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    Un homme dévoué à la prospérité du Québec

    L’entourage de Jacques Daoust, décédé jeudi, salue la passion de l’ex-ministre pour le développement économique

    4 août 2017 | Marie-Michèle Sioui à Québec | Québec
    L’ancien ministre libéral Jacques Daoust
    Photo: Clement Allard La Presse canadienne L’ancien ministre libéral Jacques Daoust

    Le passage en politique de Jacques Daoust a été court et mouvementé, mais ce sont les qualités de gestionnaire et le sens de l’humour de l’ex-ministre libéral qui ont été salués, jeudi, à l’annonce de son décès.

     

    L’homme de 69 ans s’est éteint au cours de la nuit, une semaine après avoir subi un accident vasculaire cérébral (AVC). « Il est mort vers 1 h 40. On était à son chevet », a confirmé son fils Sébastien.

     

    Jacques Daoust laisse derrière lui sa conjointe, ses fils, Étienne et Sébastien, et ses deux petites-filles.

     

    L’ex-député de Verdun était hospitalisé depuis la fin du mois de juillet en raison d’un AVC. « Ce qui est d’autant plus cruel, c’est qu’hier [mercredi] il a eu des premiers signes au niveau cognitif. Il n’était toujours pas capable de parler, mais il était capable de répondre à des commandes avec ses mains, de faire des signes avec ses pouces », s’est désolé son fils.

    Aujourd’hui, pensons à l’homme, pensons à sa famille, pensons au service public
    Le premier ministre Philippe Couillard

    Une heure après avoir constaté ces progrès, la famille a cependant été conviée à son chevet, à l’Institut neurologique de Montréal. Jacques Daoust s’est éteint peu de temps après. « C’était un homme qui était extrêmement comique, qui aimait blaguer, et comme grand-père encore plus », a raconté Sébastien Daoust au Devoir.

     

    Passion et dévouement

     

    De passage au Lac-Saint-Jean, le premier ministre Philippe Couillard a aussi rendu hommage à celui qu’il avait recruté, en mars 2014, afin qu’il forme, avec Carlos Leitão et Martin Coiteux, le « trio économique » du Parti libéral.

     

    « Aujourd’hui, pensons à l’homme, pensons à sa famille, pensons au service public », a-t-il suggéré.

     

    Jacques Daoust a été ministre de l’Économie du 23 avril 2014 au 28 janvier 2016, puis ministre des Transports jusqu’au 19 août 2016, date de sa démission comme député à la suite d’une controverse liée à la vente de l’entreprise Rona. « C’était une personne pour laquelle le développement des entreprises était extrêmement important. Il a travaillé dans le public pour faire progresser le Québec globalement », a souligné son fils Sébastien.

     

    « Au cours des dernières années, c’est avec coeur, passion et dévouement qu’il a représenté les citoyens de Verdun et qu’il a été au service des Québécois », a aussi déclaré Philippe Couillard.

     

    Une carrière saluée

     

    Tant les anciens employeurs que les anciens collègues de Jacques Daoust ont salué son implication et sa carrière. Né à Verdun le 17 février 1948, le diplômé en administration des affaires a amorcé sa carrière au ministère de la Défense nationale, avant de passer chez SNC, à la Banque Nationale, puis à la Banque Laurentienne.

     

    En 2006, il a été nommé à la tête d’Investissement Québec (IQ) par le gouvernement Charest. Il a été démis de ses fonctions sept ans plus tard, à l’arrivée du gouvernement Marois.

     

    Dans un communiqué, IQ a souligné l’apport de Jacques Daoust à la « prospérité » de « tous les Québécois ».

     

    « Il avait constamment à coeur le développement économique du Québec », a souligné la société.

     

    « Nous saluons sa contribution au développement de notre institution ainsi que sa participation indéniable au développement économique du Québec », a aussi déclaré François Desjardins, président et chef de la direction de la Banque Laurentienne.

     

    Celle qui lui a succédé au ministère de l’Économie, Dominique Anglade, a salué le départ d’« un homme de convictions avec lequel [elle a] eu le plaisir de travailler ».

     

    « C’est un choc. Jacques Daoust était un homme brillant. […] Il va nous manquer », a aussi déclaré la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, en marge d’un point de presse avec sa collègue et ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois. « C’était un homme très, très compétent, mais surtout, ce que je retiens de lui, c’est son sens de l’humour », a indiqué cette dernière.

     

    Une vie politique mouvementée

     

    En politique, Jacques Daoust a été impliqué dans des dossiers controversés et délicats. À l’Économie, il a accordé l’aide gouvernementale d’un milliard de dollars américains à Bombardier, en vertu d’un montage financier qui a été vivement critiqué par l’opposition. Aux Transports, il a piloté l’épineux dossier du transporteur Uber, qui a mené à l’adoption du projet de loi sur l’industrie du taxi et à la négociation des termes d’un projet-pilote avec l’entreprise technologique de transport.

     

    Ce sont cependant les débats entourant la vente du quincaillier Rona à l’entreprise américaine Lowe’s qui auront eu raison de sa carrière politique.

     

    En contradiction avec sa version des faits, des médias et la vérificatrice générale du Québec ont rapporté que Jacques Daoust avait été mis au courant de la vente des 11 millions d’actions que détenait IQ dans Rona à Lowe’s. Le ministre a alors perdu la confiance de Philippe Couillard et a été contraint de démissionner, bien qu’il ait toujours maintenu qu’il n’avait rien à se reprocher.

    Quelques dates Mars 2014 : en campagne électorale, le Parti libéral présente son trio économique. Ses membres : Carlos Leitão, Martin Coiteux et Jacques Daoust.

    7 avril 2014 : Jacques Daoust est élu dans Verdun, avec 50,59 % des voix.

    30 octobre 2015 : le gouvernement libéral engage un milliard de dollars américains dans la poursuite du programme CSeries de Bombardier. Le dossier est porté par le ministre de l’Économie, Jacques Daoust.

    28 janvier 2016 : le premier ministre Philippe Couillard démantèle son trio économique. Jacques Daoust est remplacé par Dominique Anglade à l’Économie et relégué au ministère des Transports.

    3 février 2016 : le quincaillier québécois Rona est vendu à Lowe’s. L’opposition s’indigne du départ de ce fleuron québécois. Jacques Daoust, qui était à l’Économie au moment de la transaction, affirme qu’il n’était pas au courant de la vente des actions de Rona détenues par Investissement Québec.

    2 juin 2016 : la vérificatrice générale conclut dans un rapport que Jacques Daoust savait qu’Investissement Québec allait liquider ses actions de Rona.

    10 juin 2016 : l’Assemblée nationale adopte sous bâillon le projet de loi de Jacques Daoust sur l’industrie du taxi, en réaction à l’arrivée du transporteur Uber sur le marché.

    19 août 2016 : TVA dévoile des courriels démontrant que l’ex-chef de cabinet de Jacques Daoust, Pierre Ouellet, a autorisé d’un simple « OK » la vente des 11 millions d’actions d’Investissement Québec dans Rona au géant américain Lowe’s. Jacques Daoust démissionne quelques heures plus tard.












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