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    Jean Charest galvanise les libéraux… et écorche les médias

    25 novembre 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    L’ex-premier ministre libéral Jean Charest
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’ex-premier ministre libéral Jean Charest

    L’ex-premier ministre libéral Jean Charest a été accueilli en vedette samedi soir au congrès du Parti libéral du Québec, où il a livré une allocution humoristique truffée d’attaques contre la Coalition avenir Québec (CAQ) et les médias.
     

    « Je suis revenu parmi vous ce soir pour vous annoncer mon retour… », a-t-il commencé, avant que la foule ne l’enterre d’applaudissements. « Pour ce soir, pour une soirée », a-t-il ajouté, le sourire en coin.

    Le ton était donné ; la foule était conquise. Même l’enquête policière dont l’ex-chef libéral fait l’objet a été tournée à la blague. « Je sais que vous aussi, vous suivez mes activités, qui sont rapportées de temps en temps dans les journaux », a-t-il lancé aux militants libéraux dans la salle. « Moi aussi, j’apprends ce que je fais dans les journaux, en les lisant », a-t-il ajouté, avant d’éclater de rire.
     

    Jean Charest a alimenté divers reportages au cours des derniers mois, notamment parce qu’il est visé par l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui s’intéresse à l’octroi de contrats publics et au financement politique.
     

    Divulgation et présomption d’innocence
     

    Dans un court point de presse, l’ex-chef libéral a pris un ton plus sérieux. « On a eu une espèce de spirale d’informations “coulées” à mon sujet et, à mon avis, on doit se poser des questions sur la façon dont on traite les gens dans notre société sur ces questions-là », a-t-il affirmé.
     

    « Il faut faire des choses dans notre société en respectant la vie des gens, [dont] la mienne », a-t-il plaidé. « En respectant les règles, aussi, parce que ce n’est pas en “coulant” en série, aux journaux, des informations, en les montant en épingle dans certains cas — c’est vraiment monté [sic] à l’hélium, on présente des affaires comme si c’était très grave… », a-t-il ajouté, sans terminer sa phrase.
     

    L’ex-premier ministre a rappelé que « tout le monde », au Québec, jouit de la présomption d’innocence. Il a refusé de répondre à une question sur les liens qu’il entretient avec l’ex-argentier du PLQ Marc Bibeau, aussi visé par une enquête de l’UPAC. « Vous voyez, c’est un exemple d’informations qui sont rendues publiques, qui n’ont aucune espèce de contexte… C’est rendu public, on présente ça comme si c’était quelque chose de grave », a-t-il répliqué. Il a ensuite promis de s’expliquer « en temps et lieu ».
     

    Jean Charest a également souligné qu’à son avis, « l’UPAC subit une pression extrêmement forte ». « Et honnêtement, les médias imposent une pression constante et très forte [à l’UPAC] », a-t-il dit.
     

    Des attaques ciblant la CAQ
     

    L’allocution de Jean Charest était la première que prononçait l’ex-premier ministre du Québec devant des militants libéraux depuis 2013. « Vous êtes extraordinaires », leur a-t-il lancé, en évoquant la « grosse bataille » qui les attend « dans la prochaine année », à l’approche de l’élection.
     

    Après avoir dit s’inquiéter de « cette tendance au populisme, cette tendance aux excès de rhétorique et de ressentiment », l’ex-chef libéral s’en est pris à la CAQ, première dans les sondages des derniers mois. « Ils veulent dans la prochaine année augmenter le stress », a-t-il dit, dans une référence à une intention annoncée de la CAQ de mettre de la pression sur le gouvernement en place. « Les Québécois n’ont pas besoin de nous pour déprimer, ils n’ont pas besoin de la CAQ pour être stressés. Ils sont capables de faire ça tous seuls, avec l’aide des médias québécois », a-t-il déclaré.
     

    À « la division, le ressentiment, le dénigrement, la démagogie » qu’offre selon lui la CAQ, il a opposé la capacité du PLQ à « préparer l’avenir », à « voir l’avenir » et à « s’adapter aux changements que nous vivons au Québec ».
     

    Ce même thème — celui de l’avenir — a été repris par le premier ministre, Philippe Couillard. « Chez nous, la mémoire éclaire le chemin de l’avenir », a-t-il dit au cours de son allocution, devant les militants réunis pour célébrer les 150 ans du PLQ.
     

    Mais le chef libéral ne s’est pas empêché de jeter un regard vers le passé pour autant. « On a devant nous quelqu’un qui a fait beaucoup pour le Québec », a-t-il souligné, en vantant une fois de plus le bilan de son prédécesseur, qu’il a appelé amicalement appelé « Jean ».













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