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    Un nouveau sondage confirme le déclin du PQ

    La CAQ et QS continuent de gagner du terrain

    24 juin 2017 |Stéphane Baillargeon | Québec
    Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ferait le meilleur premier ministre du Québec pour 13 % des répondants seulement.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ferait le meilleur premier ministre du Québec pour 13 % des répondants seulement.

    Un sondage politique Léger–Le Devoir désigne deux gagnants (la CAQ et QS) et deux perdants (le PLQ et le PQ) selon les intentions de vote exprimées.
     

    Les plus jeunes formations, la Coalition avenir Québec (maintenant à 28 %) et Québec solidaire (à 15 %), progressent encore, cette fois de deux points chacune par rapport à mai. Les deux anciennes formations, le Parti libéral et le Parti québécois, elles, reculent à nouveau, d’un point partout, pour se situer respectivement à 31 % et 22 %.
     

    Ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour la formation péquiste dans le sondage Léger réalisé cette semaine pour Le Devoir. Son chef, Jean-François Lisée, ferait le meilleur premier ministre du Québec pour 13 % des répondants seulement.

    Les intentions de vote
    Pour quel parti voteriez-vous?
    Parti Juin 2017 Mai 2017 Janvier 2017
    PLQ 31 % 32% 32%
    CAQ 28% 26% 23%
    PQ 22% 23% 29%
    QS 15% 13% 9%

    C’est à peine mieux — et dans la marge d’erreur — que le tandem des porte-parole solidaires, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, à 10 %. Philippe Couillard, l’actuel premier ministre, reçoit 20 % de voix favorables et le chef caquiste, François Legault, 23 %.

     

    « Si on regarde l’évolution des intentions de vote sur une période de six mois, il y a deux grands gagnants (la CAQ et QS) et deux grands perdants (le PLQ et le PQ) », résume Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage qui porte son nom. « À 31 %, les libéraux atteignent un des pires scores de leur longue histoire. En y additionnant le faible score péquiste, on voit aussi que la moitié des gens sont prêts à voter pour un parti non traditionnel. C’est aussi ce qui se passe ailleurs dans le monde où les partis traditionnels reculent ou s’effondrent. On l’a bien vu en France récemment. »
     

      

    Le désaveu semble particulièrement douloureux pour le chef péquiste, arrivé en poste en octobre 2016, il y a donc environ neuf mois. Jean-François Lisée sera soumis à un vote de confiance lors du prochain congrès de sa formation, en septembre.

     

    « Il ne se présente pas en position de force », résume le sondeur. Selon son enquête, à peine un électeur péquiste sur deux (52 %) pense que M. Lisée ferait un meilleur premier ministre. Cette affinité élective se situait à 61 % en novembre 2016, un mois après sa désignation comme chef.

     

    Le chef du PQ était aussi alors désigné comme « meilleur premier ministre » potentiel par 17 % des gens, 4 % de plus que maintenant. Chez les caquistes, par comparaison, trois électeurs sur quatre (75 %) choisissent maintenant François Legault pour cette fonction.

      

    De la Constitution

     

    Réputé fin stratège, le nouveau leader indépendantiste a misé sur deux réformes centrales. L’alliance souhaitée avec les autres formations indépendantistes (surtout QS) a échoué. Il a aussi fait la promesse de ne pas tenir de référendum dans l’éventuel premier mandat d’un gouvernement péquiste.

     

    Une bonne part de l’enquête cherche justement à comprendre l’appétit de la population pour le débat constitutionnel, dans la foulée de la récente proposition de relance libérale provinciale en cette matière. Au total, 41 % des répondants sont d’accord avec ce projet et 34 % en désaccord. L’idée est même bien accueillie par 35 % des votants PQ.
     


    Par contre, seulement un fidèle péquiste sur deux (51 %) trouve ce débat important, par rapport à 39 % de la population totale. D’ailleurs, 58 % de la population ne voit qu’un problème mineur ou pas de problème du tout dans le fait que le Québec n’ait pas encore signé la Constitution canadienne de 1982.

     

    Le sondage a été réalisé par l’entremise d’Internet auprès de 984 Québécois ayant droit de vote entre le 19 et le 21 juin. Les données finales ont été pondérées à l’aide de données du recensement de 2011 selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité afin de constituer un échantillon représentatif de la population. Par comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 %, dans 19 cas sur 20.

     

    La CAQ et QS en force

     

    Ce portait de groupe avec électeurs québécois confirme la montée en force de QS, qui a gagné six points depuis janvier (passant de 9 à 15 % des intentions de vote), mais surtout de la CAQ, qui a progressé de 22 à 28 % entre le 16 mars et le 21 juin. La formation de François Legault semble de plus en plus se présenter comme une solution possible au gouvernement. En plus, à partir de ces seuils, chaque part supplémentaire de 1 % des intentions de vote peut se traduire en plusieurs sièges supplémentaires.
     

    « La prochaine élection se fera entre quatre formations, pas entre deux partis, note le président Léger. Une lutte à quatre partis demeure très imprévisible. Mais on sent qu’il y a du mouvement depuis deux sondages. Les intentions de vote commencent à bouger, probablement parce qu’on entre dans une année électorale. »

     

    Les plaques politicotectoniques vont continuer de bouger. M. Léger fait par exemple remarquer que la masse d’électeurs non francophones déclarée favorable au PLQ (68 %) pour l’instant devrait gonfler aux urnes jusqu’à lui permettre de faire le plein de plus de 80 % de ces voix.

     

    Une dynamique régionale se dessine aussi. En dehors de Québec et de Montréal, la CAQ attire 34 % des faveurs électorales exprimées, soit une dizaine de plus que le PLQ (24 %) et le PQ (23 %). Dans les régions, QS reçoit la faveur de 18 % des votes potentiels. La lutte à quatre semble même à son paroxysme dans ces zones en dehors des deux grands centres urbains.













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