d’octobre donnent respectivement 25 %, 22 % et 21 % du vote francophone au PLQ. En contrepartie, la CAQ récolte 35 %, 33 % et 34 % des intentions de vote des Québécois francophones.













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