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    L’opposition prépare la réforme du mode de scrutin

    Cinq partis politiques s’unissent pour promouvoir l’abandon des élections majoritaires uninominales

    8 juin 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    La réforme du mode de scrutin fait actuellement consensus au sein de l’opposition à l’Assemblée nationale.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La réforme du mode de scrutin fait actuellement consensus au sein de l’opposition à l’Assemblée nationale.

    La coalition de partis politiques promouvant une réforme du mode de scrutin résiste à la crise de confiance entre le Parti québécois et Québec solidaire.

     

    En effet, les deux formations politiques dépêcheront leur émissaire respectif — Véronique Hivon (PQ) et Manon Massé (QS) — à la huitième rencontre transpartisane organisée par le Mouvement démocratie nouvelle (MDN) en un an, a appris Le Devoir.

     

    De concert avec Simon Jolin-Barrette (Coalition avenir Québec), Sol Zanetti (Option nationale) et Alex Tyrrell (Parti vert du Québec), les deux élues continueront de préparer le terrain à la mise au rancart du mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour.

     

    Les représentants des cinq partis politiques se sont entendus pour mettre sur pied une « commission itinérante » afin de tester auprès de la population québécoise des solutions de rechange, y compris un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional.

     

    À l’occasion de leur prochaine rencontre au QG du MDN à Montréal, ils fixeront les détails de cette « vaste consultation publique » qui grâce à l’aide de centrales syndicales, d’associations étudiantes et de groupes communautaires se tiendrait dans une dizaine de municipalités du Québec l’automne prochain.

     

    « Le but de cette commission serait de convenir des modalités d’un mode de scrutin alternatif pour le Québec, afin que les partis puissent s’entendre sur une position commune et prendre des engagements électoraux dans ce sens », résume le président du MDN, Jean-Sébastien Dufresne, dans un échange avec Le Devoir.

     

    Le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional — qui fait actuellement consensus au sein de l’opposition à l’Assemblée nationale — permettrait de réduire la distorsion entre, d’une part, le pourcentage de voix recueillies par chacun des partis politiques lors des élections générales et, d’autre part, le pourcentage des 125 sièges de l’Assemblée nationale octroyé à chacun d’eux.

     

    Pour sa part, le Parti libéral du Québec a décliné l’invitation du MDN. Il boudera les travaux de la commission itinérante, convaincu qu’ils aboutiront à plus de « proportionnelle ». « La proportionnelle […] mène à des gouvernements minoritaires », met en garde la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis. « Jusqu’ici, le système que nous avons nous sert bien », avait-elle déclaré l’hiver dernier.

     

    Climat de tension

     

    La dernière rencontre transpartisane animée par le MDN s’est déroulée le 15 mai dernier à Montréal. Entre-temps, QS a soi-disant trahi la confiance du PQ en refusant de discuter d’alliances stratégiques, puis en reniant sa signature au bas de l’entente de principe sur une feuille de route d’accession vers l’indépendance avalisée par tous les membres de la table de concertation des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec) au terme d’âpres négociations.

     

    Après avoir consenti « tant d’efforts et d’énergie pour réunir des compatriotes adversaires et les amener à opter pour un grand changement », soit l’instauration d’un nouveau mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional, l’ex-président de l’Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau s’était dit « trahi » par QS.

     

    De son côté, le MDN s’était bien gardé de commenter officiellement le déclenchement des hostilités entre le PQ et QS, craignant de voir la coalition de partis politiques promouvant une réforme du mode de scrutin éclater à son tour.

     

    « Est-ce à dire que le MDN se désintéresse de la controverse sur l’échec de l’alliance entre QS et le PQ ? À dire vrai, nous y voyons un symptôme de plus du fait que le mode de scrutin uninominal actuel place les partis politiques devant un choix déchirant : faire des compromis importants sur leurs orientations politiques dans le but de conquérir le pouvoir ou vivre avec les fortes distorsions de la représentation que notre système actuel engendre », a écrit M. Dufresne dans une lettre ouverte transmise au Devoir.

     

    « De tels débats chargés d’émotion et laissant des cicatrices ne seraient plus nécessaires avec un système à finalité proportionnelle, chacun des partis pouvant défendre pleinement ses positions tout en obtenant sa juste part du pouvoir. »













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