Surdoses d'opioïdes: la naloxone sera gratuite dans les pharmacies du Québec

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Les Québécois pourront se procurer de la naloxone gratuitement en pharmacie afin de minimiser l’impact des surdoses d’opioïdes, a annoncé mercredi le gouvernement du Québec. Le médicament est utilisé pour renverser les effets des surdoses.

 

Ceux qui croient qu’un membre de leur entourage est à risque de surdose seront encouragés à s’en procurer, a indiqué la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois.

 

Les policiers pourront aussi administrer le médicament aux personnes en état de surdose, a-t-elle précisé lors de l’annonce.

 

Par ailleurs, Mme Charlebois a indiqué que près de 90 % des ambulanciers du Québec ont été formés pour administrer le médicament.

 

Stratégie de prévention

 

Elle a indiqué que le gouvernement est « en mode prévention » et qu’il est en train de mettre en place une stratégie nationale de prévention et de réponse aux surdoses d’opioïdes.

 

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a ajouté que le Québec ne fait pas face à une crise, mais que la situation est préoccupante.

 

Son ministère n’a pas chiffré le coût de la naloxone. « Ce n’est pas une question de coûts, c’est une question d’épargner des vies », a-t-il répondu aux journalistes.

 

La naloxone est un médicament qui coûte moins d’un dollar par dose, a-t-il précisé.

 

« On ne s’attend pas à ce que les 8,2 millions de Québécois s’en aillent chercher une dose, a ajouté M. Barrette. Les gens sont au fait de leur situation familiale et de leur entourage. »

 

Médecins sous surveillance

 

Québec fournit également au Collège des médecins des données permettant d’identifier ses membres qui prescrivent trop d’opioïdes.

 

Ces médicaments prescrits en trop grandes doses et de façon trop fréquente se retrouvent sur le marché noir, a expliqué le ministre Barrette, qui dit souhaiter un changement de culture médicale.

 

« Ma génération de médecins a été élevée à aller vers ces médicaments », a-t-il expliqué.

 

Il veut par ailleurs que le Collège des médecins discipline ses membres qui « en prescrivent pas mal trop et qui ont des profils hors des normes ».

 

Informer la population

 

L’arrivée récente du fentanyl au Québec préoccupe le Centre québécois de lutte aux dépendances (CQLD).

 

L’organisme juge important d’informer le plus de gens possible concernant les effets hautement dangereux de cette drogue qui fait des ravages dans l’ouest du pays.

 

Le centre a entrepris mercredi de diffuser dans la région de Montréal 20 000 dépliants informatifs sur cette drogue, ses effets et les actions à poser en cas de surdose.

 

Sa directrice générale, Anne Elizabeth Lapointe, souhaite que ce dépliant soit un outil de plus pour aider les intervenants, les travailleurs de rue et les organismes luttant contre les dépendances à sauver des vies.

 

Bien que les impacts du fentanyl soient moins importants au Québec qu’ailleurs au Canada jusqu’à maintenant, le CQLD et ses partenaires disent garder un oeil sur la dispersion de cette drogue.

 

Ils soulignent que le fentanyl, qui est difficile à détecter, peut se retrouver dans bon nombre d’autres substances illicites à l’insu des usagers.

1 commentaire
  • Denis-Émile Giasson - Abonné 13 septembre 2017 20 h 54

    La monitoring des prescriptions médicales d'opioïdes.

    Le ministre ne devrait-il pas cesser «souhaiter un changement de culture médicale.» et passer rapidement et radicalement à l'action. Comme le soulignait le NewYork Times de ce jour: «Among the partial ones (solution): prescription drug monitoring programs, an approach highlighted in the draft report from President Trump’s Commission on Combating Drug Addiction and the Opioid Crisis.» Chez eux comme chez nous, l'absence d'un dossier santé unique permet trop facilement au citoyen de se procurer chez plusieurs médecins des prescriptions d'opioïdes qui finissent sur le marché noir.

    Selon l'article du Times, intitulé «A Helpful Tool to Combat the Opioid Crisis»,le problème de surconsommation des opioïdes est responsable de plus de mortalités aux USA que ne le sont l'automobile, le VIH ou même les armes à feu.

    La surconsommation des médicaments commence le plus souvent par une surprescription médicale et qui sait, par une méconnaissance en pharmacologie des médecins. Pendant ce temps, le gouvernement et, entre autre, la profession médicale se morfondent à étudier les tenants et aboutissants de l'usage du cannabis qui n'a jamais été identifié comme un agent pathogène menant directement à la mort.

    Ferions-nous fausse route dans ces deux dossiers? Est-ce que les médecins qui prescrivent si facilement des opioïdes, ou encore les pharmaciens qui en font le commerce sont conscients qu'ils sont des chevilles ouvrières d'une épidéminie majeure?