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La menace de grève générale se précise

Tommy Chouinard   26 mars 2004  Québec
Québec - L'éventualité d'une grève générale illégale de 24 heures devient de plus en plus sérieuse auprès de la CSN, de la FTQ et de la CSQ, au moment même où le gouvernement Charest dit vouloir renouer un dialogue qui a été rompu en décembre dernier. La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS-CSN) a demandé hier à ses 700 syndicats de voter d'ici le 1er mai en faveur du déclenchement d'une telle grève, qui pourrait survenir cet été ou à l'automne.

Selon Pierre Lamy, président de la FSSS-CSN, cette grève aurait une «portée sociale» — elle réunirait des groupes communautaires et sociaux — et serait illégale. «Le cadre dans lequel se situe le mouvement de grève de 24 heures sera un cadre illégal. Les services seront assurés par les syndicats. On a un code d'éthique qui prévoit la façon de donner des services essentiels en cas de grève. Je dis aux patients qu'on va assumer les services essentiels. On ne laissera personne mourir. Mais dire qu'il n'y aura pas d'impact, ce n'est pas vrai. Il y aura des activités annulées et suspendues durant cette journée», a-t-il affirmé hier, en marge du conseil fédéral de la FSSS-CSN.

Des sanctions sévères sont toutefois prévues à la loi 160 en cas de grève illégale. «Si nos syndicats nous donnent le mandat, et je pense qu'ils vont le faire, ils sont prêts à faire face à ces sanctions-là», a-t-il dit.

Les 900 délégués de la FSSS-CSN réunis à Québec ont demandé à leurs syndicats de voter en faveur de cette grève générale de 24 heures d'ici le 1er mai. Une quarantaine de syndicats ont déjà obtenu le mandat de déclencher une telle grève. Cette grève générale regrouperait tous les syndicats des secteurs privé et public et se déroulerait en intersyndical, c'est-à-dire qu'elle serait tenue aux côtés de la FTQ et de la CSQ. Dans ces deux dernières centrales, le vote de grève générale chemine aussi. Plusieurs syndicats ont déjà voté en faveur de la proposition. La grève pourrait avoir lieu cet été ou à l'automne.

D'ici là, quelque 800 syndiqués de la CSN et de la FTQ ont manifesté hier sur la colline parlementaire. «On s'était dit que ce serait peut-être difficile de remettre l'épaule à la roue et de mobiliser notre monde après la période des Fêtes, mais ça s'est quand même engagé», a affirmé Pierre Lamy.

La FSSS-CSN, qui regroupe

100 000 membres, dénonce les lois adoptées en décembre dernier, dont celles qui visent à fusionner les unités d'accréditation syndicale dans le secteur de la santé et à réorganiser les établissements de santé. «On commence à subir les conséquences de ces lois. La stratégie du gouvernement était de passer les projets de loi rapidement et de tenter de se faire oublier par la suite. Mais ce n'est pas le cas. Il faut que le gouvernement fasse des changements à court terme concernant ces lois», a dit Pierre Lamy, plaidant que la réforme de structures ne règle en rien les problèmes du réseau de la santé.






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