Québec solidaire prend le virage économique

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé

Québec solidaire (QS) se lance dans l’année électorale qui s’amorce en attaquant le Parti libéral sur son terrain de prédilection : l’économie.

 

Au terme du caucus de ses trois élus, réunis en Estrie pour la fin de semaine, le parti a mis en avant dimanche quatre propositions visant à « faire en sorte que cette richesse qui se produit au Québec soit renvoyée dans les poches de ceux et celles qui la créent », a résumé la députée Manon Massé.

 

« Québec solidaire veut se positionner en faveur d’une économie au service des gens, au service du monde. […] La réforme de la Loi sur les normes du travail sera un moment privilégié pour affirmer [notre] position claire », a déclaré celle qui a également révélé être prête à assumer les fonctions de première ministre, le temps venu.

 

Au menu pour l’automne : un retour de l’offensive pour une hausse du salaire minimum à 15 $ de l’heure, une proposition pour l’ajout de deux congés chômés payés pour tous les travailleurs, une requête pour mettre fin à l’obligation des heures supplémentaires et des pressions pour faire passer le nombre de semaines de vacances payées à quatre.

 

L’idée chemine chez les libéraux

 

La loi québécoise sur les normes du travail prévoit actuellement qu’un salarié ayant effectué un an de travail continu a droit à « un congé annuel d’une durée minimale de deux semaines continues ». Après cinq ans de « service continu chez un même employeur », un travailleur a droit à trois semaines de vacances payées.

 

En mai, le premier ministre, Philippe Couillard, a dit songer à faire augmenter — d’une semaine, vraisemblablement — le seuil de vacances payées aux travailleurs québécois. « Rejoignons les pays de l’OCDE, rejoignons les pays de l’Union européenne et allons-y d’un quatre semaines de vacances après une année continue de travail », a proposé Manon Massé. La mesure permettrait selon elle de créer des emplois : « pendant ces semaines de vacances là, les travailleurs devront embaucher du monde », a-t-elle fait valoir.

 

Parmi les pays de l’OCDE, le Canada est en queue de peloton quant au nombre de congés qu’il offre à ses travailleurs. Seul le Japon accorde autant de journées de congé (10), et seuls les États-Unis en permettent moins (aucune). La France et le Royaume-Uni sont les plus généreux : ils fournissent respectivement 30 et 28 jours de congés payés à leurs travailleurs.

 

Québec solidaire, qui a toujours bon espoir d’en arriver à une fusion avec Option nationale d’ici les élections, ne compte cependant pas favoriser les candidatures économiques en vue du scrutin d’octobre 2018. « On cherche à tous les niveaux. […] Québec solidaire travaille pour gouverner en 2018 », a déclaré Manon Massé.

 

Comme son collègue Gabriel Nadeau-Dubois, l’élue de Sainte-Marie–Saint-Jacques s’est par ailleurs dite prête à assumer les fonctions de première ministre, si l’occasion se présente et « si les membres en décident ainsi ».

 

« Le comité de coordination a pris une décision sur le processus » de nomination d’un premier ministre, a-t-elle confirmé, sans vouloir donner de détails sur celui-ci. « Vous en entendrez parler dans les prochains jours », a-t-elle promis.

17 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 28 août 2017 06 h 32

    Enfin intégré dans un programme de parti..1976-2017

    « Québec solidaire veut se positionner en faveur d’une économie au service des gens, au service du monde. […] La réforme de la Loi sur les normes du travail sera un moment privilégié pour affirmer [notre] position claire » Manon Massé, 2017.


    Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,
    adopté et ouvert à la signature, à la ratification et à l'adhésion par l'Assemblée générale de l'ONU, dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966, est entré en vigueur le 3 janvier 1976, conformément aux dispositions de l'article 27.

    Il vaut la peine de le lire : c'était du temps où les Nations s'étaient engagées pour créer un Monde au service des humains...Une pensée issue de l'Après-Guerre et des « Révolutions (pas toutes) tranquilles », il y a eu 50 ans en 2016.
    Sa mise en application date elle-même de 41 ans.

    Depuis lors, le Monde est au service du 1 % et il n'est dédié pas au service des humains , mais à leur exploitation par ces prédateurs...

    Cela va prendre un ralliement extraordinaire pour renverser la vapeur, faire un Monde pour le monde et...sauver la planète.

  • Chantale Desjardins - Abonnée 28 août 2017 07 h 13

    On peut toujours rêver

    Le rêve aide à voir la vie en rose et Dubois et Massée peuvent rêver à une victoire éclatante. Ils doivent aussi se préparer à un échec éclatant ce qui est plus réaliste.

  • Jean Lapointe - Abonné 28 août 2017 07 h 49

    Il n' ya pas que les travailleurs qui créent de la richesse.

