Prostitution juvénile à Québec - Bellemare aurait pu faire mieux, estime Landry
26 mars 2004
Québec
Québec - Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, est favorable à la nomination d'une autorité indépendante pour faire la lumière sur les cafouillages qui se sont accumulés dans le dossier de la prostitution juvénile à Québec.
«Cela servirait la ville de Québec, ses habitants et le Québec tout entier parce que, quel que soit le fond des choses, on a bien vu que ça n'a pas de bon sens», a dit M. Landry lors d'un point de presse hier à Québec, quelques minutes après le prononcé du verdict dans le procès de l'animateur Robert Gillet.
Il ne s'agit pas de revoir la preuve de l'ensemble du dossier, comme le suggère l'ADQ, a fait savoir M. Landry, mais bien de tracer un bilan des événements.
«Une chose qui prend une telle ampleur, qui comporte tellement de cafouillage et puis de salissage de réputations inutile, quand on dit que même le maire de Québec y est passé, cela doit être regardé», a-t-il dit.
En ce sens, l'intervention d'une autorité indépendante, que ce soit un procureur ou un juge à la retraite, pourrait être fort utile, a souligné M. Landry, pour dissiper le climat de suspicion et mettre un terme aux rumeurs de camouflage qui circulent à Québec depuis la rafle policière de l'opération Scorpion, en décembre 2002.
Le dossier de la prostitution juvénile a donné lieu à «certaines dérives démocratiques», a déploré le chef du PQ, en raison de l'atmosphère de carnaval qui a suivi les arrestations de clients et de proxénètes.
Une part du blâme revient d'ailleurs au ministre de la Justice, Marc Bellemare, a-t-il fait valoir.
«Il aurait pu avoir plus de distance [...]. Il aurait pu jouer un rôle de contrepoids pour calmer le jeu et, à certains moments, il a fait le contraire», a mentionné le chef de l'opposition, faisant allusion à la propension du ministre à faire fi du devoir de réserve qu'impose sa fonction.
«Le ministre de la Justice a un statut spécial dans le gouvernement. Il incarne cette atmosphère de neutralité et de calme dans laquelle doit baigner la justice. Malheureusement, l'actuel ministre n'a pas donné cette impression.»
Certes, le ministre Bellemare «n'a pas pu à lui seul créer le climat délétère que cette ville [Québec] a vécu depuis trois ans, mais son rôle aurait été d'être plus "proactif" pour calmer le jeu, ce qu'il n'a pas fait», a-t-il observé.
Le ministre Bellemare, qui avait révélé mercredi, en anglais, qu'il songeait à nommer un procureur indépendant au terme des procédures actuelles, s'est montré beaucoup plus nuancé hier à l'Assemblée nationale.
S'appuyant sur les subtilités de la traduction de l'anglais au français, M. Bellemare a apporté un bémol à ses propos de la veille.
«J'ai répondu: "We will think about that, it is a possibility." Traduction littérale française: c'est une hypothèse», a expliqué M. Bellemare lorsque le chef de l'ADQ, Mario Dumont, l'a interrogé sur ses intentions.
«Jusqu'au terme de toutes ces affaires, de toutes ces procédures, je m'abstiendrai, par respect pour le système judiciaire, de quelque commentaire que ce soit», a-t-il dit.
Mais le leader adéquiste n'entend pas lâcher prise, faisant remarquer que les récents événements justifient encore davantage la nomination d'un procureur indépendant pour revoir le dossier de fond en comble.
Les allégations rapportées par TVA selon lesquelles une avocate bien en vue de Québec aurait soudoyé des juges et même fourni des prostituées à l'un d'eux soulèvent «des questions sérieuses sur la position dans laquelle un magistrat pourrait se retrouver», a-t-il soutenu.
«Ce qu'on a surtout le goût de demander au ministre de la Justice, c'est qu'on voudrait qu'il soit aussi actif, aussi diligent dans ses propres dossiers qu'il l'est dans les dossiers de ses collègues ministres», a ironisé M. Dumont.
«Cela servirait la ville de Québec, ses habitants et le Québec tout entier parce que, quel que soit le fond des choses, on a bien vu que ça n'a pas de bon sens», a dit M. Landry lors d'un point de presse hier à Québec, quelques minutes après le prononcé du verdict dans le procès de l'animateur Robert Gillet.
Il ne s'agit pas de revoir la preuve de l'ensemble du dossier, comme le suggère l'ADQ, a fait savoir M. Landry, mais bien de tracer un bilan des événements.
«Une chose qui prend une telle ampleur, qui comporte tellement de cafouillage et puis de salissage de réputations inutile, quand on dit que même le maire de Québec y est passé, cela doit être regardé», a-t-il dit.
En ce sens, l'intervention d'une autorité indépendante, que ce soit un procureur ou un juge à la retraite, pourrait être fort utile, a souligné M. Landry, pour dissiper le climat de suspicion et mettre un terme aux rumeurs de camouflage qui circulent à Québec depuis la rafle policière de l'opération Scorpion, en décembre 2002.
Le dossier de la prostitution juvénile a donné lieu à «certaines dérives démocratiques», a déploré le chef du PQ, en raison de l'atmosphère de carnaval qui a suivi les arrestations de clients et de proxénètes.
Une part du blâme revient d'ailleurs au ministre de la Justice, Marc Bellemare, a-t-il fait valoir.
«Il aurait pu avoir plus de distance [...]. Il aurait pu jouer un rôle de contrepoids pour calmer le jeu et, à certains moments, il a fait le contraire», a mentionné le chef de l'opposition, faisant allusion à la propension du ministre à faire fi du devoir de réserve qu'impose sa fonction.
«Le ministre de la Justice a un statut spécial dans le gouvernement. Il incarne cette atmosphère de neutralité et de calme dans laquelle doit baigner la justice. Malheureusement, l'actuel ministre n'a pas donné cette impression.»
Certes, le ministre Bellemare «n'a pas pu à lui seul créer le climat délétère que cette ville [Québec] a vécu depuis trois ans, mais son rôle aurait été d'être plus "proactif" pour calmer le jeu, ce qu'il n'a pas fait», a-t-il observé.
Le ministre Bellemare, qui avait révélé mercredi, en anglais, qu'il songeait à nommer un procureur indépendant au terme des procédures actuelles, s'est montré beaucoup plus nuancé hier à l'Assemblée nationale.
S'appuyant sur les subtilités de la traduction de l'anglais au français, M. Bellemare a apporté un bémol à ses propos de la veille.
«J'ai répondu: "We will think about that, it is a possibility." Traduction littérale française: c'est une hypothèse», a expliqué M. Bellemare lorsque le chef de l'ADQ, Mario Dumont, l'a interrogé sur ses intentions.
«Jusqu'au terme de toutes ces affaires, de toutes ces procédures, je m'abstiendrai, par respect pour le système judiciaire, de quelque commentaire que ce soit», a-t-il dit.
Mais le leader adéquiste n'entend pas lâcher prise, faisant remarquer que les récents événements justifient encore davantage la nomination d'un procureur indépendant pour revoir le dossier de fond en comble.
Les allégations rapportées par TVA selon lesquelles une avocate bien en vue de Québec aurait soudoyé des juges et même fourni des prostituées à l'un d'eux soulèvent «des questions sérieuses sur la position dans laquelle un magistrat pourrait se retrouver», a-t-il soutenu.
«Ce qu'on a surtout le goût de demander au ministre de la Justice, c'est qu'on voudrait qu'il soit aussi actif, aussi diligent dans ses propres dossiers qu'il l'est dans les dossiers de ses collègues ministres», a ironisé M. Dumont.
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