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    Le nombre de victimes de la réforme Barrette bondit

    La protectrice du citoyen note une diminution des soins et services aux plus vulnérables

    29 septembre 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    La durée moyenne d’une intervention auprès des personnes recevant des services à domicile a fondu de 7,4% en six ans pour s’établir à 44 minutes en 2015-2016.
    Photo: Dean Mitchell Getty Images La durée moyenne d’une intervention auprès des personnes recevant des services à domicile a fondu de 7,4% en six ans pour s’établir à 44 minutes en 2015-2016.

    Les « problèmes de déploiement » de la réforme lancée par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, au printemps 2015, demeurent nombreux, s’inquiète la protectrice du citoyen, Marie Rinfret. Les victimes aussi.

     

    Le nombre de plaintes traitées par son équipe en matière de santé et de services sociaux a bondi de 30 % en 2016-2017, et ce, comparativement à la moyenne des trois années précédentes.

     

    Une dame âgée contrainte d’accepter une chambre dans un CHSLD situé à deux heures de route de son milieu d’origine ; une autre vivant en CHSLD depuis 13 ans forcée de déménager ; une personne atteinte de sclérose en plaques se voyant retirer l’aide à domicile pour ses soins d’hygiène ; un homme handicapé se voyant couper 12 heures de services par semaine… « [Il s’agit] d’une situation préoccupante qui appelle des [améliorations] », a insisté Mme Rinfret lors de son passage à l’Assemblée nationale jeudi.

     

    La nouvelle protectrice du citoyen a constaté une diminution de l’offre de services de soutien à domicile dans l’ensemble du Québec dans la foulée de l’exercice « abolition-fusion-intégration » du réseau de la santé et des services sociaux. À peine 8,6 % des personnes âgées en perte d’autonomie de 65 ans et plus reçoivent des services de soutien à domicile, alors que la proportion des personnes nécessitant de tels services se situe plutôt de 15 à 18 %, selon elle.

     

    D’autre part, la durée moyenne d’une intervention auprès des personnes recevant des services à domicile a fondu de 7,4 % en six ans pour s’établir à 44 minutes en 2015-2016. « Cette situation s’explique notamment par l’apparition de nouvelles balises limitant le temps consacré à chacune des activités offertes. Il peut s’agir, par exemple, de réduire le temps alloué pour donner un bain à une personne en perte d’autonomie ou pour préparer ses repas », peut-on lire dans son rapport.

     

    Mme Rinfret s’inquiète de voir le réseau de la santé « exige[r] une implication sans cesse accrue des aidants naturels, parfois au détriment du respect de la dignité et de l’intimité de la personne aidée ».

     

    Promesses fermes

     

    Elle presse le ministère de la Santé de définir clairement les moyens qui lui permettront d’atteindre les cibles inscrites dans son propre Plan stratégique 2015-2020.

     

    À un an du scrutin, Mme Rinfret appelle à demi-mot les acteurs politiques à cesser de faire des promesses irréalistes. « Définissons l’offre de services qu’on peut offrir selon nos moyens et en fonction des besoins des personnes en établissant leurs priorités. Mais cessons de leurrer les gens », a-t-elle lancé en conférence de presse.

     

    La protectrice du citoyen a également montré du doigt jeudi les « difficultés d’accès à une place » dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). « Alors que le vieillissement de la population québécoise est une réalité connue et documentée depuis longtemps, on constate un manque criant de places d’hébergement en centres d’hébergement de soins de longue durée. Par effet de domino, les ressources intermédiaires sont surutilisées, alors que, bien souvent, elles accueillent des personnes dont les besoins sont trop lourds pour elles », a-t-elle déclaré à la presse.

     

    Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, s’est amusé de voir « la protectrice du citoyen dégonfler la balloune de la propagande libérale sur la fin de l’austérité toxique ». « Le premier ministre et son gouvernement devraient avoir honte d’avoir ce bulletin aujourd’hui qui dit que, alors qu’ils ont augmenté de 125 000 $ par médecin leur rémunération, qu’ils ont plein de surplus, ils ont réduit les services aux aînés », a-t-il déclaré en chambre.

     

    « Il est naturel qu’un rapport semblable fasse état des progrès qu’il reste à faire, et on est tout à fait à l’aise avec le rapport et la nécessité de continuer notre action », a rétorqué le premier ministre, Philippe Couillard, promettant du même souffle « de poursuivre les investissements en santé et services sociaux ».

     

    Enfin, Mme Rinfret a servi un avertissement au gouvernement libéral, qui a promis d’accélérer la « transformation » du Québec dans la dernière ligne droite de la 41e législature. « Toute transformation doit être planifiée avec vision et rigueur et être centrée sur le mieux-être des citoyens et citoyennes. »













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