Réforme de l’aide sociale: les sanctions sont sans risque, selon le ministre Blais

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais

Le ministre de l’Emploi, François Blais, juge infondées les inquiétudes des directeurs de santé publique de Montréal et de Montérégie concernant les conséquences du programme Objectif emploi.

 

« Ce qui est le plus inquiétant, c’est de ne pas accompagner des jeunes qui arrivent à l’aide sociale dans une situation de plein emploi. Il faut comprendre pourquoi, comprendre c’est quoi leur parcours, et essayer de les aider », a réagi le ministre.

 

Dans un mémoire soumis au ministre, les directeurs de santé publique tirent la sonnette d’alarme concernant l’impact des sanctions prévues au règlement encadrant Objectif emploi.

 

Selon eux, Québec met en danger la santé des populations les plus vulnérables et risque d’amplifier les problèmes de santé publique en voulant imposer des pénalités financières aux bénéficiaires d’aide sociale qui ne répondront pas aux exigences du nouveau programme.

 

Quelque 17 000 personnes — principalement des jeunes de moins de 30 ans, des personnes vivant seules et des immigrants — sont visées annuellement par ce programme.

 

Ceux qui refusent d’y participer pourraient voir leur prestation passer de 628 $ à 404 $ par mois. Les DSP craignent que les plus fragiles — environ 10 % — se retrouvent alors à la rue.

 

Interrogé sur ce risque, le ministre rétorque que « le programme dure quelques mois seulement ». « Nous, on n’évalue pas que des gens vont abandonner complètement l’aide sociale, pas du tout. Donc, on ne comprend pas d’où viennent les 10 % de gens qu’ils évaluent qui pourraient décider de ne pas participer. »

  
Lutte contre la pauvreté

Vérification faite, il appert que le 10 % en question provient d’un document du Comité consultatif de la lutte contre la pauvreté qui a été créé en 2006 pour conseiller le ministère en ces matières.

Invité à clarifier les choses mercredi après-midi, le ministre Blais préféré s’abstenir. « On ne fera pas d’autres commentaires là-dessus », a répondu son attaché de presse.

L’intervention des directeurs de la Santé publique a aussi rebondi à la période de question à l’Assemblée nationale. « Est-ce que c’est ça, la transformation du gouvernement, pousser les gens vers la misère humaine et l’extrême pauvreté ? », a lancé le député péquiste Harold Lebel.

Après avoir lancé que « le PQ des années 90 » avait sanctionné « de façon très, très lourde l’ensemble des assistés sociaux au Québec », il a réitéré qu’Objectif emploi visait à soutenir les « jeunes qui arrivent à l’aide sociale, qui ont besoin d’être aidés, qui ont besoin d’être encouragés, d’être appuyés ».
13 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 20 septembre 2017 10 h 23

    Honte au ministre Blais!

    Honte au ministre Blais qui vit dans son tour d'ivoire sans se préoccuper de la misère de la pauvreté. Déjà, c'est impossible de vivre avec 628$ par mois. Comment payer le loyer minimum autour de 400$, manger à sa faim, se transporter, payer l'électricité, le téléphone, l'internet, la télévision, etc. avec les restants de 200$ ? Pourquoi n'essaye-t-il pas de vivre avec 628$ par mois, avant de couper les plus démunis?
    Au lieu de s'attaquer aux plus pauvres et aux plus démunis de la société, le ministre devrait s'attarder à l'évasion fiscale chez les riches qui nous coûtent des millions de dollars chaque année.

  • Olivier Courtois - Abonné 20 septembre 2017 10 h 39

    Sans risques, vraiment!

    S'il le dit! Le ministre Blais est sûrement un expert en aide sociale qui côtoie quotidiennement des démunis.

    • Robert Beauchamp - Abonné 20 septembre 2017 11 h 24

      De toute façon a-t-il la moindre notion du risque?

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 20 septembre 2017 11 h 40

      Possiblement !

      Mais, entre-temps, sa LIMOUSINE l'attend pas loin de ...

      ... là-bas ! - 20 sept 2017 -

  • Denis-Émile Giasson - Abonné 20 septembre 2017 11 h 57

    "(L)es sanctions sont sans risque¨

    « le programme dure quelques mois seulement »Tiens donc! On leur serre le coup à peine quelques mois? Ils ne mourront pas auraient-ils pu ajouter le brave homme. Alors à quoi servent-elles ces sanctions? Si les mesures d'insertion professionnelle étaient à ce point lumineuses, les gens s'y précipiteraient. Connait-on vraiement cette clientèle de la solidarité sociale? Combien coûte-t-elle au Trésor? Et si l'on revoyait ces mesures en fonction d'un revenu minimum garanti?

  • Michaël Lessard - Abonné 20 septembre 2017 15 h 05

    Tout le monde, même les expert.es et les juristes, auraient torts.

    Expert.es, chercheur.es, professeur.es, juristes (dont la Commission des droits de la personne), les fonctionnaires, etc. auraient torts...

    Sans oublier la simple réalité incontestable :
    * avec environ 400 $ / mois, tu dois choisir une avoir un logement ou manger ;
    * ce programme sera lourd à gérer pour les fonctionnaires, à la fois sur le plan bureaucratique et judiciaire.

    Le constat est plus que clair : toute *consultation* de ce gouvernement est 100% bidon (lire: est ignorée) et parler avec ce gouvernement est une perte totale de temps. Il reste la contestation en cours de justice et la sur la rue.

  • François Beaulne - Abonné 20 septembre 2017 16 h 29

    Et dire que pendant ce temps là.....

    Cette attitude de ce ministre tranche avec la générosité spectacle d' il y a quelques semaines avec laquelle le gouvernement Couillard s'apprêtait à distribuer allégrement au Palais des Congrès, sans vérifications quelqonques, plus de $2 millions en chèques d'assistance sociale aux milliers de migrants illégaux entrés au Québec par Lacolle.
    Y aurait'il chez ce gouvernement deux poids deux mesures?

    • Robert Beauchamp - Abonné 20 septembre 2017 17 h 17

      Par esprit clientéliste auprès de certaines communautés culturelles.

    • Jacques Patenaude - Abonné 20 septembre 2017 18 h 40

      "Quelque 17 000 personnes — principalement des jeunes de moins de 30 ans, des personnes vivant seules et des immigrants — sont visées annuellement par ce programme."

      non il ne s'agit pas de 2 poids 2 mesueres car les immigrants sont visés aussi. C'est juste du clientèlisme qui calcul sur la naiveté des immigrants. Je crois qu'il faut les aider à voir ce petit jeu des libéraux plutôt que d'en faire des boucs émissaires.