    « faire en sorte que cette richesse qui se produit au Québec soit renvoyée dans les poches de ceux et celles qui la créent », a résumé la députée Manon Massé.»

    Moi je veux bien mais, pour que cela se fasse davantage, ne faut-il pas tenir compte du fait qu'il n'y pas que les travailleurs qui la «créent» cette soi-disant richesse?

    Et il n'y a pas que les travailleurs. Il y aussi les chefs d'entreprises. Sans entreprises il n' y pas de travailleurs.

    Il me semble qu' on ne peut se permettre de souhaiter gouverner une province, comme c'est le cas de Manon Massé, en ne défendant les intérêts que d'une partie de la population.

    Quand on aspire à gouverner même une simple province comme l'est le Québec on doit prendre tout en considération.

    Québec Solidaire n'a pas l'air d'en avoir conscience et, en plus, a l'air de se contenter du fait que le Québec soit une province comme les autres.

    Ce n'est pas très emballant.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 28 août 2017 08 h 53

      À Jean Lapointe,

      "Il me semble qu'on ne peut se permettre de souhaiter gouverner une province, comme c'est le cas de Manon Massé, en ne défendant les intérêts que d'une partie de la population." - Jean Lapointe

      C'est pourtant ce que font tous les gouvernements néolibéraux au pouvoir depuis belle lurette : Gouverner en défendant les intérêts des entreprises et du 1% des ultra-riches au détriment des intérêts du 99% du peuple.

      Depuis quand le rôle du gouvernement devrait-il de se mettre au service de l'entreprise privée, alors que son rôle est de dispenser des services publics avec l'argent public des taxes et des impôts des gens ordinaires?

      Pour paraphraser Claude Péloquin..

      « Vous êtes pas tannés de vous faire fourrer bande de caves? »

      Christian Montmarquette

    • Christiane Gervais - Abonnée 28 août 2017 10 h 39

      D'accord avec vous d'autant que le titre est trompeur pour nous annoncer un virage économique qui ne vise que l'augmentation des semaines de vacances et la hausse du taux du salaire minimum, ce qui sont des bonnes choses en soi, mais comme programme économique c'est assez court bien que très populiste, il faut en convenir.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 28 août 2017 14 h 15

      M. Montmarquette,

      Je serais curieux de savoir ce que Claude Péloquin pense de votre parti , le QS.

  • Jean-François Trottier - Abonné 28 août 2017 07 h 56

    Nomination d'un premier ministre ??????

    Dites-moi que c'est une farce. Non ? Incroyable.

    Un premier ministre n'est pas au servivce d'un "comité de coordination", madame Massé.
    On l'élit et lui donne de réels pouvoirs, on ne le met pas en lice comme les candidats aux Gémeaux. Ni ne le "nomine".

    Décidemment, le sens du mot "mandat" échappe totalement aux organisateurs de QS. À force de vouloir "faire différend" ils détournent totalement le sens de la démocratie.

    Je dois dire que ça ne me surprend qu'à moitié. Sous des airs de représentativité, QS souhaite directement prendre le pouvoir, comité de coordination en tête. QS compte plus que les gens qui se présentent sous sa bannière... et les gens.

    Jusqu'à quel point votre comité de coordination se prend-il pour un Politburo ?
    En fin de compte, vous réservez "votre" démocratie aux apparatchniks de QS. Les députés et le futur premier ministre, eux, exécutent.

    Ne faites pas celle qui a été mal comprise. Ce n'est pas moi qui fait dans la caricature, c'est vous : le ton que vous prenez pour bien montrer que vous êtes au service du comité est à la limite de la veulerie. Si vous faites des ronds-de-jambe pour le poste, vous en êtes indigne.

    Le plus drôle est que, mais vous ne rirez pas je suppose, vous ne pouvez même pas me répondre! Vous devrez attendre que votre comité de coordination en arrive à avoir une opinion, puis prenne une décision, et enfin vous pourrez émettre un quelconque son.

    Quoi ? Vous êtes bien "porte-parole", non ? Pas vraiment en position d'avoir une opinion personnelle quoi : votre dernier geste gratuit a été de prendre votre carte de membre. Maintenant le vote du parti est la loi.

    Mon sang d'analyste de système se fige totalement, à l'image de votre parti, figé dans une structure mal;adive et un attitude profondément méprisante pour la société qu'il prétend représenter un jour.

    Je vous souhaite de rester longtemps au chaud dans le confort de votre gentillet titre de porte-parole. Restez irresponsable, ça vous va à

    • Christian Montmarquette - Inscrit 28 août 2017 09 h 00

      À Jean-François Trottier,

      "Jusqu'à quel point votre comité de coordination se prend-il pour un Politburo?" - Jean-François Trottier

      Pas étonnant que QS ait refusé de s'associer avec les péquistes.

