De Santis intervient auprès du commissaire Chartier et soutient qu’il a été «mal cité»

Le président de la Commission d’accès à l’information, Jean Chartier
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le président de la Commission d’accès à l’information, Jean Chartier

En réaction à un article du Devoir dans lequel le président de la Commission d’accès à l’information (CAI), Jean Chartier, reconnaissait que la sphère politique s’ingérait dans les demandes d’accès à l’information, le cabinet de la ministre Rita De Santis est entré en contact avec M. Chartier et annonce jeudi matin qu’il publiera un communiqué pour « clarifier ses propos ».

 

« On a appelé monsieur Chartier ce matin », a attesté l’attachée de presse de la ministre, Laurence Tôth. Selon le cabinet De Santis, M. Chartier estime avoir été « mal cité » par Le Devoir.

 

« Il va y avoir un communiqué de presse qui va sortir aujourd’hui », a confirmé la responsable des relations médias de la CAI. Son président n’a pas souhaité discuter avec Le Devoir dans l’immédiat.

 

Un total de cinq employés du Devoir, journalistes et éditorialistes, participaient à la table éditoriale au cours de laquelle M. Chartier a déclaré mercredi qu’il n’existait « pas de mur » entre les responsables de l’accès à l’information des organismes publics du Québec et les cabinets politiques. L’entretien a été enregistré.
 

Écoutez des extraits de notre entrevue avec Jean Chartier

 


Rita De Santis, qui n’a pas entendu l’enregistrement, a déclaré au Journal de Québec que M. Chartier a dit « qu’il avait été mal cité ». « Il nous a confirmé que la commission n’a jamais trouvé d’ingérence politique dans un dossier, qu’il n’a pas de preuve d’ingérence », a dit la ministre.

 

Selon la chef de cabinet de Rita De Santis, Joanne Beauvais, Jean Chartier a répondu par la négative quand on lui a demandé s’il avait en main des cas de jurisprudence qui témoignaient d’une ingérence politique dans le processus des demandes d’accès à l’information.

 

La Loi sur l’accès aux documents des organismes publics ne prévoit aucune « séparation réelle » entre les responsables de l’accès à l’information et les acteurs politiques, a rappelé Jean Chartier. Son article 8 prévoit que « la personne ayant la plus haute autorité au sein d’un organisme public » est responsable de l’accès à l’information.

 

« La grande majorité des demandes, on n’en fera jamais état aux dirigeants », a déclaré Jean Chartier au Devoir. « Maintenant, des dossiers plus hot, des dossiers plus politiques, que le responsable de l’accès aille en parler à ses principaux, moi, sérieusement, je n’y vois pas vraiment de problème », a-t-il ajouté. Par « principaux », il entendait « un directeur de département, un sous-ministre ou le ministre lui-même », a-t-il précisé.

  • Hermel Cyr - Abonné 17 août 2017 13 h 52

    Pauvre elle !

    Elle intervient auprès du commissaire Chartier pour lui faire dire que les cabinets de ministres n’interviennent pas auprès de sa Commission ! … et en plus, c’est elle qui dit à la presse, à la place de M. Chartier, qu’il a été mal cité ! Elle vient d'en échapper deux d’un seul coup. Faut le faire !

    On la savait pas forte, mais là, on est autorisé de dire qu’elle est nulle.

    • Robert Beauchamp - Abonné 17 août 2017 15 h 45

      Elle n'intervient jamais, sauf dans cette situation-ci si je comprends bien.
      Pauvre elle, elle doit être mal à l'aise.

  • Patrick Boulanger - Abonné 17 août 2017 16 h 18

    Voici un extrait d'un article du Devoir où M. Chartier s'exprime : « « On ne peut pas faire abstraction de la volonté politique, selon nous. On ne peut pas faire abstraction du caractère chaud d’un dossier politique quand une demande rentre », a-t-il affirmé lors d’une table éditoriale organisée dans les bureaux montréalais du Devoir »

    Si cette citation est exacte, ça regarde mal pour Mme De Santis.

  • Robert Vachon - Abonné 17 août 2017 21 h 34

    le pied dans la bouche

    Cela s'appelle-t-il se mettre le pied dans la bouche ?? à la place de M. Chartier, je ne serais pas du tout heureux que la ministre précise la teneur de mes propres propos... encore que ce soit compréhensible qu'elle le fasse à en juger par ses surprenants popos sur les frontières entre le judiciaire (accès à l'Information) et le politique. La démocratie ne fonctionne-telle pas à partir du principe -entres autres- de séparation des pouvoirs ?

  • Claude Gélinas - Abonné 18 août 2017 18 h 54

    De l'injure à l'insulte !

    Il fallait être culotté et de mauvaise foi pour prétendre que le Devoir a mal cité le Président de la CAI alors que la rencontre était enregistrée et de nombreux journalistes étaient présents.

    Dans ce contexte, comment qualifier l'obligation imposée par la Ministre au Président pour lui faire émettre un communiqué reposant sur un mensonge alors que personne n'ignore qu'aux trois niveaux de gouvernement les responsables de l'accès à l'information ne fournissent aucune réponse avant de s'adresser aux décideurs politiques.

    Par contre, circonstance atténuante, la Ministre De Santis, la plus faible du Cabinet, est une habituée des rétropédalages.

  • François Masseau - Abonné 18 août 2017 20 h 56

    Le principe de Peter

    Il y a déjà longtemps que cette ministre l'a attteint. Quelle incompétente !