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    Des Idées en revues — Nouveaux cahiers du socialisme

    Les mouvements populaires défendent désormais les droits des autochtones

    22 août 2017 |Texte collectif* | Québec
    «Tout en diminuant le
    Photo: Chuch Mitchell La Presse canadienne «Tout en diminuant le "narratif" génocidaire et raciste, le capitalisme et le colonialisme ne peuvent ralentir le processus d’accumulation qui est leur raison d’exister, ce qui exige davantage de ressources et de territoires», avancent les auteurs.

    Au Canada, à l’origine, l’anéantissement des peuples autochtones s’est fait par l’assimilation et la destruction de l’identité, de la langue, de l’imaginaire autochtone, couplées à la destruction de leur économie, et la clochardisation des populations dans un système d’apartheid mis en place depuis la Confédération (avec la Loi sur les Indiens). Encore aujourd’hui au Québec, les onze peuples autochtones, sans compter les métis et les sans-statut, connaissent une situation extrêmement difficile, ce que montrent les statistiques sur le taux de pauvreté, l’état de la santé et de l’éducation, de même que les crises qui ne cessent de frapper ces sociétés en détresse, et dans celles-ci, particulièrement les jeunes.

     

    Dès le départ, les autochtones ont contesté cette situation les confinant au statut de peuples « invisibles », selon l’expression de Richard Desjardins. Les Cris de la baie James ont obtenu une certaine autonomie tout en imposant d’importantes compensations pour la destruction des territoires causée par la construction des barrages. Beaucoup de gens se sont solidarisés au moment de la crise d’Oka. Avec l’élection du gouvernement conservateur en 2006, les luttes contre les projets « extractivistes » se sont multipliées sur l’ensemble du territoire canadien, d’où de nouvelles initiatives comme celles d’Idle No More. Par la suite, des centaines de manifestations et de rencontres ont été organisées à travers le Québec et le Canada.

     

    Solidarité avec les autochtones


    Pendant longtemps, les mouvements populaires au Québec ont ignoré les réalités découlant du colonialisme canadien. Cela a commencé à changer en 1990, lors de la crise d’Oka, quand, malgré le débordement de violence et de racisme, un Regroupement de solidarité avec les autochtones a mobilisé plusieurs personnes contre cette fièvre réactionnaire. Depuis, on observe diverses expériences de convergences entre communautés autochtones et groupes sociaux sur des questions d’intérêt commun, comme dans le cas des menaces à l’environnement (le projet de mine d’uranium à Sept-Îles/Maliotenam). […]

     

    Parallèlement, la perception de la situation autochtone a en partie changé. Le rapprochement est plus visible en milieu urbain, du fait de la cohabitation et de l’insertion des autochtones dans des établissements scolaires. Des artistes autochtones sont maintenant connus de la population non autochtone dans plusieurs domaines (cinéma, musique, littérature, art pictural, etc.). Récemment, les travaux de la Commission vérité et réconciliation du Canada sur les victimes du système des pensionnats ont également contribué à faire connaître les malheurs créés par le système colonial et à répandre dans une bonne partie de la population le sentiment que cette injustice devait être abolie.

     

    Les défis

     

    Il serait prématuré de penser que le rapprochement va produire des impacts concrets et durables. Tout en diminuant le « narratif » génocidaire et raciste, le capitalisme et le colonialisme ne peuvent ralentir le processus d’accumulation qui est leur raison d’exister, ce qui exige davantage de ressources et de territoires. Comme ces ressources se trouvent en bonne partie sur des territoires autochtones non cédés, le conflit perdure. Par ailleurs, les communautés autochtones restent soumises aux aléas des manipulations de l’État fédéral qui cherche constamment à instrumentaliser les structures de pouvoir autochtones. Cet État, par ailleurs, fait tout pour attiser les tensions entre les aspirations québécoises à l’autodétermination et celles des autochtones. Enfin, il faut souligner que pour lutter ensemble, le tissage de véritables liens de solidarité s’appuie sur des dialogues prolongés entre les nations concernées, ce qui exige des efforts pour aborder la question d’une façon non superficielle. Il reste donc un énorme travail à faire pour établir des mécanismes qui permettraient la convergence entre les peuples, seul chemin pour construire un projet d’émancipation à la hauteur des aspirations des peuples.

     

    * Les auteurs de ce texte sont Geneviève Beaudet, Pierre Beaudet, Marie-Josée Béliveau, Brieg Capitaine, Dalie Giroux, Widia Larivière, Clifton Nicholas, Pierre Trudel, Julien Vadeboncoeur et Élise Vaillancourt.

     

    Des commentaires ou des suggestions pour des Idées en revues ? Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.

    Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d’un texte paru dans la revue Nouveaux cahiers du socialisme, août 2017, no 18.













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