      Un minimum de sens de fonctionnement démocratique semble échapper complètement à ces adeptes des messies politiques et du culte du parti-de-chef.


      Christian Montmarquette

    • Patrick Boulanger - Abonné 28 août 2017 09 h 35

      M. Trottier, avant de déchirer votre chemise de façon ostantatoire, attendez donc d'en savoir davantage. Comme l'article le souligne, vous allez bientôt pouvoir avoir les idées plus claires à cet égard. Vous serez donc en mesure d'analyser et poser un regard informé sur le processus de décision du « politburo ».

  • Gilles Théberge - Abonné 28 août 2017 09 h 37

    WOW!

    Manon l'économiste, ha ha ha!

    Ça promet.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 28 août 2017 12 h 47

      À Gilles Théberge,

      "Manon l'économiste, ha ha ha! Ça promet " - Gilles Théberge

      Ça promet autant sinon bien plus que des Jean-François Lisée et des Philippe Couillard qui n'ont aucun diplôme en économie.

      Quand on sait que Lisée a essayé de nous vendre l'idée de privatiser Hydro-Québec.. Ça donne une idée de ses compétences et de sa mentalité.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Quand Lisée proposait la privatisation d’Hydro-Québec" :

      - Pierre Dubuc, L'Aut' Journal, 2016/09/15

      .

    • Jean-Yves Arès - Abonné 28 août 2017 13 h 49

      Effectivement M. Théberge, avec ce que QS a fait comme réflexion sur l'économie jusqu'ici on ne peut que s'esclaffer de rire.

      L'économie est le sujet ou ce parti est le plus inhabile. Dans le meilleur des cas ils vont donné a contrat a l'externe l'écriture de leur discours économique !

    • Christian Montmarquette - Inscrit 28 août 2017 13 h 57

      À Jean-Yves Arès,

      "L'économie est le sujet ou ce parti est le plus inhabile." - Jean-Yves Arès

      Mais quelles sont donc les grandes habiletés économiques du PQ?

      Nous imposer le même dogme du déficit zéro, les mêmes politiques d'austérité pour leur peuple, les mêmes coupures immorales à l'aide sociales et le même graissage éhonté des banques et des multinationales que les libéraux à raison de 10 milliards par année avec des deniers publics qui devraient servir au financement de nos services publics?

      Christian Montmarquette

      Référence :

      Budget Marceau : "Plus d’austérité pour maintenir le cap" - Radio-Canada, 20 février 2014

      "

    • Jean-Yves Arès - Abonné 28 août 2017 17 h 54

      Christian M., vous questionnez les habilités économiques des autres partis pour justifier le vide de QS sur le sujet ?

      Et bravo pour nous donner une idée du discours de QS a venir sur le sujet; abattre le ''dogme du déficit zéro'' et se plaindre dans la même phrase des 10 milliards$ a payés chaque année pour les déficits passés...

      La situation vous écoeure, mais vous en redemander plus encore !

    • Christian Montmarquette - Inscrit 28 août 2017 19 h 42

      À Jean-Yves Arès,

      Le 10 milliards en question, n'est justement pas pour payer le déficit passé, mais constitué de subventions annuelles princières; congés fiscaux; réductions de tarifs etc, aux banques et aux entreprises multionationales accordés à tours de rôles par les gouvernement du PQ et du PLQ.

      - Cm

    • Christian Montmarquette - Inscrit 28 août 2017 22 h 27

      À Jean-Yves Arès,

      "Vous questionnez les habilités économiques des autres partis pour justifier le vide de QS sur le sujet?" - Jean-Yves Arès

      Quant qu'à moi, ce prétendu "vide" est une fausseté à sa face même.

      QS a toujours présenté, et ce, même avant tous les autres parti, un programme politique associé à un budget détaillé.

      - Ne pensons qu'au revenu minimum garanti; au régime de retraite universel étatique; à la création de Pharma-Québec; à l'augmentation des redevances minières; au refinancement des CLSC; à la création d'une banque nationale du Québec; à la lutte aux paradis fiscaux, au salaire minimum à 15$ etc.

      Parlez de vide économique dans de telles circonstances est clairement abusif. Sans compter que la saison politique n'est même pas vraiment commencée et que d'autres déclarations à caractères économiques suivront.

      Aucun parti politique ne dévoile l'ensemble de son projet d'une seule claque. Ce serait médiatiquement informativement très contre-productif.

      Je sais que votre hâte est grande.

      Mais un peu de patience M. Arès.

      D'autres déclarations suivront inévitablement afin d'assouvir votre grande soif de mieux nous connaitre!

      Christian Montmarquette