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    Idées

    Les indépendantistes devront se solidariser si le débat constitutionnel s’ouvre

    2 juin 2017 | Sol Zanetti - Chef d’Option nationale | Québec
    Sol Zanetti lors du congrès de Québec solidaire
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Sol Zanetti lors du congrès de Québec solidaire

    Philippe Couillard ne lance pas un chantier de négociations constitutionnelles pour faire diversion aux révélations sur ses liens avec Marc-Yvan Côté. La coïncidence est bonne pour lui, mais il n’a pas pu rédiger un document de 200 pages en une semaine juste pour ça. C’est un projet qu’il avait fait mine de mettre sur la glace, mais qu’il prépare depuis longtemps.

     

    S’il s’était préalablement entendu avec M. Trudeau pour que ça fonctionne, c’eût été un coup de génie. D’abord, il serait allé chercher la part de l’électorat caquiste qui souhaite avoir plus de pouvoir au sein du Canada. Ensuite, son adversaire traditionnel sur ce champ de bataille, le Parti québécois, est ligoté par sa promesse de ne pas proposer l’indépendance en 2018.

     

    Toutefois, le lendemain de la parution de la nouvelle, M. Trudeau lui donne une gifle en assurant à tout le monde qu’il n’y aura pas d’ouverture de la Constitution. Si c’est vrai, l’initiative de M. Couillard tombe à l’eau et il a fait une énorme gaffe. Il a reconnu que le statu quo est insoutenable, tout en se faisant bloquer le chemin à une transformation du Canada.

     

    Quatre actions

     

    Si la réponse du premier ministre canadien est sincère, M. Couillard est un piètre stratège. Si toutefois le refus de M. Trudeau n’est qu’une mise en scène et qu’il prévoit de changer d’idée pour donner à tout le monde l’impression que M. Couillard a fait un gain politique, quatre actions deviendront alors nécessaires.

     

    Le PQ devra revoir sa promesse absurde de n’entreprendre aucune stratégie indépendantiste pour 2018.

     

    Québec solidaire devra revoir le mandat donné à son projet d’assemblée constituante, car il faudra avoir une position claire pour s’opposer à cette tentative d’« enfirouapement » constitutionnel. En effet, si l’ouverture de la Constitution devient l’enjeu clivant de la prochaine élection, ceux qui auront une position mitoyenne, se laissant interpréter en 50 nuances de peut-être, se retrouveront entre deux chaises et seront boudés par l’électorat.

     

    Les négociations pour la feuille de route des OUI-Québec devront aboutir, car les indépendantistes auront plus que jamais besoin d’une stratégie commune. Si on présente trop d’options différentes dans un débat qui sera aussi polarisé, nous allons perdre. Si le Canada accorde à M. Couillard ne serait-ce que la moitié d’une des cinq conditions qu’il a posées, il va l’accepter plutôt que de perdre la face. Il signera alors la Constitution sans référendum, fort de sa majorité parlementaire élue par 29 % des électeurs inscrits.

     

    Ensuite, QS et le PQ devront envisager l’idée de pactes électoraux temporaires à l’aune de la nouvelle conjoncture. Je sais que personne n’en a envie, mais là, l’intérêt supérieur de la nation va l’exiger plus que jamais depuis les années 1990.

     

    Pourquoi ? Parce que la signature de la Loi constitutionnelle de 1982 aurait des conséquences terribles. Premièrement, elle donnerait une apparence de légitimité à ce régime conçu pour nier la démocratie québécoise et araser notre différence. Deuxièmement, parce que la signature de cette loi entraînerait un autre recul de la loi 101, appuyant constitutionnellement le droit à l’école anglaise pour les immigrants issus du monde anglo-saxon. Les conséquences sur l’avenir du français en Amérique du Nord pourraient être irréversibles. Est-ce vraiment ce que nous voulons ?

     

    Peut-être exagère-t-on la menace de cette tentative libérale de nous faire signer la Constitution canadienne. Philippe Couillard est peut-être un piètre stratège. Mais quoi qu’il en soit, nous avons le devoir d’envisager dès maintenant tous les scénarios.













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