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    Élection-surprise d’un maire «apolitique» à Sherbrooke

    Le nouvel élu Steve Lussier croit qu’il a remporté la victoire en «revenant à la base»

    11 novembre 2017 |Isabelle Porter | Québec
    Le nouveau maire de Sherbrooke, Steve Lussier
    Photo: Page Facebook de Steve Lussier Le nouveau maire de Sherbrooke, Steve Lussier

    Les politiciens de carrière n’ont qu’à bien se tenir, selon le nouveau maire de Sherbrooke, Steve Lussier, qui voit dans sa victoire contre Bernard Sévigny le symptôme d’un profond appétit de changement.

     

    À l’extérieur de la région, la victoire de M. Lussier avec 43,5 % des votes a presque autant causé la surprise que celle de Valérie Plante contre Denis Coderre. Le maire Sévigny semblait pourtant bien solide…

     

    « Ce que j’ai remarqué, c’est une vague de changement », fait valoir le vainqueur en soulignant que les électeurs avaient beaucoup aimé qu’il ne soit pas associé à un parti politique ou à une idéologie en particulier.

     

    « Ce que les gens aiment de moi, c’est que je suis un peu apolitique. Je parle à tous les partis politiques, aux gens de partout. Et ça, c’est vraiment bien apprécié. »

     

    Il ajoute que les électeurs qu’il rencontrait lui demandaient souvent s’il était « indépendant », et que le contraire aurait été mal perçu. « Dans un parti, tu as une ligne de pensée. Tu vas rarement à l’encontre de ton chef. »

     

    Pas question de siéger à l’UMQ

     

    Âgé de 44 ans, M. Lussier est cadre pour la Banque Nationale depuis 20 ans, mais il aime aussi beaucoup évoquer son passé de jeune champion de BMX et de motocross.

     

    S’il a gagné le 5 novembre, c’est parce qu’il était « présent ». « Présent » par opposition à Bernard Sévigny, qui l’était de moins en moins depuis son élection à la présidence de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

     

    Steve Lussier prévient d’ailleurs qu’il ne siégera pas au conseil d’administration de l’UMQ et entend être un « maire à temps plein ». « On a des entreprises locales qui sont parties pour l’extérieur qui m’ont dit qu’elles n’avaient pas été sollicitées, pas eu de suivi de leur dossier. […] Moi, je veux être au courant de tout. »

     

    Le nouveau maire s’est en outre engagé à ne pas s’éterniser au pouvoir. « J’ai promis de faire deux mandats maximum. Il faut laisser la chance à d’autres personnes à un moment donné. » Il entend justement soumettre une proposition à l’UMQ pour imposer cette règle ailleurs.

     

    Son programme prônait de « revenir à la base » : « de la bonne eau, des bons systèmes d’égouts et évidemment les services que les citoyens s’attendent à avoir quand ils paient leurs taxes ».

     

    Reste à voir si cet appétit pour le changement se manifestera de nouveau dans un an. Depuis 40 ans, la circonscription de Sherbrooke a eu surtout tendance à suivre les grandes vagues et à se tenir près du pouvoir. On y votait pour le Parti québécois jusqu’en 1985, puis pour les libéraux jusqu’à l’élection de Jacques Parizeau en 1994.

     

    En 1998, Sherbrooke a renoué avec les libéraux en n’élisant nul autre que Jean Charest, et ce, jusqu’en 2012, lorsque le premier ministre a été battu dans sa circonscription comme ailleurs. Depuis 2014, Sherbrooke est représenté par l’actuel ministre de la Famille, Luc Fortin.













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