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    Chronique

    Le phénix péquiste?

    Louise Beaudoin
    18 septembre 2017 |Louise Beaudoin | Québec | Chroniques

    Le Parti québécois sort ragaillardi de son congrès et peut espérer avoir mis fin à une énième séquence particulièrement difficile qui a commencé lors d’un autre congrès, celui de Québec solidaire et de la convergence avortée, en mai. Pour le PQ, d’ici les élections générales, la route s’annonce quand même extrêmement difficile et le « chemin des victoires », fort étroit. Rien n’est joué. Tout demeure possible. Le phénix pourrait renaître de ses cendres. Ou pas.

     

    La tâche qui attend Jean-François Lisée est titanesque. Fort d’une proposition principale étoffée et d’un vote de confiance sans équivoque, il devra maintenant vendre un programme à un électorat qui a eu, au fil des dernières années, beaucoup de mal à suivre le PQ.

     

    Le court et surréaliste « moment PKP » mais aussi certaines décisions, comme celle d’aller de l’avant avec l’exploration pétrolière à Anticosti, ont laissé l’impression d’un parti brouillon qui avait perdu ses repères, sa constance et sa cohérence, donnant au gré des sondages un coup à gauche, puis un autre à droite, dans l’espoir de gains à court terme. En a résulté le grand décrochage qu’on perçoit dans les sondages.

     

    Non seulement les sympathisants péquistes les plus à gauche ont été déçus et sont allés gonfler les rangs de QS, mais beaucoup, au centre et à droite, sont passés — temporairement ou non — à la Coalition avenir Québec, dans l’espoir de bientôt en finir avec le règne libéral qui aura couvert, au moment du prochain scrutin, quatorze des quinze dernières années et demie.

     

    Au fil des changements de chefs, même les péquistes loyaux et fidèles en sont venus à se demander comment définir leur propre parti, faute de pouvoir le faire par le projet d’indépendance. Pas étonnant qu’en ouverture de congrès, le chef ait senti le besoin de répondre à la question « finalement, au PQ, qui êtes-vous ? »

     

    Le PQ devra choisir, en dévoilant sa plate-forme électorale, dans quel groupe il compte prioritairement recruter et avec quels arguments pour se retrouver à nouveau compétitif et dans la zone payante. En mettant en avant son programme « identitaire », le PQ pourrait plaire davantage aux sympathisants de la CAQ, mais il risque ainsi de mobiliser contre lui tous ceux qui, dixit Lisée, font le « procès permanent de la différence québécoise ». Il suscitera en plus le désintérêt d’une frange de jeunes électeurs qui ne se reconnaît pas dans cette thématique. Comme l’expliquait le rapport commandé par le chef lui-même à Paul St-Pierre Plamondon, intitulé Osons repenser le PQ. Rapport dont les principales recommandations ont été battues lors du congrès.

     

    Le PQ, surtout, n’échappe pas à son éternel paradoxe existentiel : réaliser l’indépendance, puisque c’est sa raison d’être, et son incapacité à la concrétiser à court comme à moyen terme.

     

    Le pari de Lisée, de ne pas tenir de référendum dans le premier mandat, déleste la formation d’un prétendu « boulet » dans une partie de l’électorat, en même temps qu’elle le prive de son principal moteur et d’une bonne partie du carburant dans ses propres rangs.

     

    Chez les francophones, il semble bien que le désir de changer de gouvernement sera déterminant. Il faudra que du PQ ou de la CAQ l’un des deux partis s’impose clairement comme solution de rechange, pour espérer par la suite bénéficier d’un phénomène de ralliement. Le sort du Parti québécois est donc étroitement lié à celui de la CAQ et de QS et vice-versa.

     

    Au lendemain du 17e congrès, le PQ a sûrement repris de la vigueur, du tonus, en présentant un front uni. Le parti a fait valoir qu’il n’est pas à court de ressort et a fait une démonstration de sagesse en même temps que d’une certaine jeunesse.

     

    Le nombre de jeunes délégués, ceux-là mêmes qui ont levé la main pour indiquer qu’ils n’avaient pas voté au référendum de 1995, avait de quoi étonner et donner une nouvelle dimension à la « jeune » députation, de Catherine Fournier à Alexandre Cloutier, sans oublier — en dehors du caucus — Paul St-Pierre Plamondon et la nouvelle présidente du parti, Gabrielle Lemieux. Surtout, les péquistes peuvent espérer avoir mis fin jusqu’au rendez-vous électoral à une série noire, avec quelque chose qui ressemble à un sursaut. C’est peut-être leur plus grande victoire depuis l’élection de 2012.













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