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    Neutralité religieuse

    La loi va s’appliquer partout, prévient Philippe Couillard

    19 août 2017 |Lia Lévesque - La Presse canadienne | Québec
    Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

    La future loi sur la neutralité religieuse de l’État s’appliquera bel et bien à Montréal et dans toutes les municipalités du Québec, n’en déplaise au maire Denis Coderre.

     

    Le premier ministre Philippe Couillard l’a confirmé, vendredi, au cours d’un point de presse à Montréal, après qu’il eut pris la parole devant des participants à la Conférence internationale sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres dans la francophonie.

     

    Plus tôt cette semaine, le maire de Montréal avait soutenu qu’il n’appartenait pas au gouvernement du Québec de déterminer comment les employés de la Ville pourraient ou ne pourraient pas se vêtir. « On n’a pas besoin d’un tuteur pour nous dire comment embaucher nos employés », avait-il lancé.

     

    Le maire Coderre s’était demandé à voix haute si une femme portant le niqab pourrait monter à bord d’un autobus, en vertu des règles prévues dans ce projet de loi, qui prévoit notamment la dispensation et la réception de services publics à visage découvert.

     

    « Ce n’est pas un gouvernement quel qu’il soit qui va nous dire comment vont se vêtir nos employés, comment on va rendre nos services », avait dit le maire Coderre.

    On ne peut pas faire en sorte que la plus grande ville, la métropole du Québec, ne fasse pas partie du même paysage
    Le premier ministre Philippe Couillard

    Vendredi, le premier ministre affirmait le contraire : « Cette loi va s’appliquer sur tout le territoire du Québec. Le concept de la neutralité religieuse de l’État s’applique sur tout le territoire du Québec. Et c’est la prérogative du gouvernement du Québec de le faire. »

     

    M. Couillard s’est tout de même dit ouvert à la discussion, mais pas au point de rogner sur les principes. « On a offert et on offre encore aux municipalités d’ouvrir avec nous un espace de discussion pour parler des règles d’application. Mais sur les principes, il est clair que ça doit s’appliquer partout au Québec. Je veux être très, très, très clair là-dessus. »

     

    Le premier ministre a rejeté l’argument voulant que ça ne concerne pas le gouvernement du Québec. « Ça me regarde ; c’est mon travail, en fait. C’est mon devoir de légiférer à partir de Québec sur le vivre-ensemble et sur cette question de neutralité religieuse. On ne peut pas faire en sorte que la plus grande ville, la métropole du Québec, ne fasse pas partie du même paysage », a-t-il insisté.

     

    « On parle uniquement d’un principe clair et simple de visage découvert pour la prestation et la réception de services publics, pour des raisons de communication, d’identité et de sécurité. On devrait être capable facilement — à mon avis, c’est loin d’être aussi complexe que les gens le prétendent — de déterminer des critères puis des modalités d’application », a conclu le premier ministre Couillard.

     

    Coderre réplique

     

    Plus tard durant la journée, le maire Coderre a à son tour répliqué, avec un exemple concret : si une femme vêtue d’un niqab, accompagnée de deux enfants, veut prendre l’autobus, l’hiver, par -25 degrés Celsius, que doit faire le chauffeur d’autobus ? L’empêcher de monter à bord parce que son visage est caché ? « Je suis devenu une police de la burqa ou du niqab et je vais décider qui rentre dans l’autobus ou pas ? » a-t-il illustré.

     

    Le maire a rappelé que la loi électorale permet déjà de voter par la poste, donc sans qu’on voie le visage de l’électeur.

     

    « Je demande juste de la cohérence », a plaidé Denis Coderre, se défendant de vouloir jouer le roitelet de Montréal.

     

    « Mon rôle, c’est de protéger aussi la paix sociale », s’est-il justifié.













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