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    Lettre

    L’entêtement et l’orgueil mal placé du ministre François Blais

    22 septembre 2017 | Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté Le 21 septembre 2017 | Québec

    Dans son éditorial du 21 septembre sur la réforme de l’aide sociale, Brian Myles s’interroge sur la pertinence des pénalités pour les personnes qui ne participeront pas au programme Objectif emploi d’une façon jugée satisfaisante. Et il termine en se questionnant sur les motivations du porteur de la réforme, le ministre François Blais.

     

    Voici une piste de réponse : le ministre sait fort bien que les pénalités sont inefficaces et il maintient la ligne dure seulement par orgueil et par électoralisme.

     

    Dans son livre Un revenu garanti pour tous : introduction aux principes de l’allocation universelle, publié en 2001, le professeur de science politique François Blais dénonçait « la stigmatisation associée aux programmes conditionnels d’aide » (p. 25) et le fait que « plus de conditionnalité n’aboutirait qu’à appauvrir et à exclure davantage » (p. 31).

     

    À la page 76, le professeur François Blais en rajoutait : « Le seul remède que nos gouvernants aient trouvé ces dernières années pour s’attaquer à l’inertie de certains prestataires fut le recours à la coercition ou à “l’activation”, mais cette stratégie ne donne pas les résultats escomptés simplement parce qu’elle repose sur une conception simpliste et tout aussi bureaucratique de l’activité humaine » (p. 76).

     

    Les pénalités sont inutiles et contre-productives, voire dangereuses, le ministre le sait et c’est ce que lui ont rappelé, au cours des derniers mois, 300 anciens collègues professeurs et chargés de cours universitaires, 600 intervenants en santé, des centaines d’organismes communautaires, les centrales syndicales du Québec, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la protectrice du citoyen, les directeurs de santé publique de Montréal et de Montérégie, etc.

     

    Seul un orgueil mal placé peut expliquer que le ministre ignore et dans certains cas méprise les avis de toutes ces personnes et organisations. Le statut de politicien a manifestement fait perdre toute ouverture d’esprit et tout esprit critique à l’ancien professeur.

     

    Et pourquoi un tel acharnement ? Parce qu’il est malheureusement encore payant au Québec, en 2017, de casser du sucre sur le dos des personnes assistées sociales. (Il suffit d’écouter les « radios de Québec » pour s’en convaincre.) Ce n’est pas pour rien que le gouvernement a déjà deux réformes de l’aide sociale à son actif au cours du présent mandat, chacune comportant de graves reculs pour les droits des personnes assistées sociales.

     

    Bien sûr, François Blais n’est pas le premier à verser dans l’électoralisme en s’attaquant à ces personnes. Mais il va plus loin que ses prédécesseurs en menaçant de couper du tiers une prestation d’aide de dernier recours déjà nettement insuffisante. Nous espérons maintenant qu’il est prêt à assumer les conséquences de son entêtement et de son orgueil mal placé.













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