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    La prise de contrôle de la CSeries par Airbus fait réagir le monde politique

    17 octobre 2017 15h52 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec

    Le premier ministre Philippe Couillard doute de voir l’État québécois récupérer sa mise de 1,3 milliard de dollars dans le programme de la CSeries. Mais « les chances de le récupérer sont beaucoup plus élevées qu’elles ne l’étaient il y a quelques jours », a-t-il affirmé lors d’un impromptu de presse mardi midi. 

     

    L’abandon du programme de la CSeries par Bombardier au géant Airbus pour 0 $ constitue néanmoins une « nouvelle positive pour le Québec », car la menace pesant sur l’emploi des milliers de travailleurs de Bombardier ― au premier chef ceux à pied d’œuvre dans la chaîne de fabrication à Mirabel ― disparaît, à tout le moins jusqu’en 2041, a fait valoir M. Couillard devant la presse. « Pour une deuxième fois, le gouvernement, avec ses partenaires, est intervenu pour préserver ces emplois, cette fois pour une période encore plus longue », a déclaré le premier ministre du Québec aux journalistes.

     

    Voyez la réaction du premier ministre Philippe Couillard

     

     

    « C’est un geste qu’il fallait poser », a-t-il martelé, précisant du même souffle que la vente des appareils de la CSeries était « difficile » au fil des derniers mois. Selon lui, la multinationale Airbus ― qui a quelque 6700 avions sur son carnet de commandes ― trouvera assurément des débouchés aux avions conçus au Québec. « Notre fleuron, notre créativité, notre génie québécois vont voler partout dans le monde », a-t-il insisté.

     

    Une chaîne de montage uniquement pour les États-Unis?

     

    M. Couillard a minimisé l’importance de la nouvelle chaîne de montage qui sera mise sur pied par Airbus à Mobile, en Alabama, afin de mettre des appareils de la CSeries à l’abri de droits compensateurs par le gouvernement Trump. Des employés américains seront aussi chargés de fabriquer les appareils de la CSeries destinés aux compagnies aériennes américaines comme Delta. « Mais le gros du marché est à l’extérieur des États-Unis. En terme de nombre d’avions, on va probablement tripler, ou même plus, la capacité de production de la ligne de Mirabel », a prédit le chef du gouvernement.

     

    Le premier ministre a adouci le ton depuis son allocution devant les employés de Bombardier à Mirabel. « Chaque avion qui sort d’ici est un message à Boeing et à M. Trump », avait-il lancé fin septembre, tout en se disant « fier en “tabarnouche” » de la CSeries. Il dit aujourd’hui donner son feu vert à l’abandon de la CSeries à Airbus « avant tout [pour] protéger les emplois » ébranlés par le vent de protectionnisme en provenance des États-Unis. « C’est la nouvelle réalité américaine. Je dirais même que ça dépasse le parti [républicain] de M. Trump », a fait remarquer M. Couillard à la presse. 

     

    Le Québec inc. renonce à son rêve de voir Bombardier jouer dans les ligues majeures aux côtés d’Airbus et de Boeing. « On aurait rêvé que Bombardier devienne aussi gros que Boeing et Airbus, mais en pratique, ça ne pouvait pas se produire. C’était impossible », a-t-il concédé.

     

    Par ailleurs, le premier ministre a vite écarté la possibilité d’injecter « 1 milliard, 2 milliards » dans le programme de la CSeries puisque « ça n’aurait rien changé ».

     

    L’opposition s’indigne et dénonce

     

    De son côté, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a prié M. Couillard de cesser de « fanfaronner » moins de 24 heures après la conclusion du partenariat entre Bombardier et Airbus. M. Lisée s’indigne de voir « le fruit de plus de 10 ans de travail du génie québécois » donné à Airbus, un concurrent de Bombardier dont le siège social est basé à Amsterdam, « en échange de zéro euro, zéro dollar, zéro kopeck ».

     

    Voyez la réaction du chef péquiste Jean-François Lisée

     

     

    « Si Bombardier a signé cette entente-là, c’est parce qu’elle n’avait pas le choix, c’est parce que Bombardier était dans une situation d’une telle faiblesse qu’il fallait qu’elle trouve quelqu’un à qui donner la maison », a soutenu le chef péquiste, précisant que « cette faiblesse-là tire son origine » de l’injection de 1,3 milliard de dollars d’Investissement Québec (IQ) dans le programme de la CSeries plutôt que dans dans le consortium de Bombardier. 

     

    D’ailleurs, le chef caquiste François Legault demande à la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, d’évaluer la valeur marchande de ce placement effectué il y a près de deux ans. « M. Couillard a misé 1,3 milliard de notre argent sur cette Série C et malheureusement, il a perdu. Donc, c’est très surprenant aujourd’hui de voir qu’il se réjouit de la transaction. Si j’étais à la place de M. Couillard, là, je serais déçu en “tabarnouche” », a lancé M. Legault en conférence de presse.

     

    Voyez la réaction du chef caquiste François Legault

     

     

    « Le meilleur avion au monde, là, maintenant, malgré tout ce qu’on a investi pendant des années, de toutes sortes de manières, donc, les brevets, le savoir-faire, la technologie de pointe, Airbus vient de l’avaler sans casquer un seul sou. Est-ce qu’on doit s’en réjouir ? » a demandé le député solidaire Amir Khadir.













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