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    Bois d’oeuvre: démonstration de force à Québec

    28 juin 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    Une vingtaine d’acteurs ont discuté des droits antidumping préliminaires de 6,87 % imposés lundi par le département américain du Commerce.
    Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Une vingtaine d’acteurs ont discuté des droits antidumping préliminaires de 6,87 % imposés lundi par le département américain du Commerce.

    Démonstration de force à Québec, où une vingtaine d’acteurs des milieux économique, syndical et patronal — entre autres — se sont réunis mardi pour discuter de la taxation « déraisonnable, injustifiable et questionnable » de l’industrie canadienne du bois d’oeuvre par le gouvernement américain.

     

    « Si j’avais déjà un souhait à exprimer, c’est que notre caractéristique bien québécoise, de savoir se concerter et de se serrer les coudes lorsque les moments sont difficiles, soit évidente dans les semaines, les mois qui viennent », a déclaré, a déclaré le premier ministre Philippe Couillard, à l’ouverture de la table ronde sur les relations commerciales entre le Québec et les États-Unis.

     

    Devant lui, des représentants, qui étaient aussi issus des milieux culturel, agricole ou forestier, attendaient leur tour de parole pour discuter des droits antidumping préliminaires de 6,87 % imposés lundi par le département américain du Commerce. Ces mesures s’ajoutent à la surtaxe de 12,82 % déjà imposée à Produits forestiers Résolu et à la surtaxe de 19,88 % que payent depuis avril les autres entreprises québécoises.

     

    « C’est vraiment une mesure protectionniste », a dénoncé le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette. « Elle est déraisonnable, injustifiable, questionnable. On est tous unis et on veut vraiment que le conflit se règle. »

     

    La rencontre de deux heures, qui ne portait pourtant pas sur des « contenus fins », comme l’a résumé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, a néanmoins été « bonne ». « On a senti une volonté que les acteurs du milieu se réunissent », s’est félicitée la leader syndicale. « On sent qu’on est impliqués dans le dossier, on sent qu’on peut faire une différence », s’est aussi réjoui le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec, Serge Cadieux.

     

    Union sacrée

     

    Aux personnes de tous les horizons réunies à Québec, le premier ministre a parlé de « l’union sacrée », dans une référence au rapprochement politique opéré par la France au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

     

    Au-delà des manifestations d’unité, cependant, peu de détails ont filtré au sujet de la rencontre, tenue à huis clos. Le négociateur du Québec dans le dossier du bois d’oeuvre, Raymond Chrétien, a refusé de s’adresser aux médias. Au début du mois, il prédisait un accord rapide sur le bois d’oeuvre, évoquant une « ouverture » pour la négociation.

     

    Le conseiller spécial du gouvernement dans la négociation de l’ALENA, Raymond Bachand, a quant à lui insisté sur l’image que le Québec doit projeter face aux États-Unis, où il envoie 70 % de ses exportations. « C’est important pour le Québec que les Américains sentent qu’il y a une concertation, une consultation et un bon consensus au Québec », a-t-il fait valoir. « On ne nous aura pas à l’usure. Nous serons là à long terme, notre démarche s’inscrit dans le long terme », a aussi déclaré la ministre de l’Économie, Dominique Anglade.

     

    Comme Ottawa l’avait fait plus tôt, l’élue n’a pas écarté la possibilité de s’en remettre — encore une fois — aux tribunaux si le conflit se retrouve dans une impasse. « On préfère de loin qu’il y ait une entente qui soit négociée avec le gouvernement américain sur le bois d’oeuvre, a quand même averti Dominique Anglade. Mais s’il faut aller vers des recours judiciaires, absolument, parce qu’encore une fois, on sait que le régime forestier québécois tient la route. »

     

    La dernière dispute commerciale sur le bois d’oeuvre entre les États-Unis et le Canada s’est terminée devant les tribunaux. En 2006, au terme de cinq années de représentations en justice, le Canada a eu gain de cause contre les États-Unis.

     

    Dans l’espoir de réduire les impacts du conflit, qui touche 60 000 travailleurs, le gouvernement a mis sur pied un programme d’aide de 300 millions. Jusqu’ici, aucune aide financière n’a été accordée. Une seule demande a été menée à terme et déposée chez Investissement Québec, tandis que 18 dossiers sont à l’étude.

    Des milliers d’emplois en jeu, selon Trudeau Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, estime que le conflit du bois d’oeuvre pourrait affecter des milliers d’emplois au pays. « C’est quelque chose que nous prenons très, très au sérieux et un enjeu sur lequel nous travaillons très, très fort », a-t-il déclaré mardi. « On prévoyait ces nouvelles qu’on a reçues », a-t-il aussi dit au sujet des nouvelles taxes imposées par Washington. Dans son plan d’aide de 867 millions, le fédéral a tenu compte de la possibilité que le conflit se termine devant les tribunaux. « Chaque fois, les tribunaux finissent par nous donner raison et rejeter ces actions américaines, et on s’attend à ce que ça se passe encore une fois ainsi », a-t-il assuré. Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, a quant à lui tenu une rencontre avec les premiers ministres des provinces afin « de poursuivre les discussions sur la façon dont le Canada répondra à ces droits punitifs et injustes ».












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