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    Les autochtones sollicitent Barrette, Barrette sollicite Ottawa

    Le ministre de la Santé réclame des fonds du fédéral pour un projet qu’il refuse lui-même de financer

    23 septembre 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

    Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a fait une sortie médiatique vendredi pour réclamer un « geste concret » d’Ottawa dans un dossier dans lequel il refuse lui-même d’agir.

     

    En plaidant l’importance de faire « un geste concret », Gaétan Barrette a demandé au fédéral de s’impliquer dans le projet de Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la communauté de Wendake, près de Québec. « [S’impliquer dans] ce dossier-là, qui est tout à fait justifié, et pour lequel il y a une fin de non-recevoir à Ottawa, ce serait un geste certainement positif et constructif de la part de M. Trudeau », a déclaré le ministre de la Santé en évoquant une rencontre qu’il avait eue la veille avec le chef huron-wendat, Konrad Sioui, pour discuter du projet de CHSLD.

     

    Au cours de cette rencontre, Wendake a présenté un plan de financement auquel Québec a été invité à participer. La réponse du ministre Barrette s’est résumée par « une fin de non-recevoir », a affirmé le chef Sioui, dans une déclaration que l’entourage de Gaétan Barrette a confirmée.

     

    Le plan soumis par Wendake prévoyait l’implication financière du fédéral pour la construction du CHSLD de 24 places. Il misait aussi sur une aide de Québec, afin qu’il assume « les coûts de fonctionnement du CHSLD […], comme il le fait ailleurs au Québec », a relaté Konrad Sioui.

    Le CHSLD, [Gaétan Barrette] tient mordicus à ce que ce soit Ottawa qui le paye
    Konrad Sioui
     

    Selon Wendake, l’opération se ferait à coût nul pour Québec. « Nos personnes âgées qui ont des besoins, présentement, elles vont se faire soigner ailleurs, à Lévis, Beauport, Saint-Augustin », a énuméré le grand chef. Québec assume donc déjà les frais liés aux soins que les aînés reçoivent, a-t-il fait valoir.

     

    Mais Québec ne voit pas les choses de la même façon. « C’est de compétence fédérale », a simplement répondu l’attachée de presse du ministre de la Santé quand Le Devoir lui a demandé pourquoi l’offre de Wendake avait été rejetée. « Santé Canada ne finance pas la construction des centres de soins de longue durée », a aussi répondu le ministère fédéral.

     

    À Gaétan Barrette, qui est sorti devant les médias pour dire qu’il était « du côté de M. Sioui », le chef huron-wendat a rétorqué qu’il aurait préféré un engagement clair à une sortie médiatique pour demander des fonds fédéraux. « Le CHSLD, [Gaétan Barrette] tient mordicus à ce que ce soit Ottawa qui le paye. Jean Charest nous disait la même chose : si on envoie la facture à Ottawa, Ottawa ne voudra pas payer. Alors, c’est back to square one », a-t-il lâché.

     

    Le plaidoyer sur les « gestes concrets » de Gaétan Barrette a par ailleurs ramené les projecteurs sur la communauté attikamek de Manawan, qui réclame depuis 20 ans des soins ambulanciers pour ses 2000 résidants.

     

    Depuis la noyade d’une fillette de huit ans en septembre 2016, le chef Jean-Roch Ottawa et les maires des municipalités avoisinantes, dans Lanaudière, ont multiplié les sorties médiatiques dans l’espoir d’avoir une ambulance.

     

    Mais il n’y a pas de quoi presser le ministre Barrette. « Ça, c’est un dossier qui est en discussion actuellement. Ça ne fait pas sept ans que moi j’en parle, et on conclura éventuellement [une entente] », a-t-il déclaré. « Il y a un vrai dossier qui pour moi est un dossier prioritaire, qui pour moi est le CHSLD », a-t-il aussi dit plus tard.

     

    La déclaration a fait bondir le conseil de bande de Manawan. « Le dossier des services ambulanciers à Manawan est aussi un véritable enjeu prioritaire », a-t-il rétorqué dans un communiqué. « Tout comme les autres Premières Nations, la population de Manawan n’a pas à faire les frais des chicanes entre Québec et Ottawa », a aussi déclaré le chef de la communauté, Jean-Roch Ottawa, au Devoir. « C’est un enjeu prioritaire. Les autochtones ne font pas exception », a-t-il ajouté, avant de souligner qu’il est sans nouvelles du ministre Barrette depuis le mois de juin.













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