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    Lisée contient les plus ardents défenseurs du français

    11 septembre 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Le chef du PQ, Jean-François Lisée
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du PQ, Jean-François Lisée

    Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’engage à resserrer l’accès aux cégeps anglophones s’il se voit confier les commandes de l’État le 1er octobre 2018.

     

    Même s’il n’« étai[t et n’est] pas d’accord » à l’assujettissement des établissements d’enseignement supérieur à la loi 101, il s’est publiquement rallié dimanche soir à la décision des délégués du PQ de verrouiller les portes des cégeps anglophones aux étudiants francophones et allophones, à moins qu’ils n’aient fait leur scolarisation primaire et secondaire en français. Il y donnera suite dans un premier mandat, a-t-il promis, tout en précisant qu’il s’affairera aussi à « transformer le cégep francophone pour que les gens aient la certitude qu’ils puissent bien [y] apprendre l’anglais ».

     

    Ni une, ni deux, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a accusé le PQ de fomenter « une tentative délibérée d’étouffer les institutions de la communauté de langue anglaise ».

     

    En revanche, les membres du PQ rassemblés au Palais des congrès de Montréal ont laissé tomber l’idée de ressusciter les dispositions initiales de la Charte de la langue française prévoyant l’usage exclusif du français dans l’affichage public et la publicité commerciale, à la grande satisfaction de M. Lisée. L’ex-ministre responsable des relations avec la communauté anglophone est d’ailleurs intervenu durant le débat en plénière afin de s’en assurer. « Je voulais qu’il n’y ait aucun doute qu’au Parti québécois, affirmer le français ne veut pas dire exclure l’autre. À partir du moment où on a réussi la prédominance du français, bien, il faut respecter l’autre », a-t-il soutenu dans une mêlée de presse.

     

    Par la suite, les délégués ont tour à tour battu les propositions visant à assujettir les entreprises de 10 à 24 employés à la loi 101, ainsi que les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées. Les « modérés », parmi lesquels figure M. Lisée, ont eu le dessus sur les « radicaux » lors du 17e congrès national du PQ, ce week-end. « Tout cela était “canné” il y a un moment », a confié un délégué au Devoir.

     

    En effet, après avoir eu l’assurance que l’état-major du parti ne mettrait pas des bâtons dans les roues aux auteurs de la « proposition de compromis » sur l’accès aux cégeps anglophones, l’animateur du club politique SPQ-Libre Marc Laviolette et ses complices ont mis de côté leurs habits d’agitateurs pour revêtir ceux de modérateurs. D’ailleurs, M. Laviolette en a incité plus d’un au cours du week-end à jeter du lest, en matière d’affichage public notamment. « Étudier l’anglais et étudier en anglais, c’est deux choses différentes. Étudier en anglais, tu t’anglicises. […] Il faut qu’on étudie l’anglais dans les cégeps francophones. Moi, mon comté, ma région, on était pour la loi 101 aux cégeps. Mais le Québec nous regarde présentement. On veut reprendre le chemin des victoires », a-t-il déclaré dimanche.

     

    « Chat gris, chat blanc, l’important c’est qu’il attrape la souris », a répété le délégué de Beauharnois, tout en pointant un extrait de la « proposition de compromis » auquel il s’est rallié. Celui-ci stipule qu’un gouvernement péquiste devra « s’assurer que le financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et par conséquent qu’il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté ».

     

    Congrès sans grandes turbulences

     

    Les quelque 1500 délégués péquistes ont adopté dimanche un programme politique au diapason — ou presque — des idées que M. Lisée a avancées durant l’ultime course à la chefferie et qui figuraient dans la « proposition principale » dévoilée en janvier dernier.

     

    « Je ne trouve pas que ç’a été dur. J’en ai vécu d’autres comme conseiller, sans aucune mesure », a déclaré M. Lisée au terme d’un congrès national sans psychodrame — durant lequel il a, en prime, été gratifié de la confiance de pas moins de 92,8 % des délégués péquistes.

     

    Les délégués ont défié leur chef en entérinant une proposition visant à « diminuer de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées ». M. Lisée s’est toutefois rapidement affairé à limiter la portée de cet ajout au programme politique du PQ. « Ce n’est pas écrit “abolir” [le financement public]. Ce n’est pas écrit “réduire de moitié”. Ce n’est pas écrit “fermer” [les écoles privées] », a-t-il fait remarquer à la presse.

     

    Le chef du PQ a évoqué une possibilité parmi d’autres, soit de pénaliser les établissements d’enseignement « qui refuseraient d’être plus équitables dans leur traitement des étudiants » — par exemple en instaurant des « tirages au sort » pour sélectionner leurs élèves, plutôt que de ne retenir que les candidats ayant des bulletins scolaires sans tache.

     

    En contrepartie, la proposition de ne pas tenir de référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat (2018-2022), qui donnait de l’urticaire à plus d’un militant péquiste il y a un an, a été consacrée dans le programme politique du PQ dans l’indifférence générale. « Les gens savent qu’on est indépendantistes tous les jours. Il n’y aura pas de référendum dans le premier mandat, mais on ne se privera jamais de dire : à tel problème actuel, la vraie réponse, ce sera l’indépendance », a insisté M. Lisée.

     

    Porté par « zéro slogan » jusqu’au coup d’envoi de la campagne électorale, à l’été 2018, M. Lisée misera sur « un plan solide », notamment pour « faire du Québec une des nations les plus vertes au monde », et sur son « équipe solide » afin de rallier l’électorat québécois au PQ, actuellement au 3e rang dans les intentions de vote.

     

    Avec Marie-Michèle Sioui













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