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    Les experts apportent de l’eau au moulin de l’opposition à Québec

    14 novembre 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    «Le Devoir» a donné la parole lundi à des chercheurs qui ont ainsi établi qu’il est impossible de détecter le niveau d’intoxication au cannabis en analysant uniquement la salive, le sang ou l’urine d’un individu.
    Photo: iStock «Le Devoir» a donné la parole lundi à des chercheurs qui ont ainsi établi qu’il est impossible de détecter le niveau d’intoxication au cannabis en analysant uniquement la salive, le sang ou l’urine d’un individu.

    L’avis d’experts sur la détection du cannabis chez les automobilistes nourrit les critiques des partis d’opposition à Québec, qui dénoncent tantôt l’empressement du fédéral, tantôt l’intention du gouvernement Couillard d’imposer la tolérance zéro aux amateurs de marijuana qui prendront le volant.

     

    Le Devoir a donné la parole lundi à des chercheurs qui ont ainsi établi qu’il est impossible de détecter le niveau d’intoxication au cannabis en analysant uniquement la salive, le sang ou l’urine d’un individu. Ils ont aussi remarqué que la présence de THC — l’ingrédient actif le plus important du cannabis — dans la salive n’équivaut pas nécessairement à la sensation d’effets psychotropes.

     

    « Quand on dit que le fédéral n’était pas prêt, c’est la plus belle démonstration », a réagi le député péquiste Sylvain Pagé. « Ce qu’avancent ces experts est un autre élément qui milite pour un report de l’entrée en vigueur de la légalisation du cannabis en juillet 2018 », a aussi déclaré le caquiste Simon Jolin-Barrette.

     

    Pas de preuve

     

    À Québec solidaire, Amir Khadir a choisi de réserver ses commentaires à l’endroit des troupes de Justin Trudeau. « Il ne faut pas épuiser sa capacité de s’indigner », a-t-il suggéré.

     

    L’élu de Mercier, médecin de carrière, a plutôt proposé de s’en remettre à la science et aux dispositions actuelles du Code criminel.

     

    « Il faut s’en tenir à ce qui a été approuvé […], qui consiste à demander au policier de faire son test de sobriété normalisée », a-t-il suggéré, en évoquant ces vérifications qui consistent notamment à demander à un automobiliste de se tenir sur un pied, ou de marcher et de se retourner. Viendrait ensuite une intervention au cours de laquelle les policiers décideraient « s’il y a des méthodes plus intrusives » à appliquer, a-t-il ajouté.

     

    « Mais même un test [d’urine ou de sang, par exemple] peut ne pas tenir la route devant les tribunaux, puisque la défense peut dire : il n’y a pas de preuve établie par la science », a fait valoir Amir Khadir.

     

    Pour cela, il a suggéré qu’un « comité [consultatif] scientifique, formé par les meilleurs experts, poursuive l’évolution de nos connaissances là-dessus ».

     

    L’élu a rejeté l’approche de la « tolérance zéro » préconisée par les libéraux de Philippe Couillard.

     

    « C’est difficilement acceptable dans une société où, par ailleurs, on dit que les gens peuvent consommer la marijuana à usage récréatif et où l’on sait que la marijuana demeure dans le sang pendant des jours », a-t-il déclaré.

     

    Situations fâcheuses

     

    Sylvain Pagé, du Parti québécois, a suggéré une tout autre approche. « Dans le doute, qu’on s’abstienne : tolérance zéro », a-t-il résumé.

     

    À son avis, l’« empressement » du gouvernement fédéral créera des « situations fâcheuses », tant pour les policiers que pour les citoyens.

     

    « Étant donné que les données seront très peu probantes, il y a de fortes chances que les gens qui contesteront en Cour finissent par avoir gain de cause », a-t-il dit.

     

    L’élu péquiste a dit se fier aux entreprises qui ont déclaré, lors des consultations sur la marijuana, avoir besoin de « 12 à 18 mois » pour mettre sur pied des systèmes de détection fiables du THC.

     

    « Le fédéral aurait dû se donner quelques mois supplémentaires », a-t-il dit, dans une prise de position que la Coalition avenir Québec a partagée. « Le gouvernement libéral doit prendre le temps d’examiner toutes les options pour limiter au maximum la consommation de cannabis, en particulier chez les conducteurs », a exigé Simon Jolin-Barrette.













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