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    Philippe Couillard s’en prend aux médias

    Le premier ministre leur reproche de se nourrir de «drames humains»

    13 octobre 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Philippe Couillard a réagi jeudi aux propos de certains observateurs politiques selon lesquels il a refusé de montrer la porte du gouvernement à des élus de crainte de leur fendre le cœur.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philippe Couillard a réagi jeudi aux propos de certains observateurs politiques selon lesquels il a refusé de montrer la porte du gouvernement à des élus de crainte de leur fendre le cœur.

    Le premier ministre Philippe Couillard se défend d’avoir manqué d’audace en gardant des élus — qualifiés de « bois mort », de « cancres » par des commentateurs politiques— au sein du Conseil des ministres. Il a reproché aux médias de carburer aux « drames humains ».

     

    M. Couillard a appelé cinq nouveaux élus à siéger au Conseil des ministres lors d’un remaniement ministériel d’envergure mercredi. Il a aussi rétrogradé quelques ministres.

     

    Kathleen Weil s’est ainsi vu retirer les responsabilités de ministre de l’Immigration pour se voir confier celles de ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques. Lise Thériault a dû quant à elle céder son titre de vice-première ministre, en plus de ceux de ministre responsable des PME et de ministre responsable de la Condition féminine.Elle se charge désormais de la Protection des consommateurs et de l’Habitation.

     

    Le premier ministre a renvoyé une seule personne, Rita de Santis.

     

    « Qu’est-ce que vous voulez avoir, vous autres, les médias ? Vous voulez avoir une livre de chair, un peu de sang sur la table ? C’est ça qui vous intéresse ? Vous voulez avoir des drames humains ? C’est ça qui vous excite un peu ? Vous voulez avoir des beaux articles là-dessus ? » a demandé M. Couillard lors d’un impromptu de presse jeudi avant-midi.

     

    « J’ai des gens compétents autour de la table. Pourquoi auraient-ils quitté [le Conseil des ministres] ? Parce qu’ils sont compétents et plus expérimentés ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? » a-t-il poursuivi d’un ton courroucé.

     

    Construire le Québec

     

    Le chef du gouvernement réagissait aux propos de certains observateurs politiques selon lesquels il s’est refusé de montrer la porte du gouvernement à des élus de crainte de leur fendre le coeur.

     

    « Quand je lis ça, je souris en coin. Je ne suis pas sévère. C’est comme si l’index était : fais mal à quelqu’un, ça fait de bons articles. “Enlève un ministre. Si tu n’enlèves pas de ministre, ce n’est pas bon.” Qu’est-ce que c’est que cette histoire-là ! […] Si c’est un concours de démotion, je ne joue pas à ce jeu-là, moi ! » a-t-il lancé aux journalistes agglutinés autour de lui dans le hall de l’hôtel Le Concorde à Québec. « Moi, je joue à la construction. On est en train de construire le Québec. »

     

    Pour accélérer cette « construction » ou « transformation », M. Couillard dit avoir confié des « responsabilités majeures » à des jeunes élus libéraux, à commencer par le député de Pontiac, André Fortin, qui, à l’âge de 35 ans, a été catapulté à la tête du ministère des Transports.

     

    « Qu’on me cite des précédents ! Nommer un ministre de 35 ans à un des ministères les plus importants du gouvernement du Québec, qui n’a jamais eu de portefeuille avant », a-t-il fait remarquer.

     

    Il s’enorgueillit aussi d’avoir nommé Isabelle Melançon (43 ans) à la tête du ministère du Développement durable et Marie Montpetit (38 ans) à la tête de la Culture. M. Couillard dit avoir « joué d’audace ».

     

    D’ailleurs, il a mis au défi les journalistes de nommer ses prédécesseurs qui ont, au fil des trois dernières décennies, fait « autant de place » aux femmes et aux jeunes en leur octroyant des « portefeuilles importants ».

     

    Visées électoralistes ?

     

    Le chef du Parti libéral du Québec a réfuté les accusations selon lesquelles il a ouvert la porte du Conseil des ministres à des élus en danger — Marie Montpetit dans Crémazie ou encore Véronyque Tremblay dans Chauveau, par exemple — pour des visées essentiellement électoralistes.

     

    « Si on pousse cette logique-là plus loin, il faudrait que le gouvernement arrête de fonctionner deux ans avant l’élection parce que là il va se faire accuser d’être électoraliste. Soyons raisonnables là ! »

     

    Par ailleurs, le chef du gouvernement s’expliquait mal que les cinq priorités de son gouvernement pour la prochaine année — la réduction du fardeau fiscal, la qualité de vie des citoyens et des familles, l’innovation, la vitalité des régions et la jeunesse — n’aient pas retenu l’attention. « Je les ai nommées plusieurs fois. Relisez le discours », a-t-il indiqué à un courriériste parlementaire.

     

    Enfin, M. Couillard a invité les membres de la presse à « porter plus attention » aux effets des décisions prises par son gouvernement. Grâce au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui est la cible principale des partis d’opposition, pas moins de 900 000 Québécois de plus ont un médecin de famille comparativement à 2014, a-t-il soutenu.


    Un ministre pour les anglophones Le premier ministre a nommé mercredi un ministre responsable des Relations avec les Québécois de langue anglaise. Il a avoué jeudi avoir eu tort en balayant du revers de la main cette « mauvaise idée » il y a près de quatre ans. « Oui, j’ai dit ça. Je me suis trompé. Je me suis trompé », a-t-il dit sans détour jeudi. M. Couillard dit avoir été convaincu par des membres de la communauté anglophone, qui lui ont exprimé leur « impression de ne pas avoir accès aux services publics comme […] ils devraient l’avoir ». Un Secrétariat aux relations avec les Québécois de langue anglaise sera aussi mis sur pied afin de « concentrer un peu entre la communauté et les ministères », a-t-il fait remarquer. « Il a changé d’avis. C’est un pas en avant », s’est réjouie la présidente de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, Jennifer Maccarone. « Nous savons que le vote anglophone est quelque chose d’important pour les libéraux.[…]Si c’est bon pour eux et que c’est aussi bon pour nous, nous ne voyons pas un problème avec ça. »












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