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    Québec mise sur l’immigration pour son déficit de main-d’oeuvre

    16 septembre 2017 | Marco Bélair-Cirino à Val-d’Or | Québec
    «Pour parler en français clair, pour que le monde comprenne bien, on manque de monde au Québec», a lancé le premier ministre Philippe Couillard au terme du caucus présessionnel des élus libéraux à Val-d’Or.
    Photo: Marco Bélair-Cirino Le Devoir «Pour parler en français clair, pour que le monde comprenne bien, on manque de monde au Québec», a lancé le premier ministre Philippe Couillard au terme du caucus présessionnel des élus libéraux à Val-d’Or.

    Le Québec palliera la pénurie de main-d’oeuvre, qualifiée et « moins qualifiée », notamment grâce à des renforts de l’étranger, soutient le premier ministre, Philippe Couillard. Le gouvernement libéral n’abaissera pas les seuils d’immigration pour élargir son électorat à l’approche des prochaines élections générales.

     

    « Pour parler en français clair, pour que le monde comprenne bien, on manque de monde au Québec », a lancé le chef du gouvernement au terme du caucus présessionnel des élus libéraux à Val-d’Or — où sévit d’ailleurs une pénurie de main-d’oeuvre.

     

    Même s’il offre un salaire de base de 13 dollars l’heure — « c’est au-dessus du salaire minimum », a précisé M. Couillard —, le géant de la restauration rapide McDonald’s a dû fermer les portes de sa succursale de la 3e avenue, faute d’employés. « C’est l’une des rançons de la prospérité. »

     

    Le gouvernement libéral compte atténuer les impacts du vieillissement de la population québécoise, « probablement le plus grand défi économique du Québec », en misant sur la persévérance scolaire afin de tirer vers le haut la diplomation des Québécois et en accueillant des dizaines de milliers de travailleurs, qualifiés ou non, par année.

     

    « Il faut d’abord profiter davantage des Québécois qui sont chez nous », a fait valoir M. Couillard à la presse. « Il faut parler d’immigration. Je sais qu’il y en a qui ne veulent plus qu’on en parle. C’est une des solutions essentielles. Ce n’est pas la seule solution, mais c’est une des solutions incontournables. Si on veut avoir plus de monde, il faut que le monde vienne de quelque part. On peut-tu s’entendre là-dessus ? » a-t-il ajouté.

     

    Les seuils d’immigration déjà fixés pour l’année en cours, c’est-à-dire 50 900 à 56 700 — dont de 38 000 à 41 000 travailleurs qualifiés —, sont « corrects », selon lui. « Il ne faut surtout pas les diminuer », a-t-il plaidé.

     

    Aux yeux de M. Couillard, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, poserait « un geste antiéconomique » en abaissant les seuils d’immigration comme il le propose. « La conséquence de [la pénurie de main-d’oeuvre], c’est que des entreprises ne peuvent pas faire des contrats qu’elles pourraient faire parce qu’elles n’ont pas le monde [suffisant] », a-t-il répété.

     

    M. Couillard soupçonne son adversaire caquiste, dont la formation politique a le vent en poupe à l’approche de l’élection partielle dans la circonscription de Louis-Hébert, de renier ses « principes » et ses « valeurs » en prenant un certain nombre de positions irréfléchies « parce qu’il pense que c’est ce que les gens veulent entendre ».

     

    Il croit que c’est le cas dans le débat sur le port des signes religieux chez les employés de l’État qui a toujours cours. « S’il y a une fracture dans notre société, M. Legault veut y mettre un couteau et le tourner pour la rendre encore plus douloureuse », a affirmé M. Couillard.

     

    Transformation du Québec

     

    Le chef libéral s’engage dans la dernière étape de son mandat dans la « transformation » du Québec, après l’avoir « restauré » au fil des trois premières années et demie de la 41e législature, notamment au prix de coupes dans les programmes de l’État. Il promet notamment de participer à l’aménagement d’un pôle d’innovation dans chacune des régions du Québec… dans un second mandat.

     

    « Pourquoi transformer le Québec ? Je le dirai très simplement : transformer le Québec pour améliorer le quotidien des Québécois. »

     

    Il entend notamment octroyer « une semaine de temps libre » aux Québécois. « On va le négocier avec les entrepreneurs et la Commission des normes du travail. Je pense que c’est possible de le faire », a-t-il déclaré vendredi. D’ici là, le gouvernement libéral assurera un financement stable des principales missions de l’État, la santé et l’éducation — où il « a la capacité de faire mieux » —, tout en « continu[ant] à baisser les impôts ». « Pas par dogmatisme parce qu’on [y] est attachés de façon aveugle [mais] parce que ça fait partie des raisons pour lesquelles le Québec n’a pas toujours connu la croissance qu’il devait avoir », a fait valoir M. Couillard.

     

    Fin de régime

     

    M. Couillard a dit « trouve[r] amusant » d’être décrit par ses adversaires politiques comme le chef d’un gouvernement en fin de régime, puisque le PLQ « a toujours réussi à se transformer et à innover ».

     

    Puis, il a relevé que les chefs caquiste, François Legault, et péquiste, Jean-François Lisée, ont sauté dans l’arène politique respectivement en 1998 et en 1994. « Politiquement, mes deux adversaires principaux viennent du siècle dernier », a-t-il lancé, pour ajouter par la suite en anglais : « M. Legault est arrivé en politique il y a 20 ans. Est-ce que c’est du changement et de la modernité ? Je ne pense pas. »

     

    Le premier ministre n'a dit mot du co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a fait son entrée à l’Assemblée nationale au printemps dernier. « Celui-là est vraiment jeune, mais il a encore quelques années devant lui pour gagner en expérience », a-t-il répondu à une journaliste qui lui a signalé son omission.

     












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