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    Philippe Couillard rêve, la CAQ s’indigne

    27 novembre 2017 | Marie-Michèle Sioui à Québec | Québec
    Premiers ministres ancien et actuel ont affiché une franche complicité, samedi soir, lors du congrès du Parti libéral, à Québec.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Premiers ministres ancien et actuel ont affiché une franche complicité, samedi soir, lors du congrès du Parti libéral, à Québec.

    Une journée après avoir célébré le 150e anniversaire du Parti libéral du Québec (PLQ) en présence de Jean Charest, le premier ministre Philippe Couillard a posé son regard loin vers le futur dimanche, en annonçant un projet inattendu de liaison rapide Québec-Montréal qui ne doit pas voir le jour avant 2026.

     

    Le chef libéral a conclu le 33e Congrès du PLQ en lançant un « appel à l’imagination des Québécois » pour qu’ils commencent à rêver à ce « projet phare pour le nouveau Québec ».

     

    Ce ne sera pas un train, ce sera peut-être un monorail : le projet émanera d’une « idée » lancée par la population et profitera d’un budget que le chef libéral se gardera de définir avant d’obtenir un nouveau mandat, en 2018.

     

    Devant les médias, le premier ministre s’est défendu de demander « carte blanche » aux électeurs. Il a néanmoins évoqué un « appel de projets » qui serait mis sur pied dans un prochain mandat libéral, puis une mise en branle du projet dans un autre mandat libéral éventuel, qui s’étendrait de 2022 à 2026.

     

    « Ce n’est pas vrai qu’on va faire face au problème de congestion juste en déroulant plus d’asphalte », a déclaré le premier ministre. « Mais ce n’est pas vrai qu’on abandonne les routes, qu’on abandonne les autos », a-t-il précisé ensuite.

     

    Son appel à l’imagination ne s’est cependant pas rendu jusqu’à Sherbrooke. De là, où elle était réunie en conseil général, la Coalition avenir Québec (CAQ) a préféré insister sur un autre moment fort de la rencontre libérale : le discours prononcé samedi soir par l’ex-premier ministre Jean Charest.

     

    « Je ne pense pas qu’on va avoir besoin de Jean Charest pour réchauffer la salle », a ainsi lancé François Legault aux 600 militants caquistes rassemblés dans l’ex-fief de Jean Charest dimanche matin. L’allocution de M. Charest, « personnellement », ne l’a « pas fait particulièrement rire », a-t-il dit à la presse.

     

    Son équipe a elle aussi fait grand cas des plaisanteries de Jean Charest, qui a badiné au sujet de l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), sur le financement du PLQ et l’octroi de contrats publics. « J’apprends ce que je fais dans les journaux, en les lisant », a lancé l’ex-premier ministre libéral samedi soir, en provoquant l’hilarité de la salle. Ce faisant, il a jeté le doute sur les informations qui se trouveraient entre les mains des enquêteurs de l’UPAC avant d’être divulguées à des journalistes.

     

    « [En] riant de l’UPAC », M. Charest a attaqué les institutions québécoises, a déploré le député de Borduas, Simon Jolin-Barrette. « Moi, ça ne me fait pas du tout rire et ça ne fait pas du tout rire les Québécois. »

     

    La CAQ a aussi remarqué la familiarité affichée de Philippe Couillard et de son prédécesseur, dont il tente pourtant de se distancier chaque fois qu’une affaire concernant l’« époque Charest » fait les manchettes. « Ça fait 15 ans que les libéraux sont là. On a eu la preuve en fin de semaine que le gouvernement Charest et le gouvernement Couillard, c’est la même chose », a déclaré François Legault.

     

    Les libéraux heureux

     

    Les membres du caucus libéral ont quant à eux martelé qu’ils étaient tout à fait à l’aise, et même heureux, de retrouver leur ancien chef. « Moi, j’étais content de voir qu’il appuyait Philippe Couillard », a déclaré le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. « Les gens étaient très, très, très heureux. Je pense que c’est un des meilleurs congrès qu’on a eus depuis fort longtemps », a ajouté le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand.

     

    Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, s’est dit « convaincu » que Jean Charest traverse une période « extrêmement difficile ». « Connaissez-vous une autre personne qui fait l’objet d’une enquête policière qui fait l’objet d’autant de fuites que celle-là ? », a-t-il demandé. « Lorsqu’il évoque la présomption d’innocence, moi-même je suis juriste, je suis 100 % derrière lui. »

     

    Le premier ministre a quant à lui dit espérer que les gens retiendront surtout la grandeur des « accomplissements » de Jean Charest, notamment le Plan Nord et la mise sur pied d’un premier Conseil des ministres paritaire au Québec.













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